Merci d’être passé! Le bilan de la Semaine Américaine

Utah © 2012 loé

Chers amis lecteurs, Chères amies lectrices.

Ce site est né pour vous, avec vous, grâce à vous. You build that! 

Non, je déconne. Je l’ai fait pour moi. S’il était pour vous, il serait payant. 500 000 signes (un bon roman) après sa création mi-2011, vous êtes des milliers à avoir passé un peu de temps par ici, parfois par hasard, souvent en suivant un lien trouvé sur un réseau social, et aussi beaucoup parce que vous étiez déjà venus, et je vous en suis très reconnaissant. Merci. Lire la suite

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Pourquoi Mitt Romney a-t-il perdu?

L’état de l’économie est le facteur le plus souvent cité par les électeurs pour justifier leur choix. La majorité des électeurs pensent que la situation économique est mauvaise et que le pays va dans la mauvaise direction. Les sondages d’opinion ont montré de manière répétée que sur la question économique, les Américains étaient plus nombreux à faire confiance au patron Mitt Romney qu’à l’intello Obama. Le taux de chômage étant resté élevé jusqu’en fin de campagne, cet élément pouvait en lui-même condamner le président sortant. (#carter, #bush)

C’était ça, l’histoire de la campagne 2012. The narrative, comme on dit ici. Elle a servi de toile de fond sur laquelle sont venus s’accrocher les contingences locales et les drames du moment: l’ouragan Sandy, les débats, Occupy Wall Street, l’attentat de Benghazi, you name it. Cette toile de fond a dominé le discours sur la campagne. Mitt Romney aurait donc du gagner, et Barack Obama perdre. Lire la suite

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Fifty shades of yea

Faut-il conserver la ségrégation à l’école dans la Constitution du Great State of Alabama? Le Maryland va-t-il accepter le mariage gay? La Californie va-t-elle décider l’étiquetage des aliments contenant des OGM? L’herbe sera-t-elle autorisée dans le désert du Colorado? La Louisiane va-t-elle libéraliser le port d’armes? Le Minnesota va-t-il préciser sa Constitution pour que le mariage ne soit reconnu qu’entre un homme et une femme?

C’est toutes ces questions, et bien d’autres, auxquelles les Américains, de l’Alabama au Wyoming, vont devoir répondre. Le New York Times a bien sûr recensé les plus importants scurtins, les élections locales les plus discutées, et les questions les plus importantes pour chacun des cinquante Etats et DC. C’est ici.

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Gone with the wind – Sandy a-t-elle sifflé la fin de campagne?

En proposant de supprimer la FEMA (Federal Emergency Management Agency), lors des primaires républicaines, Mitt Romney prenait un risque mesuré. A l’époque, il luttait dans un concours de détestation pour Washington qui pouvait bien revenir à celui qui se montrerait le plus volontaire pour diminuer la présence de l’Etat fédéral dans la vie des Américains. Une tornade venait de faire une centaine de morts à Joplin, dans le Missouri. Interrogé sur l’action de la FEMA, Mitt Romney avait souhaité confier la gestion des catastrophes aux Etats et au secteur privé. Lire la suite

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Vrai ou faux? It’s the economy, stupid

The American Dream, Boston – © 2012 – Luc-Olivier Erard

« The economy, stupid ». L’expression vient de James Carville. Célèbre consultant démocrate et commentateur politique (il apparaît sur CNN avec sa femme, la consultante et commentatrice républicaine Mary Matalin), il s’en est servi pour faire gagner Clinton contre Bush’41 en 1992.

Désormais, cette formule symbolise l’importance capitale de l’économie dans la campagne présidentielle américaine. Les sondages le disent, lorsque les Américains sont priés de donner leurs préoccupations ou de classer des problèmes par ordre d’importance, ils mettent toujours l’économie en premier.

La mauvaise situation économique est largement considérée comme une cause majeure dans l’échec des deux derniers présidents à ne pas avoir été réélus: George H.W. Bush et Jimmy Carter. Tous deux ont connu à la fin de leur mandat des taux de chômage supérieurs à 7%. Lire la suite

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La carte de l’élection au Sénat


Le 6 novembre prochain auront lieu, en plus de la présidentielle, un grand nombre d’autres élections dans certains Etats: gouverneurs, représentants, sénateurs, et de nombreuses élections locales. Voici une carte du renouvellement du Sénat.

La Chambre des Etats compte 100 sénateurs élus pour six ans, soit deux par Etat. Tous les deux ans, un tiers du Sénat est renouvelé. Cette année, ce sont donc 33 sièges qui sont en jeu, dans 33 Etats. 10 sénateurs se retirent. 23 autres jouent leur réélection. Le Sénat actuel est composé de 51 démocrates, 47 républicains, et 2 indépendants qui siègent dans le Caucus (groupe) démocrate.

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Campagne sur le Net – II. La vie privée au service des candidats

Jaume Plensa

Oeuvre de Jaume Plensa – Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, MA. © 2012 loé

« Dans les semaines avant l’élection, des millions de votants vont recevoir des appels de personnes ayant une connaissance étonnamment détaillée de leur vie. Ces amis, amis d’amis ou collègues perdus de vue depuis des années s’identifieront comme volontaires pour une campagne ou pour un groupe politique indépendant. Leurs appels seront guidés par des scénarios précis préparés par des spécialistes (ou des ordinateurs), ayant eu préalablement accès à des informations permettant de savoir si le destinataire a visité des sites pornographiques, a fait l’objet d’une saisie immobilière, préfère une bière plutôt qu’une autre, a des amis gay ou fait d’importantes dépenses en vacances ». The New York Times, 13 octobre 2012. 

Si vous avez déjà pris part à une campagne politique ou caritative, on vous a sûrement déjà demandé de faire appel à vos voisins, collègues, amis ou à votre famille pour grossir les rangs de la cause ou remplir les caisses. Et il y une raison à cet usage universel de la proximité: ça fonctionne.

Ajouter à cette bonne vieille recette l’équivalent politique de la cuisine moléculaire:  c’est ce que font de nouveaux praticiens de la « netpolitique » comme Harper Reed, Chief Technology Officer de Obama for America. Découvrez son portrait dans Mother Jones. Ses applications et ses bases de données constituent un gigantesque aspirateur qui pompe à l’échelle nationale les informations qui permettent au candidat de se donner, littéralement, les moyens de convaincre. Est-ce que ça fonctionne? Lire la suite

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Mitt Romney concède la Floride

La Floride et ses 29 grands électeurs devait compter, peut-être même décider l’élection. Elle n’en finit pas de compter ses bulletins. A tel point que finalement, le restant des Comtés étant tous donnés largement démocrates, l’équipe de Mitt Romney a reconnu sa défaite en Floride. Voici donc la carte des élections 2012.

 

 

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Un vote Américain

New Haven, CT 8:00 © 2012 – loé

New Haven, CT 8:30 © 2012 – loé

New Haven, CT 9:20 © 2012 – loé

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Barack Obama est élu

New York: Times Square célèbre Barack Obama – © 2012 loé

CNN et le New York Times ont indiqué que leurs calculs donnaient Barack Obama gagnant. Il est assuré d’une majorité de Grands Electeurs. Vers 2 heures, il apparaît que Barack Obama pourrait n’avoir perdu que l’Indiana, par rapport à 2008. Même la Floride pourrait lui être acquise.

L’Empire State Building, illuminé à son sommet de rouge et de bleu progressant au rythme du dépouillement, a tourné au bleu uni vers 23 heures 30. Non loin, mais hors de vue de la plus célèbre tour de New York, la foule réunie à Times Square, largement composée de touristes, s’est tue comme veillant la rumeur. Ce sont ABC et Fox qui mènent la danse sur les écrans géants du fameux carrefour, et les deux réseaux ont affiché la couleur une bonne minute après leurs concurrents.

« By the way, we have to fix it »

A 1 heure 35, Barack Obama a pris la parole. « Ce pays avance grace à vous ». « Vous, le peuple américain, rappelez que la route a été dure. Le meilleur est à venir » Avant de rendre hommage à Mitt Romney, de remercier son vice président, sa famille et la meilleure équipe politique que le monde n’ait jamais connu; avant d’évoquer l’éducation,  la santé et la sécurité, Barack Obama a fait brièvement référence à l’organisation du vote et aux longues files d’attentes que les électeurs ont du supporter: « Il faut qu’on s’occupe de ça ».

Depuis plusieurs jours, les petites batailles judiciaires, les filles interminables et les difficultés réelles que certains ont eu à voter même au centre de Manhattan a jeté un regard cru sur la réalité d’une organisation de scrutin confiée aux pouvoirs locaux et aux partis politiques.

Peu avant une heure, ce matin, Mitt Romney avait appelé Barack Obama pour concéder la défaite, avant de délivrer un bref discours. Le vote populaire reste serré, les projections donnant les deux candidats à égalité. Mais Barack Obama ayant remporté au moins 303 Grands Electeurs, il sera réélu Président des Etats-Unis pour 4 ans.

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Les médias vont-ils réussir l’annonce des résultats?

CNN, The Situation Room, with Wolf Blitzer, 5 novembre 2012 – loé

L’élection présidentielle, c’est une succession de 50 votes locaux, dont certains sont attendus, d’autres difficiles à prévoir. L’un d’entre eux va décider du résultats final. Des sondages de sortie des urnes vont donner les estimations de la soirée. Quand pourra-t-on avoir la seule info qui compte vraiment? Les grands médias vont-ils éviter les annonces prématurées? Avec nombre de batailles judiciaires quant à la tenue du vote qui ont déjà commencé, les choses s’annoncent compliquées.

Cette année, deux grandes chaînes en ont déjà pris pour leur grade. Lors de la très attendue décision de la Cour suprême des Etats-Unis au sujet de la couverture universelle des soins, Fox et CNN se sont plantées en annonçant que la loi avait été invalidée. En 2000, de nombreux médias avaient annoncé la victoire du ticket démocrate Gore/Lieberman avant de se rétracter. Mais là, c’était le système électoral qui avait flanché, il n’est pas exclu que ce genre de problème survienne à nouveau. L’Ohio est d’ailleurs bien parti pour être la Floride de 2012…

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Irrégularités et directives de dernière minute dans les swing states

Dans les swing states, le vote ne sera pas facile pour tout le monde. Erreurs, désorganisation, intimidations, fraude… A un peu plus de 24 heures du scrutin, ABCNews a déjà constaté 7 irrégularités mineures mais qui donnent la mesure des problèmes qui peuvent se poser dans ce scrutin complexe.

Dimanche en fin de soirée, en Ohio, c’est une directive de dernière minute du Secrétaire d’Etat (Républicain) qui semait le trouble. Elle vise à faire inscrire le type d’identification présentée au bureau de vote par l’électeur lui-même. Cette directive pourrait invalider des milliers de votes dans l’Etat clé et faire basculer l’élection dont les résultats s’annoncent serrés. The Atlantic détaille l’affaire. [update 05.11 14:25] Le Gouverneur de l’Ohio reconnait que cette procédure pourrait retarder la publication des résultats de l’Etat. 

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La boîte à outils du 6 novembre

L’élection présidentielle 2012, vous serez nombreux à la vivre sur plusieurs écrans. Alors voilà quelques outils qui vous permettrons de comprendre ce qu’il se passe sur votre télé ou votre streaming, grâce notamment aux fantastiques infographies du New York Times. Tous les médias ou presque ont leurs pages, leurs opérations spéciales, leur streaming et leur live-blogs. Je vais  ajouter ce qui me semble pertinent, et vous pouvez toujours aller voir dans la liste des médias à droite. La Semaine est disponible sur tous les supports mobiles. N’oubliez pas de vous abonner à @sokiosque, sur Twitter, et voilà, vous êtes prêts. Les adresses qu’il vous faut:  Lire la suite

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Second mandat: le changement, c’est maintenant?

Department of the Treasury, Washington, DC © 2012 Luc-Olivier Erard

Qu’est-ce qui attend les Américains si Barack Obama est réélu mardi? D’abord, ils seront immédiatement replongés dans la discussion budgétaire. Elle sera essentielle pour l’évolution de la situation économique des Etats-Unis. Mais d’autres questions donnent aussi à l’élection un certain enjeu, car libéré du poids de sa réélection (il ne peut pas se représenter), le président bénéficiera (peut-être) d’une plus grande marge de manoeuvre politique. Il devrait avoir l’occasion de nommer un ou deux juges à la Cour Suprême, susceptibles de changer son orientation actuellement conservatrice. Il a dit vouloir revenir à l’interdiction des armes d’assaut. Les changements dans la politique d’immigration et de la guerre contre la drogue pourraient avoir des incidences notables sur la vie des minorités.

1. Fiscal Cliff

Quelle que soit l’issue de l’élection, c’est ce qui occupera les Américains dès la mi-novembre et jusqu’au prochain Superbowl*. Si rien n’est fait par le Congrès avant le premier janvier 2013, l’arrivée à échéance d’allégements fiscaux (décidés par George Bush) et l’entrée en vigueur de coupes budgétaires automatiques résultant de freins à l’endettement décidés en 2012 se conjugueront et pourraient replonger l’Amérique dans la récession. Les plus bas niveaux de taxation sur le revenu repasseront de 10 à 15%. Pour les plus riches, ce sera un saut de 35% à 39,6%. Globalement donc, pratiquement tout le monde passe à la caisse. En 2013, ce seraient alors 347 milliards en plus dans les caisses publiques. Avec les autres taxes concernées, les Américains payeraient 600 milliards en plus, alors qu’un million d’emplois pourraient être perdus en 2013 et 2014 du fait des coupes budgétaires.

Des négociations devraient donc avoir lieu. De fait, elles se sont poursuivies toute l’année, mais aucun résultat ne pouvait être escompté étant donné le blocage de Washington avant les élections. Un blocage qui avait été évoqué lorsque les Etats-Unis ont perdu leur triple A de je ne sais plus quelle agence de notation.

Barack Obama a dit vouloir prolonger les allégements fiscaux pour les familles au revenu inférieur à 250 000 dollars par an mais s’oppose à la reconduction des allégements pour tous. Il a dit aussi vouloir limiter les conséquences de certaines de ces coupes automatiques. Mitt Romney a dit vouloir reconduire tous les allégements s’il est élu et dit aussi qu’il s’opposerait aux coupes claires. (Tout en livrant un budget équilibré). Il a donné relativement peu de précisions sur cette question. Il arriverait de toute façon à la Maison Blanche le 20 janvier, soit après l’échéance (au premier janvier 2013).

2. Guerre contre la drogue

Trois Etats voteront mardi sur la légalisation du cannabis: Washington, l’Oregon mais surtout dans le Swing State du Colorado, où cette question pourrait avoir une incidence sur l’élection comme je l’avais évoqué ici. Mais surtout, un tel changement dans l’un des Etats pourrait constituer une défiance à l’égard du Département de la Justice qui ne manquerait pas de provoquer un débat national. De fait, la politique extrêmement répressive de lutte contre la drogue, la « War on drugs », programme fédéral à 44 milliards de dollars l’an, comme l’explique cet article du Guardian. Le programme est très critiqué, notamment par la Global Commission on Drugs Policy (oui, si vous aviez suivi ce lien, vous auriez bien reconnu Ruth Dreifuss, l’ancienne présidente Suisse). Cette organisation considère notamment que la guerre contre la drogue (politique définie par Nixon en 1971) est un échec et, en criminalisant l’usage de drogues, alimente la pandémie de Sida.

Barack Obama lui-même, s’il s’oppose à la légalisation du cannabis, veut en finir ou en tout cas faire évoluer la guerre contre la drogue. Il a promis des changements qui pour l’instant semblent un peu ressortir de la rhétorique, à en croire cette analyse du Huffington Post, mais l’administration a promis de s’exprimer publiquement sur la question en cas de second mandat. D’après ce dossier de GQ, les changements s’annoncent plus importants.

De fait, un changement politique dans la lutte contre la drogue pourrait avoir une importance significative pour les afro-américains. Un récent ouvrage que j’ai déjà évoqué, The New Jim Crow de Michelle Alexander, explique comment les pratiques de l’agence anti drogues ont permis de harceler et d’arrêter un grand nombre de personnes sans raisons pour rechercher de la drogue, et comment ce processus conduit à cibler les minorités, et notamment les Afro-Américains. Différents aspects judiciaires de la guerre contre la drogue ont aussi eu des conséquences dramatiques sur le devenir de la jeunesse Afro-Américaine (des peines plancher à la très grande sévérité dans les affaires de crack, par rapport aux affaires de cocaïne, différence qui constitue une discrimination dans la mesure où la cocaïne touche un public plutôt blanc et le crack un public plutôt afro-américain).

3. Armes à feu

Après les tueries qui ont assombri son mandat, de Tucson à Aurora, le Président a montré une timide volonté de revenir à l’interdiction des armes d’assaut. De manière générale, il plaide pour une plus grande rigueur relative aux lois qui existent déjà, plutôt que pour de nouvelles lois. Son traitement de la question lors des débats présidentiels a quelque peu déçu les espoirs des partisans du contrôle des armes. Le récent soutien qu’il a reçu du maire de New York Michael Bloomberg, un indépendant partisan du contrôle des armes, pourrait toutefois jouer un rôle. Le Maire avait récemment critiqué Barack Obama pour son manque de volontarisme en la matière.

  • Lire le débat que le New York Times a récemment consacré à la question dans sa section « Room for debate ». 

4. Cour Suprême

La Cour Suprême des Etats-Unis compte un président (le Chief Justice) et huit juges. Sa sensibilité est aujourd’hui majoritairement conservatrice: Antonin Scalia et Anthony Kennedy ont été désignés par le républicain Ronald Reagan; Clarence Thomas par George Bush père, républicain; Ruth Bader-Ginsburg et Stephen Breyer par le démocrate Clinton; John Roberts et Samuel Alito par George W. Bush, républicain. Barack Obama a désigné quant à lui Elena Kagan et Sonia Sotomayor.

Le prochain président pourrait avoir à désigner un ou deux juges, selon les démissions qui interviendraient durant son mandat. La doyenne, Ruth Bader Ginsburg, a 79 ans. Elle pourrait se retirer rapidement en cas de réélection de Barack Obama. Si un des juges conservateurs se retirait, Barack Obama aurait alors la possibilité de faire opérer un tournant à la plus haute juridiction du pays.

  • Le guide de ProPublica
  • Le ScotusBlog, la référence sur l’actualité de la Cour Suprême.
  • Un article de Slate qui explique pourquoi un juge conservateur a permis que la Cour Suprême soutienne l’Obamacare afin de préserver sa légitimité. Un rejet aurait pu influer sur la présidentielle 2012 en condamnant la réforme maîtresse de Barack Obama peu avant l’élection (et devenir un thème de campagne qu’elle n’a jamais été). Or, après Bush v Gore (2000) et Citizen United (2010), deux décisions dont il a abondamment été question sur ce blog, l’opinion des Américains à l’égard de leur plus haute juridiction était déjà passablement détériorée.

5. Mariage pour les couples de même sexe

Après avoir changé d’avis sur le mariage gay cette année, Barack Obama semble vouloir en faire une affaire d’Etats, (si j’ose). Il a récemment dit sur MTV qu’il n’essayerait pas de légiférer au niveau national sur ce point, mais a aussi réitéré son désaccord avec le DOMA (Defense of Marriage Act, qui établit le mariage comme ne pouvant se conclure qu’entre un homme et une femme). Cette question sera prochainement abordée par la Cour Suprême.

*Approximation ne tenant pas compte d’un ouragan ou d’une crise majeure. Consultez régulièrement votre fournisseur d’information.

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L’élection de George Bush hante toujours la politique américaine

« One should never attribute to malice that wich can be adequately explained by stupidity »

Hanlon’s Razor, cité par Richard Hasen. 

The Voting Wars, Yale University Press, 2012

The Voting Wars, Richard L. Hasen, Yale University Press, 2012

En 2000, la succession du président Bill Clinton se joue entre son vice-président, le démocrate Al Gore, et et le fils du 41e président, le républicain George W. Bush. La Floride, avec ses 25 Grands Electeurs (Elle en a désormais 29) est décisive. Mais son vote est entaché de nombreuses controverses: l’annonce de la victoire d’Al Gore par les médias alors que les urnes ne sont pas fermées (la partie nord-ouest de la Floride se trouvant sur un fuseau horaire différent du reste de l’Etat); le recomptage, dû à une marge très étroite entre les candidats. Et enfin, la Cour Suprême qui interrompt un troisième recomptage et donne l’Etat (et donc la Présidence) à George Bush par 537 voix d’écart.

Un Etat clé, des machines à voter défaillantes, des procédures de comptage bâclées, des instructions de vote pas claires, l’exclusion de milliers de personnes des registres électoraux sur la base d’informations judiciaires erronées et, enfin, un vote très serré, décisif au niveau national. La conjonction de tous ces éléments a certes constitué une « perfect storm » mais rien ne garantit qu’elle ne puisse pas se reproduire, avertit le chercheur Richard Hasen, dans The Voting Wars, qui paraît juste à temps pour la présidentielle 2012. Pire: l’arrivée des réseaux sociaux pourrait avoir un effet multiplicateur de l’agitation qu’un tel événement ne manquerait pas d’engendrer. « Si vous pensez qu’une douzaine d’années après les faits le pays a réglé ses problèmes en matière de tenue d’élections, vous êtes à côté de la plaque », avertit Richard Hasen. Lire la suite

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Frémissement ambigu des chiffres du chômage

Certains secteurs embauchent, sur la Côte Est. Storrs, CT © 2012 – Luc-Olivier Erard

La publication des chiffres du chômage étant devenu des étapes clé dans la campagne telle qu’elle est racontée par les médias, le résultat de ce mois, le dernier avant la présidentielle de mardi, provoque bien sûr quelques remous.

Supérieur à 8% depuis le début 2009 (notre carte ici), le taux de chômage est descendu à 7,8 en septembre, puis remonté à 7,9 en octobre, selon le Bureau of Labor Statistics. Mais le nombre d’emplois, lui, a bien progressé de 141 000. Dans leurs derniers meetings, Barack Obama et Mitt Romney ont commenté cette actualité: pour le premier, c’est un signe, certes timide, que la croissance revient: « Nous avons appris ce matin que les entreprises avaient engagé plus de personnel en octobre qu’elles ne l’avaient fait au cours des huit derniers mois »; tandis que pour Mitt Romney c’est le signe de l’échec de Barack Obama: « Ces chiffres rappellent tristement que l’économie est pour ainsi dire au point mort ».

Ces chiffres sont-ils susceptibles de jouer un rôle dans l’élection de mardi? Selon une analyste citée par CNN, ce ne sera pas le cas parce que le résultat de ce mois colle aux messages déjà bien rôdé des deux campagnes.

Pour TIME, ces chiffres sont une bonne nouvelle… pour le prochain président. Un commentateur y note que le dixième de point perdu est le signe que plus d’Américains reviennent sur le marché du travail . « Ne vous laissez pas berner par les acrobaties des partis », indique en substance le journal. Les nouvelles économiques mettent du temps à être digérées par l’électorat: personne ne va imprimer la feuille du Bureau des statistiques pour aller à l’isoloir ».

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C’est tendu, chez les pollster

Est-il légitime d’annoncer qui va gagner avant la tenue d’une présidentielle? C’est bien, en filigrane, la question qui surgit à la faveur d’une querelle  entre deux commentateurs de premier plan. Nate Silver, de FiveThirtyEight, le blog du New York Times spécialisé dans l’analyse des sondages, vient de parier 2000 dollars avec Joe Scarborough sur l’issue de l’élection. Ancien député (R) de Floride à la Chambre des Représentants, reconvertit en journaliste radio et télé, Joe Scarborough est à la manoeuvre au Morning Joe de MSNBC. Scarborough a accusé Silver de parti pris, pour avoir annoncé depuis des mois la victoire d’Obama, chiffres à l’appui.

Suivez la fin de la campagne avec la Semaine Américaine: @sokiosque, sur Twitter

Le pari, fait semble-t-il sous le coup de la fatigue et du stress, vaut à Nate Silver une réprimande du Public Editor du New York Times (L’ombudsman, dira-t-on en Romandie). Mais il pose aussi la question de l’usage massif des sondages par les médias. Les études sont très nombreuses et divergent souvent. Dès lors, les analystes utilisent des algorithmes pour les agréger et donner une tendance. Nate Silver le fait par exemple en donnant une probabilité de gagner. Ce n’est donc pas une moyenne des sondages, mais un calcul du nombre de fois où un scénario donné se réalise si on applique des modèles aux données agrégées pour calculer l’issue du vote du Collège Electoral . Mitt Romney a connu une embellie dans les sondages, toutefois, comme je l’ai souvent expliqué ici, ça n’a pas changé fondamentalement les prévisions s’agissant du Collège Electoral. La critique républicaine est donc centrée sur le fait de n’avoir pas vu se refléter cette embellie dans la couverture de la campagne.

De manière générale, les analystes en question considèrent ces jours, comme celui du Washington Post, qu’il faudrait que les sondages se soient vraiment trompés de beaucoup pour que Mitt Romney passe. A ce propos toujours, lire Votamatic. Dans « Peut-on faire confiance aux sondages, l’auteur considère qu’un échec de la prévision serait un revers majeur pour le secteur entier.

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Le maire de New York Michael Bloomberg votera Barack Obama

Brooklin Bridge and The City

New York – © 2011 – Loé

Le climat se réchauffe entre Michael Bloomberg et Barack Obama. Le maire indépendant de la première ville des Etats-Unis, durement touchée par l’ouragan Sandy, vient d’annoncer qu’il soutenait désormais Barack Obama. Alors que le débat fait rage depuis plusieurs jours pour savoir à quel point le réchauffement climatique peut être rendu responsable de la survenue de l’ouragan historique, Michael Bloomberg plonge dans la mêlée.

Dans un édito publié sur Bloomberg View et sur son propre site Internet, le fondateur de l’agence Bloomberg, qui en est à son troisième mandat de maire, demande de réélire Barack Obama, « Un président qui mènera la lutte contre le changement climatique ». Le New York Times relève qu’en 2008, Michael Bloomberg n’avait soutenu aucun candidat.  Depuis, il s’est montré très critique tant envers le Président qu’envers le candidat républicain.

Michael Bloomberg, qui a innové dans plusieurs domaines comme la réduction de l’emprunte carbonne, l’interdiction des grandes tailles de boissons sucrées, l’augmentation des quantité d’herbe donnant lieu à une arrestation, ne fait pas que soutenir Barack Obama. Ses critiques du climat politique de Washington tout comme de Mitt Romney sont sévères. Citant un partenariat avec les plus grandes villes du monde, il estime que les gouvernements locaux se sont montrés actifs là où les Etats ne le sont pas.

J’aurais pu voter pour la version 1994 ou 2003 de Mitt Romney », écrit Michael Bloomberg, parce que les résultats des quatre dernières années l’ont décu. Cependant le républicain a renoncé aux positions judicieuses qu’il a pris par le passé en matière d’avortement, d’immigration, de trafic d’armes et de santé publique. Il renie aujourd’hui même la loi sur la santé qu’il a fait passer dans le Massachusetts, regrette le Maire.

Ce revirement repris par de nombreux médias paraissait improbable il y a peu de temps encore, alors que Michael Bloomberg accordait un interview au Times pour renvoyer dos à dos les deux candidats. Il faut croire que depuis, l’eau à coulé, pas seulement sous les ponts.

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La planète presque bleue

Berlaymont

Siège de la Commission Européenne © 2010 loé

De la Chine au Brésil, de l’Australie à l’Islande, le monde voterait Obama plutôt que Romney. Pas de surprise de ce point de vue dans le passage en revue des sondages par Foreign Policy. L’Europe donne sa préférence au démocrate, dans une écrasante majorité. La France remporte la palme de l’Obamamania. Mitt Romney a régulièrement attaqué l’irresponsabilité fiscale de certains Etats européens, ou pris l’Europe (et plus particulièrement la Grèce) comme exemple de ce qui arriverait aux Américains s’ils réélisaient Barack Obama.

Seuls les Israeliens estiment en majorité que Mitt Romney leur serait plus favorable. Dans l’ensemble, note la revue, l’intérêt pour cette élection n’est pas aussi fort qu’il n’était en 2008. Pour autant, elle n’est pas prise à la légère: 62% des sondés estiment que le président américain a un impact « important » ou « très important » sur leur vie.  42% estimeraient même qu’ils devraient avoir le droit de voter dans cette élection.

L’intérêt des Américains pour ce genre de données est sans doute réduit. Cependant, l’image de l’Amérique à l’étranger préoccupe: l’avoir détériorée est un des principaux reproches que l’on entend à propos de George Bush.

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Collège Electoral: le scénario de l’élection « minoritaire »

En 2000, un vote populaire extrêmement serré en Floride donnait à la Cour Suprême le rôle de trancher entre George Bush et Al Gore. Elle donna les votes à George Bush qui remporta l’élection. On s’en souvient surtout pour les dramatiques recomptages de voix, aujourd’hui toujours sujets à caution, dans cet Etat du sud traditionnellement républicain, mais dont la démographie changeante, déjà, faisait pencher en direction du camp démocrate (c’est Barack Obama qui l’a emporté en 2008). Les résultats avaient aussi été historiquement serrés au Missouri. Mais cette élection avait une autre particularité. Pour la première fois depuis le XIXe siècle, aucun des candidats n’atteignait la majorité absolue du vote populaire et surtout, c’est le candidat ayant obtenu le moins de voix qui remportait l’élection. Le vote de Floride s’était décidé sur 537 voix. Récemment, une publicité pro-Obama a mis en évidence ce chiffre pour encourager les électeurs à aller voter.

C’est en effet crucial pour les deux candidats, car on sait depuis des mois que cette élection pourrait être serrée. Et il y a des chances (certes relativement minces) que le scénario d’une élection par vote populaire minoritaire se reproduise, mais cette fois en faveur du président démocrate, plutôt que du candidat républicain. Voici pourquoi: Lire la suite

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#Sandy: le jour d’après

38 morts dont au moins 15 à New York, entre 10 et 20 milliards de dollars de dégâts dans une quinzaine d’Etats, des dizaines d’incendies, de nombreuses villes côtières inondées, les transports new-yorkais paralysés: la succession de désastres de la nuit du 29 au 30 octobre est historique et marquera la campagne présidentielle. Celle-ci s’est pratiquement arrêtée pendant 24 heures, et reprend peu à peu, malgré l’annulation de l’essentiel des événements. Lire la suite

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Collège électoral: le scénario du match nul

Alors que la campagne s’est pratiquement arrêtée en attendant que l’eau redescende sur la Côte Est, il est temps d’examiner des scénarios électoraux qui promettent quelques maux de tête s’ils se réalisaient au soir du 6 novembre. Parmi eux, le « 269 » s’est taillé une certaine popularité car c’est le plus spectaculaire: plusieurs configurations de Swing States pourrait résulter dans une égalité parfaite du Collège électoral de 538 grands électeurs. Sur la base de la projection du New York Times, si Mitt Romney gagne la Floride, l’Ohio, le Wisconsin et l’Iowa, tandis que le Président remporte le New Hampshire, le Colorado et la Virginie, ils seront tous deux à égalité de 269 grands électeurs chacun. C’est la plus « vraisemblable » parmi les possibilités de parvenir à ce match nul, mais elle reste relativement improbable (voir par exemple ces prévisions Etat par Etat)

Le Collège Electoral ne se réunit pas: il envoie les votes des grands électeurs, réunis dans leurs Etats respectifs, au Congrès. La Chambre des Représentants aurait alors à choisir le Président, et le Sénat pourrait devoir choisir le vice président. Il ne manque plus que la Chambre reste majoritairement républicaine à l’issue des élections (c’est presque certain), et que le Sénat reste démocrate (c’est probable) et Joe Biden pourrait devenir vice-président de Mitt Romney.

Enfin, en théorie. Car plusieurs Etats n’obligent pas leurs Grands Electeurs à voter pour un candidat en particulier. Il est donc envisageable que l’un d’eux profite de la possibilité de choisir lui-même le Président.

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Le dernier débat présidentiel largement consacré au Proche-Orient

Les Etats évoqués lors du débat et le nombre de fois où ils sont apparus.

Le dernier débat de la présidentielle s’est tenu hier à Boca-Raton, en Floride. Si les questions se sont concentrées sur la politique étrangère, les candidats ont largement fait état de leur point de vue sans vraiment tenir compte des questions qui leur étaient posées, et sont revenus à plusieurs reprises sur des thèmes de politique intérieure. Le modérateur du débat, Bob Schieffer (CBS News), a commencé par poser une question sur l’attentat de Benghazi, qui n’a pas vraiment eu de réponse immédiate, les deux candidats s’en tenant à une entrée en matière générale. Les candidats n’apparaissant jamais aussi « présidentiables » que lors qu’ils sont président, Barack Obama a souvent pris le dessus en mettant en cause l’expérience de Mitt Romney et son inconsistance. Il a aussi défendu son bilan en matière de sécurité. « Barack Obama a gagné la confrontation de lundi soir. Mitt Romney s’est toutefois posé en leader crédible lors de la série de débats », écrit The Atlantic.

Mitt Romney a mis en doute l’existence d’une stratégie claire de Barack Obama pour dissuader l’Iran d’acquérir une arme nucléaire. Il a mis en cause la Chine pour manipuler le cours de sa monnaie et pour voler la propriété intellectuelle américaine, accusant Barack Obama de ne pas avoir été suffisamment ferme.

Les deux candidats sont toujours très proches l’un de l’autre en termes d’intentions de vote telles que déterminées par les sondages. Mais Barack Obama reste en position d’emporter la majorité du Collège Electoral. Revoir les dernières prévisions de la Semaine.

Les Etats les plus cités ont été dans l’ordre l’Iran, Israël, la Chine et la Syrie. A noter que Cuba n’a été cité qu’une seule fois, par le modérateur, qui a rappelé la Crise des missiles. La France et le Royaume Uni n’ont été cités que fortuitement par Mitt Romney comme exemple de budget militaire. L’Amérique du Sud et l’Afrique Subsaharienne   (de même que l’Océanie et l’Antartique) n’ont pas été évoqués. Le mot d’Europe a été entendu sortant de la bouche de Barack Obama qui évoque en termes vagues la coopération militaire.

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Rest of the world: le débat

Washington, DC © 2012 Loé

« Ossama Bin Laden is dead and General Motors is alive! »

En répétant son mantra de meeting en meeting puis à la Convention démocrate de Charlotte en septembre, le Vice-Président Joe Biden mettait sur un pied d’égalité les politiques économique et étrangère comme elles ne l’ont plus été depuis longtemps dans une campagne présidentielle américaine.

Entre le nucléaire iranien, l’attentat en Libye et la compétition économique avec la Chine; le devenir du Proche-Orient, en particulier d’Israël, de la Palestine et de l’Egypte; la guerre en Afghanistan, les relations avec l’Europe et la Russie, le menu du dernier débat présidentiel de lundi, consacré à la politique extérieure, sera copieux. Pas sûr qu’il laisse beaucoup de place à l’une des réussites marquantes du Président: avoir débarrassé les Américains de leur pire cauchemar.

Il ne faut cependant pas en attendre grand chose, avertit Foreign Policy: « Ces dernières semaines, écrit la revue, le débat sur la politique étrangère s’est progressivement focalisé sur des banalités ». Cet état de fait en dit long sur les deux candidats: « Barack Obama estime qu’il y a peu de points de son bilan international sur lesquels il peut s’aventurer sans risque, tandis que Mitt Romney a si peu de convictions et recherche si désespérément l’approbation du public qu’il est prêt à se positionner n’importe comment pourvu qu’il embarrasse son rival. Lire la suite

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Les prévisions de la Semaine


Voici ce qu’on peut prévoir pour l’instant de la carte des Etats-Unis au soir du 6 novembre. Ce jour là, chaque Etat aura désigné ses Grands Electeurs selon le principe majoritaire: le parti qui reçoit la majorité absolue des voix reçoit tous les mandats de Grand Electeur (sauf au Maine et au Nebraska, qui les désignent avec une dose de « proportionnelle »). 538 Grands Electeurs composent le Collège Electoral. Pour être élu, ou réélu, il faut donc en obtenir 270.

Les 36 Etats dont le vote est (presque) sûr

On attend un vote républicain dans 22 Etats dans le Sud, le Southwest et le Midwest. Les Etats de la côte pacifique, et une bonne partie du Nord Est dans lesquelles les villes ont un poids déterminant, devraient voter démocrate, pour un total de 14 Etats. Ainsi, Barack Obama s’assurerait 202 Grands Electeurs, et Mitt Romney 169. Dans ce lot, on trouve, du coté républicain, le Missouri, bien que cet Etat avait voté deux fois Clinton (qui fût gouverneur de l’Etat voisin). Les marges y sont serrées. Du coté démocrate, on trouve bien sûr New York et la Californie, mais aussi nouvellement, sur beaucoup de cartes, le Nouveau-Mexique (en raison d’une évolution démographique, notamment). Je l’ai laissé dans la catégorie « plus ou moins sûr ».

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Deuxième rencontre de la saison

Lors du deuxième débat présidentiel, la Semaine Américaine a mis en place un dispositif spécial qui consistait à prendre le pouls des vrais Américains lambda, sur le tronçon de transports publics le plus fréquenté du pays.

– Tu rentrais chez toi en train, quoi.

– Ouais.  Du coup vous êtes déjà au courant pour les « classeurs entiers de femmes« . Il me reste donc quelques considérants de sortie de vestiaire, qui ressemblent passablement à des commentaires sportifs, et pas seulement pour les métaphores. Lire la suite

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Débat présidentiel: Mince, une journaliste!

Chaque candidat peut choisir de prendre des notes sur le papier de son choix, avec le stylo de son choix. Le fond de la scène sera identique derrière chacun des candidats. Chaque candidat aura droit à son propre personnel pour se maquiller. En plus des services secrets, il y aura un type à droite, et un type à gauche de la scène.

Le Memorandum of understanding, le MOU, conclu entre Romney for President et Obama for America a pour objet les débats présidentiels. Ce type de document sert en affaire et en diplomatie pour régler des détails sur les missiles balistiques ou l’abandon des réfugiés cubains dans les eaux territoriales des Cayman.  Alors la couleur des stylos…

A la veille du troisième des quatre débats, le document conclu entre Messieurs Obama et Romney vient pourtant d’être publié par TIME à la suite d’inquiétudes exprimées par les deux parties au sujet de la journaliste désignée par la Commission des débats, Candy Crowley. Lire la suite

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L’attentat de Benghazi hante la campagne

Mitt Romney avait failli se griller définitivement en réagissant hâtivement aux événements du 11 septembre dernier à Benghazi. L’assaut du consulat américain par un groupe armé avait coûté la vie à quatre Américains, dont l’ambassadeur Chris Stevens. Mais désormais c’est la Maison Blanche qui est embarrassée par les révélations sur sa gestion de l’affaire. Les républicains espèrent en faire « un thème de campagne majeur ». Le 11 octobre, lors du débat entre « running mates« , la première question de Martha Raddatz, et les propos de Paul Ryan, ont mis Joe Biden sur la défensive. Lire la suite

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#malarkey [məˈlärkē]

Jeudi 11 octobre, 20:58, 40ème rue ouest à Manhattan. Adossés à l’immense tour métallique du New York Times, les anciens locaux du New York Herald Tribune abritent l’école de journalisme de la City University of New York. Au sortir d’un séminaire, je m’arrête au troisième étage: la newsroom.

Une trentaine de jeunes gens alignés finissent leur sub devant leurs MacBook. Une quinzaine d’écrans  muraux diffusent l’image d’Anderson Cooper dont le mouvement de sourcils suffit à traduire la gravité du moment: le débat vice-présidentiel est sur le point de commencer, en live, sur CNN. Lire la suite

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Vrai ou faux? La pauvreté, grande oubliée de l’élection

Las Vegas Strip, Nevada

Jeune homme désargenté, Las Vegas, Nevada ©2012 loé

Idée reçue no2: la pauvreté n’intéresse ni les candidats ni les médias.

Dans les grandes démocraties modernes, tous les quatre à cinq ans, les campagnes électorales sont accusées d’oublier la pauvreté. Les leaders du monde libre n’échappent pas à la règle: pas plus tard que la semaine dernière, un billet d’USA Today (premier tirage du pays, grâce à une dispersion massive dans les hôtels), répétait ce lieu commun: la pauvreté, enjeu invisible de l’élection. Invisible? Tu plaisantes?

Ni Barack Obama, ni Mitt Romney n’ont évoqué la pauvreté dans le premier débat qui les a opposé au sujet de la politique intérieure. C’est vrai. Mais d’abord, ce débat entre un apprenti populiste et un technocrate mou n’a pas soulevé d’enthousiasme majeur dans quelque domaine que ce soit.

Et puis, ce débat s’adressait aux électeurs. Vous aimez vous faire traiter de pauvre, vous? Non. Car comme l’essentiel de mes lecteurs, vous vous rangez dans la classe moyenne. C’est en train, cependant, de changer. Comme le montrent ces recherches du Pew, l’importance statistique de la classe moyenne décline. La pauvreté, elle, s’aggrave. Lire la suite

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Vrai ou faux? Une campagne dominée par les gaffes et les anecdotes

Inside the Capitol

Capitole, Washington DC © Loé 2012

J’entame ici une série de billets consacrée aux idées reçues sur la campagne présidentielle américaine. N’hésitez pas à donner votre avis et suggérer des interventions!

Première idée reçue: l’élection présidentielle américaine est un « concours de beauté » qui accorde une importance démesurée à l’accessoire.

La course à la présidence, une suite de gaffes? Des « 47% » de Mitt Romney au « You didn’t build that » de Barack Obama, en passant par les multiples écarts de langage de Joe « La Gaffe » Biden, la campagne 2012 a connu son compte de petites phrases. La première est « historique »: représentative de son époque et du candidat. Mitt Romney, en se faisant pincer vilipendant les bénéficiaires de prestations sociales, a donné un os à ronger à ceux qui veulent démontrer qu’il peine à se rapprocher de l’électorat populaire. Les images de cet épisode, filmées en douce et « fuitées » dans la presse, n’ont rien d’un travail d’orfèvre, puisque n’importe qui peut poser son téléphone sur un buffet. Mais la carafe de vin rouge qui ponctue les bonnes scènes en revenant sur le garde-manger dans la main du petit personnel donne toute sa force narrative à cette incursion chez les fundraisers. Lire la suite

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Politique étrangère de Mitt Romney: le discours de l’école militaire de Virginie

Mitt Romney a livré lundi un discours détaillant son projet en politique étrangère, que vous pouvez lire ci-dessous traduit en intégralité. Sachez, avant de le lire que le discours a été jugé assez sévèrement par les commentateurs. On peut lire une aide à la lecture du New York Times, qui estime que « chaque paragraphe ou presque nécessite des précisions ». Les voici donc. A Slate, on considère que le discours fait partie des plus malhonêtes livrés par Mitt Romney.

Voilà. Je signale aussi que je vous ai épargné, à quelques reprises, les nombreuses reprises destinées de manière trop évidente aux durs de la feuille. Je me suis basé sur la transcription du Daily Beast.  Lire la suite

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La Cour Suprême va-t-elle flinguer l’affirmative action?

Yale Commencement 2011Sur les campus américains, il est fréquent que la statue d’un ancien académicien soit considérée comme porte-bonheur par les étudiants, qui viennent alors frotter leurs mains sur le bronze pour s’en garantir les bonnes grâces. A New Haven, par exemple, les freshmen de Yale frottent le pied droit d’un ancien recteur ayant pour réputation d’avoir généreusement poussé le huit de son College au départ des fameuses courses contre Harvard. A Austin, jusqu’en 2010, les étudiants de l’Université du Texas caressaient la tête d’un prof de droit du début du XXè Siècle (il avait auparavant participé comme jeune sudiste à la première bataille de la Guerre de Sécession), membre fondateur d’un chapitre du KKK, et reconnu pour avoir massacré d’anciens esclaves. A en croire ce billet publié par The Root, l’ambiance n’est pas encore à la concorde, le journal des étudiants ayant récemment moqué dans un dessin l’assassinat du jeune noir Treyvon Martin en Floride.

Et voilà qu’en pleine campagne de réelection du premier président noir, c’est bien autour de cette université que va se jouer l’avenir d’un pilier de la politique d’égalité des chances: la discrimination positive. La Cour suprême s’apprête en effet à trancher dans Fisher v. Univesity of Texas at Austin. La question est simple: une université peut-elle utiliser la couleur de peau comme critère de sélection de ses étudiants? Lire la suite

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Le chômage baisse (chez les adultes blancs)

Employé du secteur de la construction - fontaine.Les républicains auraient voulu que ça n’arrive pas, et ils ont bien du mal à le cacher. Ce matin, le Bureau of Labor Statistics a annoncé une baisse du chômage qui, bien que modeste, devrait réjouir tout le monde. Le nombre de personnes en recherche d’emploi représente 7,8% de la population active, repassant une barre devenue symbolique de 8%. C’est le taux le plus bas de l’ère Obama. L’économie américaine compte un solde de 140 000 emplois en plus, essentiellement dans les secteurs de la santé, des transports et de la logistique. Ce sont les adultes blancs (7%) qui profitent le plus de cette baisse, alors que le taux de chômage des noirs (13.4%), des hispaniques (9,9%) et des jeunes (23,7%) reste pratiquement inchangé, annonce le Bureau.

Cette nouvelle a évacué le flots de commentaires sur le débat de mercredi, qui semblait ne jamais devoir s’arrêter. Et elle a tout de suite donné lieu à des interprétations diverses. L’ancien CEO de General Electric Jack Welsh met en cause la véracité de ces chiffres. Il a accusé « Chicago » (la campagne de Barack Obama) de les avoir fabriqués. Une possibilité exclue par des anciens de l’administration Bush cités par Politico. Jack Welsh a, dans la journée, admis qu’il n’avait pas la preuve d’une quelconque corruption.

Photo: Employé du secteur de la construction. Portsmouth, New Hampshire © 2012 – loé

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Débat de Denver: Plus de 70 millions d’Américains devant leurs écrans

Le débat de mercredi soir a draîné plus de 70 millions de spectateurs, selon les calculs du New York Times: Brian Stetler, du Media Decoder, estime en effet que plusieurs millions de personnes doivent être ajoutés à l’audience des télévisions, établie par Nielsen à 67,2 millions de personnes.

L’étude ne compte pas les personnes qui ont regardé le débat hors de chez eux, au bureau, dans les bars ou les aéroports. Et ne prend pas non plus en compte les connexions par téléphone, tablettes et ordinateurs. Youtube revendique plusieurs millions de connexions, et CNN 1,2 millions de supports branchés sur le streaming. Des audiences qui ne constituent pas un record absolu, établi lors du match Carter/Reagan en 1980: 80,6 millions. En 2008, le premier débat entre Barack Obama et John Mc Cain n’avait rassemblé que 52 millions de spectateurs. Mais il s’était tenu un vendredi.

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Retour au vestiaire

Donc, le superbowl de la politique, c’était hier. Mitt Romney l’a emporté sur Barack Obama. A mesure que la nuit s’éloigne à Denver, les analyses d’après-match se font un peu moins embuées. Je vous propose d’en parcourir quelques-unes.

Les occasions manquées: le New Yorker a produit quelques « brefs » coups de plumes, dont ce passage en revue des tirs de Romney qu’Obama aurait pu arrêter: Mitt a promis de couper les subsides de PBS, la chaîne publique. Sa deuxième proposition d’économie après l’Obamacare qui vaut cette référence désormais célèbre: « I like big bird, and actually I like you too (Jim) ». Big Bird? Dans la famille Sesame Street, demandez le truc en plumes jaunes. Jim, c’est le modérateur, vétéran de la chaîne et de sa News Hour dont la première version date de 1975. Barack Obama aurait pu mentionner, comme ça a vite été fait sur Twitter, que PBS avait une incidence budgétaire « modeste », de 0,012%. Le Magazine cite aussi l’absence, pendant le débat, de problématiques qui ont embarrassé Mitt Romney durant l’année qu’a déjà duré la campagne: la secrétaire de Warren Buffet, la vidéo des 47%, etc… Enfin, Barack Obama a étrangement suggéré que sur la sécurité sociale, Mitt Romney et lui avaient la même position. Plutôt curieux, stratégiquement parlant, étant donné que sur ce point, Mitt Romney a déjà fait des faux pas qui auraient pu servir.

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Mitt Romney repasse à l’attaque


« Barack l’a essoré! Il est à bout! » Mitt Romney n’a pas impressionné Anthony Spinelli. Volontaire dans l’équipe de campagne d’Obama à New Haven, ce quinquagénaire a organisé l’une des 4000 « Debate Watching Party » dans un bar latino de la périphérie de New Haven. Son enthousiasme n’est pas entamé. Pourtant, parmi les cinquante personnes présentes, les applaudissements ont été peu nombreux. Quelques grimaces s’échangent lorsqu’un Mitt Romney combattif accuse Barack Obama d’avoir passé deux ans à défendre l’Obamacare et coûté des emplois à l’économie américaine. A peine le débat terminé, les commentateurs déclarent la victoire de Mitt Romney. Il va sans doute reprendre quelques points à son adversaire dans les intentions de vote. Lire la suite

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Premier débat présidentiel: petit guide Twitter

Le premier débat présidentiel 2012 aura lieu ce soir 21 heures CET à Denver, Colorado. Si vous n’êtes pas à portée de CNN ou de Youtube, nul doute que le petit oiseau sera très occupé à vous informer. Le hashtag officiel c’est #debates (avec un « s »).   Vous retrouvez sur la page de Twitter les photos, les comptes qui comptent, et bien sûr les conversations. Regardez aussi #denverdebate.

Le Huffington Post a dressé la liste des 100 comptes twitter à suivre. Il y a les comptes des campagnes, les correspondants des médias nationaux, les factchecker et les comptes de personnalités des deux partis.

Beaucoup de médias utilisent aussi Twitter pour enrichir le débat. NPR, avec son spécialiste maison Andy Carvin, vise la participation des internautes dans le factchecking:

Politifact, les spécialistes de la vérification des faits avancés par les politiciens, sera aussi, bien sûr, de la partie:

Le Huffington Post encourage ses lecteurs à réagir sur des questions spécifiques comme la formation:

Le compte du New York Times @roomfordebate promet un commentaire en direct, mais a surtout fourni dans les derniers jours un important ensemble de textes d’opinion à propos de la pratique du débat présidentiel.

En français, @ilovepolitics prévoit un LT du débat, Eric Guevara-Frey (@eric_gf), le correspondant de la Radio Télévision Suisse est sur place.

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Le premier débat va-t-il compter?

Suivez le débat en live sur CNN

Ce soir à Denver, c’est le coup d’envoi de la courte saison des débats. Préparé intensément depuis plusieurs jours, la première confrontation sera très importante pour Mitt Romney, plus que pour Barack Obama: le républicain doit inverser une tendance en sa défaveur depuis la fin des conventions, et qui s’est aggravée avec la vidéo dite des « 47% ». Les deux campagnes s’attachent à faire baisser les attentes qui pèsent sur leur candidat: les démocrates tentent de convaincre qu’Obama, brillant orateur, n’est pas très bon dans les débats, tandis que les républicains insistent sur la nouveauté que représente l’exercice pour Mitt Romney. La campagne durera encore quelques semaines, et demain le résultat sera sans doute sur-interprété.

Historiquement, de rares débats sont considérés comme ayant été des game changer, des moments où la tendance s’inverse. Mais c’est surtout pour de petites phrases symboliques qui placent après coup celui qui les a prononcé comme un winner, ou un looser. Le New York Times a indiqué les changements observés dans les sondages lors de tous les premiers débats depuis 1976. En 1980, Ronald Reagan a «gagné» son débat contre le président Carter avant de remporter l’élection. Mais l’économie était au plus mal et la crise des otages de l’ambassade américaine en Iran s’éternisait. A contrario, Bush’43 avait passé un mauvais quart d’heure contre John Kerry en 2004. Le cas de 2000 est bien sûr plus délicat: Bush, en retard, a réussi à inverser la tendance et était donné vainqueur dans les sondages suivant le débat. Il a ensuite remporté l’élection, mais avec une minorité du vote populaire.

Une version antérieure de cet article a été publié dans les quotidiens suisses L’Express, L’Impartial, Le Nouvelliste.

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Maladie de Lyme: Mitt Romney s’attaque aux tiques

En 1975, dans la petite localité de Lyme, sur la rive est de la Connecticut, près de New Haven, deux enfants sont soignés pour arthrite rhumatoïde juvénile. Leur mère, Polly Murray, alerte les autorités sur le fait qu’elle connait d’autres enfants souffrant des mêmes symptômes. Un rhumatologue alors à Yale, Allen Steere, est appelé. Les informations de Polly Murray et ses propres investigations lui permettent de contacter 39 enfants et 12 adultes atteints des mêmes symptômes. Certains disent avoir été affectés par des problèmes de peau mais aucun ne se souvient avoir été mordu, et c’est un médecin européen en visite à Yale qui aurait mis Allen Steere sur la piste des tiques. Entre 1977 et 2007, Allen Steere rédigera 200 articles consacrés à la maladie désormais dite « de Lyme », provoquée par les morsures de tiques. En 1998, le gouverneur du Connecticut fit officiellement du 24 septembre la « journée Allen Steere. Lire la suite

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Toujours plus O

Les sondages sont un peu les stéroïdes des analystes politiques: on s’en méfie, on sait qu’une campagne serait plus intéressante si on s’en passait, mais tout le monde les utilise. Cette semaine, ces sondages montrent un Mitt Romney distancé, mais pas suffisamment largué pour exclure un final au sprint.

Dans la caravane 2012, celui qui distribue la meilleure came, c’est Nate Silver, sur le blog FiveThirtyEight, du New York Times, que vous connaissez déjà si vous traînez par ici. Et son mélange maison estimait, le 28 septembre, l’issue du vote populaire à 319 grands électeurs pour Barack Obama contre 219 pour Mitt Romney (il en faut 270 pour être élu). Les chances de gagner s’établissent, pour notre dealer d’arithmétique, à 84% pour le Président. Pour ceux qui, comme moi, se sont demandé si les sondages réalisés 40 à 50 jours avant l’élection sont prédictifs, Nate Silver a vérifié: depuis 1936, dans 18 cas sur 19, les candidats qui menaient les principaux sondages dans cette période ont remporté l’élection (et, non, l’exception n’est pas Bush ’43).

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L’Amérique passe au vote. Avantage aux équipes au sol

Le vote anticipé a commencé dans plusieurs Etats. Un nombre record d’électeurs pourraient en faire usage cette année. C’est la Caroline du Nord qui a ouvert les feux le 6 septembre. Et de manière générale, les médias tendent à considérer que cette procédure est favorable à Barack Obama parce qu’elle permet aux organisations militantes d’aller à la pêche aux votes sur une période plus étendue que le seul jour du scrutin. Et hier, sur CNN, les analystes interrogés estimaient que Barack Obama avait probablement conservé son avance en termes d’organisation de terrain. Bien que les détails des opérations ne soient pas connus, la campagne Obama revendique deux fois plus de personnel au sol que l’équipe Romney, qui tente de combler son retard.

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Bill Clinton: discours de Charlotte (intégral)

La Convention démocrate de Charlotte, début septembre, s’est déroulée sans aspérités notoires, conformément au script livré à l’avance. Mais le discours qu’y a donné Bill Clinton restera peut-être dans l’histoire comme un coup de pouce déterminant pour que Barack Obama obtienne sa réélection. Critiqué pour avoir taclé Obama il y a quelques mois, l’ancien président dresse cette fois un portrait de la politique américaine des quatre dernières années élogieux, pédagogique, fleurtant souvent avec le paternalisme typique de ce type d’intervention destinées à « la classe moyenne ».

Bien sûr, le regard de Bill Clinton est calibré pour coller à la campagne démocrate. Il y a travaillé des jours entiers comme il l’a dit plus tard. Mais en détaillant le bilan de Barack Obama sans fuir une certaine complexité, il livre clé en main un argumentaire solide, détaillé, qui offre un contraste saisissant avec ce qui fait l’essentiel de la campagne: les bagarres au gourdin que se livrent localement à coup de pubs bricolées les superPACS gonflés par les grosses fortunes du pays. (Politico y consacre une série d’articles: The Billion-Dollar Buy)

Enfin, la qualité du discours livré par Bill Clinton a fait penser à certains qu’il n’était peut-être pas aussi désintéressé que ça: son épouse, Hillary Clinton, serait très bien placée si elle briguait la présidence en 2016. Elle se dit fatiguée et ne veut plus de son poste de Secrétaire d’Etat. Mais questionné, Bill n’exclut rien, après un temps de repos. Et il compare même sa femme à Sisyphe, c’est dire. Lire la suite

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Vidéo pirate: 47% exploités à 100%

La vidéo des 47% sera sans aucun doute un élément central des récits qui seront écrits à propos de la campagne 2012. En apparence, elle l’a fait basculer. Le candidat républicain y fait en effet montre tout à la fois de mépris pour près de la moitié des Américains, d’une habileté politique limitée, et de compétences discutables en politique étrangère.

Faisons donc un tour rapide de ces questions en se rappelant, comme d’habitude, qu’en quarante jours, bien des calamités peuvent encore s’abattre sur les deux camps.

Le document est l’enregistrement en caméra cachée de l’intervention de Mitt Romney dans un diner visant à récolter des dons pour sa campagne. Il s’est tenu à Boca Raton, en Floride, le 17 mai 2012 dans la résidence d’un bailleur de fonds.

Digression: Boca Raton, petite ville du sud de la Floride est, dans la culture populaire, une villégiature de prédilection pour les familles mafieuses (Les Sopranos…). Mais la ville est aussi considérée comme la capitale mondiale du spam (c’est Bruce Springsteen qui l’a qualifiée ainsi, suite à différents faits divers). Et la passionnante série de Frontline consacrée à la crise financière, Money, Power and Wall Street révèle que c’est dans les piscines d’un hotel de Boca qu’ont été inventés les produits dérivés responsables de la crise des subprimes. Ça n’a rien à voir, mais c’est pour planter le décor. Fin de la digression. Lire la suite

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Au diable les conventions

Rétrospectivement, la décision de délocaliser le QG de la Semaine Américaine en Géorgie était peut-être mal avisée. A part un comparatif raisonné des recettes traditionnelles de peach cobbler entre Savannah et Charleston et un résumé de la carrière de Newt Gingrich en brèves de comptoir, cette translation momentanée n’a pas eu d’effet bénéfique sur le contenu de la Semaine. Donc, retour à New Haven et pour commencer, petit rappel. Lire la suite

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La clé de l’élection, c’est l’emploi. Ou autre chose.

L’explication la mieux ancrée dans les médias américains, ou dit autrement, le cliché le plus tenace, c’est que l’état de l’économie est le paramètre dominant du destin de la présidence. C’est peut-être vrai. La sécurité économique de la classe moyenne aux Etats-Unis a dégringolé après la crise des subprimes: jusqu’à 12% de chômage, de nouveaux emplois moins bien payés que ceux qui ont disparu, des quartiers entiers vidés de leurs habitants, et des millions de propriétaires qui vivent dans un bien qui ne vaut plus rien.

Mais estimer l’impact de cette économie souffrante dans l’élection semble difficile. Certes, quantité de sondages sur les préoccupations des Américains mettent l’économie en tête des paramètres qui vont les décider pour un camp ou un autre. Cependant, la campagne Romney semble avoir des difficultés à lier l’administration Obama à la stagnation économique, malgré un déluge continu de publicités consacrées à cette question dans les dix Etats qui compteront en novembre. Globalement, Obama reste en tête des sondages (la plupart du temps avec une avance inférieure à la marge d’erreur), et jouis d’un niveau de popularité supérieur au taux d’approbation de sa politique.

La stratégie de Barack Obama est, elle, tiraillée entre la nécessité de démontrer que tout ne va pas mal, et la possibilité d’imputer à un Congrès oppositionnel le « retard » dans les réformes qui auraient permis d’espérer une croissance soutenue (infrastructures, fiscalité, éducation).

Dès lors, les chiffres mensuels du chômage global, utilisés comme baromètre des chances de Barack Obama d’obtenir un nouveau mandat, paraissent un indicateur un peu décalé. La carte du chômage par Etat en juillet montre à quel point la situation des Etats-Unis n’est pas homogène. Le taux de chômage varie du simple au quadruple: il est de 3% dans le Dakota du Nord, qui connaît un boom pétrolier, et de 12% au Nevada. Certains des Etats les plus atteints sont gouvernés par les démocrates (Californie, New York), mais ce n’est pas le cas dans le sud est, également fortement touché. La situation est d’ailleurs si complexe qu’au sein du parti républicain, certains cercles se sont inquiétés du fait d’imputer trop de responsabilités (ou de mérites) à Barack Obama dans une économie qui va, par certains aspects et dans certains coins du pays, mieux qu’il y a quatre ans.

Chômage dans quelques Swing States: du pic de la crise à aujourd’hui

  • Ohio – janvier 2010: 10.6% – juillet 2012: 7.2%
  • Floride – février 2010: 11.4% – juillet 2012: 8.8%
  • Pennsylvanie – avril 2010: 8.6% – juillet 2012: 7.9%
  • Colorado – mars 2010: 9% – juillet 2012: 8.3%

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Ryan, Romney, Rice, Rubio, Martinez, Eastwood à Tampa: le reader

God Bless the United States of America! La Convention républicaine bat son plein en Floride, et si vous vous étiez mis en tête d’y assister à la télé, vous auriez reçu, dans l’ordre, les informations suivantes:

  1. Si le guitariste de votre groupe de quartier n’a pas digéré sa dernière bière, vous pouvez inviter Peter Frampton: il vient. C’est dans ces circonstances qu’il apparaît dans une pub Buick, et de la pub, il y en a beaucoup. Moi, pendant la pub, je me repasse sa version instrumentale de Black Hole Sun.
  2. Si vous voulez savoir comme c’était bien, l’Amérique d’avant, les dignitaires Républicains parlent de leurs parents. Beaucoup. Ils y passent plus de temps qu’à parler de Mitt Romney. En attendant, vous pourriez regarder tous les Ken Burns. Un documentariste fascinant qui raconte l’histoire américaine et réussit à captiver en faisant des travelings sur les photos d’époques précinématographiques.
  3. L’Amérique est un grand pays à nul autre pareil. Je suis assez d’accord. Maintenant… Est-ce nécessaire de le répéter autant…

Voilà. Si vous enlevez tout ce « gras » de pompe et de patriotisme, il reste quelque substance. On appelle ça la « red meat ». Donc, en forme de burger, le reader:

Mitt Romney, acceptant sa nomination comme candidat républicain à la présidence des Etats-Unis: « Il est prêt à faire le job », commentait platement un anchor de CNN à peine le discours terminé. « Il ne faut pas attendre d’un discours de convention qu’il déplace les montagnes. Il doit permettre d’aller de l’avant, et ça, Romney l’a réussi », estimait Candy Crowley, la présentatrice de State of the Union qui animera l’un des débats présidentiels. La transcription complète de son discours

« Nous, les Américains, avons toujours entretenu une relation très spéciale avec l’Avenir. A chaque vague d’immigrants qui voyait apparaître la Statue de la Liberté, ou posait le pied sur les rives [de Floride] à peine à 90 miles de la tyrannie castriste, les nouveaux Américains avaient surement bien des questions. Mais aucun ne doutait qu’ici en Amérique, ils pourraient se construire une vie meilleure, et que leurs enfants seraient mieux dotés qu’ils ne l’avaient été. Mais aujourd’hui, quatre ans après l’excitation suscitée par l’élection [de Barack Obama], la majorité des Américains doutent que leurs enfants feront mieux qu’eux-mêmes (…) Lire la suite

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Campagne sur le Net – I. des réseaux sociaux à sens unique?

Pratiquement inusités il y a quatre ans, les médias sociaux sont désormais massivement investis par les républicains et les démocrates en campagne pour la Maison Blanche. Mais les partis les utilisent surtout pour délivrer leur message, et peu pour interagir avec le public. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par le Pew Research Center’s Project for Excellence in Journalism.

Après sa campagne novatrice de 2008 qui faisait d’Internet un outil majeur pour financer et mobiliser le mouvement qui l’a porté à la Maison Blanche, Barack Obama a conservé en 2012 son avantage numérique. L’étude montre qu’il publie quatre fois plus que son rival, et que ses « posts » (Sites web, Twitter, Facebook, YouTube…) donnent lieu à des réactions (vues, commentaires et partage) deux fois plus nombreuses. Obama et sa campagne ont twitté 29 fois par jour durant la période concernée, alors que Mitt Romney n’a publié qu’un tweet en moyenne.

En théorie, leur maîtrise des médias sociaux devrait permettre aux deux camps de s’engager dans des discussions substantielles. Pourtant, « les candidats font très peu usage de l’aspect social des médias sociaux », constatent les chercheurs. Lire la suite

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Tampa: de quoi les Républicains vont-ils parler?

Après un jour de retard dû à l’arrivée de l’ouragan Isaac, la convention républicaine s’est finalement ouverte mardi et domine l’actualité. Mais qu’est-ce qui intéresse les Américains? Ils sont significativement moins intéressés par le discours que s’apprête à donner Mitt Romney qu’ils ne l’étaient par celui de John Mc Cain il y a quatre ans. Les discours les plus attendus sont ceux du VP proposé Paul Ryan, coté républicain, et celui de l’ancien président Bill Clinton, coté démocrate.  Mais en matière de convention, ce qui figure au premier rang des préoccupations, c’est le programme. Eh oui! ce sont les conclusions d’un sondage Pew sur l’intérêt porté par les Américains aux deux grands rendez-vous politique de cet été de campagne. Globalement, les conventions « intéressent » environ 4 Américains sur 10.

Et donc, en tête de l’intérêt manifesté autant par un bord que par l’autre: les propositions. Celles que les républicains s’apprêtent à adopter sont déjà discutées sur la toile, sur un site participatif mis en place par le parti.

Le programme républicain passé en revue

  • Le Huffington Post a extrait les « dix propositions les plus extrêmes ». Parmi celles-ci, on trouve le retour à l’illégalité de l’avortement, sans exception. En matière économique, le parti veut « étudier le retour à l’étalon-or », abandonné en 1971. Et le document exclue une hausse des impôts, la seule bonne raison envisagée pour augmenter les revenus fédéraux étant… la guerre. Mais une guerre sans les femmes: la plateforme prévoit de les bannir du champ de bataille, proposition à laquelle Mitt Romney n’adhère pas.
  • Le Washington Post examine l’historique de quelques questions sociales dont le GOP s’est emparé, et décrit le glissement d’un parti modéré et progressiste vers un mouvement de plus en plus conservateur, à partir de la fin des années 60. L’avortement n’a pas toujours fait partie des préoccupations premières du parti, son avis sur l’existence d’un Etat palestinien a changé, et il a même, durant l’ère Bush’41, commencé à débattre du réchauffement climatique…
  • En matière d’énergie, le programme propose une extension tous-azimuts des forages pétroliers, notamment en Arctique, la construction du pipeline Keystone XL, et la limitation de la législation en matière de gaz à effet de serre. Le blog de The Hill consacré à l’environnement détaille ces propositions.

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Tampa: qu’aurait dit Ronald Reagan!

Ronald Reagan, président de 1981 à 1989, serait-il trop modéré pour les Républicains de 2012? C’est la question que pose l’édition de mardi du Bloomberg Insider, un magazine édité quotidiennement durant la convention républicaine qui vient juste de démarrer à Tampa. Barrant le portrait du Gipper avec le mot « Socialist », le journal introduit tout en provoc’ les quatre pages consacrées à celui qui reste un héros, et dont les cent ans ont récemment été célébrés en grande pompe par le parti.

Evidemment, ce n’est pas le portrait du 40ème Président dont il s’agit, mais plutôt celui du parti républicain et de ce qu’il est devenu, en comparaison avec la politique de Reagan. Le journal décrit un glissement à droite. « Reagan avait une rhétorique de droite, mais sa politique était centriste. Adepte du compromis, il a travaillé étroitement avec le parti démocrate sur de nombreuses questions. « Il ne pensait pas que le compromis était mauvais par principe », explique le journal. Par ailleurs, il a augmenté les impôts à de nombreuses reprises, augmenté les dépenses militaires, et l’administration a gagné sous son règne des centaines de milliers d’employés.

Cette dextérité dans le compromis, Ronald Reagan l’avait peut-être acquise dans son propre parti, historiquement composé de factions diverses. C’est peut-être ce qui a le plus changé, à en croire le journal: « Aujourd’hui, le parti est plus près d’être monolithique qu’il ne l’a jamais été auparavant ».

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