18 au 24 juillet 2011


Le plafond de la dette

Capitol14,29 billions (milliers de milliards) de dollars. C’est beaucoup, mais ce n’est pas assez. Comme l’explique ce dossier de Mother Jones, Le montant que le Gouvernement des Etats-Unis est autorisé à emprunter doit être élevé (par le Congrès), sans quoi l’Etat ne sera plus en mesure de payer ni ses factures, ni les remboursements de dette. Le défaut de payement pourrait intervenir le 2 août, ou peu après, si aucun accord n’est trouvé entre les deux partis. Ou plutôt, entre Barack Obama et les ténors du parti républicain. Majoritaires à la Chambre des représentants, ils peuvent pratiquement bloquer tout accord. Enjeux: faire pression pour que cette hausse du plafond de la dette se fasse contre la promesse de coupes budgétaires à hauteur de 2 billions de dollars au moins. Barack Obama et les démocrates tentent, eux, de réintroduire certaines taxes ou d’éliminer au moins les vides juridiques (loopholes) qui permettent à certaines entreprises profitables de ne pas payer d’impôts.

Les économistes considèrent que l’absence d’accord à partir de début août engendrerait « une catastrophe » et un coup d’arrêt au difficile rétablissement de l’économie américaine. Le coût des emprunts pourrait grimper, et par ricochet tous les taux d’intérêts, notamment ceux que connaissent les Américains pour leurs cartes de crédit… (un article de The Hill sur les dangers économiques d’un défaut de payement du Gouvernement)

Le problème, c’est que les élections se profilent. Barack Obama, qui a déjà obtenu un accord temporaire au début de l’année, plaide pour un plafond qui permette de repousser la question à l’après présidentielle. Mais ses adversaires tentent de l’éviter. La négociation a duré toute la semaine, avec ses claquements de portes, ses coups fourés et ses crises de nerfs. Elle n’est pas terminée. Comme le note John Harwood dans le New York Times, les trois acteurs institutionnels impliqués, la Présidence (démocrate), le Sénat (majoritairement démocrate) et la Chambre des représentants (majoritairement républicaine) n’ont qu’une faible marge de manoeuvre, chacun risquant de se voir attribuer la responsabilité d’un défaut de payement à un an des élections (élections générales, qui ne concernent donc pas seulement la Présidence).

On est cuit!

We Are Cooked, comme titrait dimanche le New Haven Register. Cette semaine, une vague de chaleur sans précédent s’est abattue sur les Etats-Unis. Dans le centre, puis l’est du pays, les températures à trois chiffres (supérieures à 100 °F, donc flirtant avec les 40 °C) ont étouffé le centre des villes.  A Newark, dans le New Jersey, il a fait 108 °F (42.2 °C), record absolu jamais enregistré, tandis que New York a frôlé son reccord de 106 °F en enregistrant 104 à Central Park jeudi (l’article du New-York Times). Un haut niveau d’humidité a fait grimper la température « ressentie » à Manhattan à 113°F, soit 45°C. Les Américains recherchaient à se rafraichir par tous les moyens. Voyez par exemple ces photos sur le site du Washington Post.

L’actualité météo a bien sûr donné lieu aux recommandations d’usage: bien s’hydrater, porter du coton et… faire le plein la nuit pour limiter l’émission de vapeur d’essence. Il a aussi été conseillé de privilégier les transports publics, sans conviction, dans ce pays où voyager en commun reste pratiquement une incongruité (si l’on en juge par le reportage du LATimes à propos de cette famille de Californiens qui visitent Los Angeles en train).

Anecdotique? Pas sûr. La vague de chaleur a entraîné de nombreuses coupures de courant: l’état du gigantesque réseau électrique américain est préoccupant, et ça ne se voit jamais mieux que lorsque les températures grimpent (le reportage de NPR).

Les Murdoch passent à la casserole

Semaine très chaude aussi pour la famille Murdoch dont l’empire, News Corp., est accusé d’avoir, dans plusieurs de ses titres de presse, piraté des téléphones privés pour obtenir des scoops. Alors que père et fils passaient un sale quart d’heure devant les parlementaires britanniques le 19 juillet, les Américains regardaient d’un oeil inquiet le vieux mogul piquer du nez malgré l’âpreté des questions. Inquiet parce que le scandale s’étendait aux Etats-Unis: la semaine passée, un proche de Murdoch, Les Hinton, avait quitté son poste de directeur de Dow Jones (en mains de NewsCorp), éditeur du Wall Street Journal. Par la suite, c’est Piers Morgan qui est mis sur le grill: celui qui reçoit stars et people dans la tranche horaire qu’occupait Larry King sur CNN dirigeait la rédaction du Daily Mirror, et il est accusé d’avoir, à cette occasion, fait usage des mêmes méthodes. Cependant Piers Morgan a fermement démenti toute accusation en relation avec des écoutes téléphoniques illégales.

Autre curiosité américaine de ce scandale: le principal conseil de Rupert Murdoch est désormais Joel Klein, engagé en 2002 par le maire de New York Michael Bloomberg pour réformer l’administration des écoles de la ville. Réputé proche des démocrates (il a travaillé au département de justice sous Bill Clinton) ce juriste a quitté New York pour News Corp. en janvier. Ce qui ne semble pas avoir été sa meilleure idée. Autant d’éléments qui fondent l’intérêt des médias américains pour l’affaire. Carl Bernstein lui-même la qualifiait (le 9 juillet sur Newsweek.com) de « Watergate de Murdoch« . Enfin, selon le Wall Street Journal, News Corp. se prépare à d’autres investigations américaines. Dans son édition de vendredi 22 juillet, le WSJ faisaient le détail de ce qui attendait sa maison mère: Le FBI cherche à savoir si des téléphones de victimes du 11 septembre ont été piratés, tandis que la Securities and Exchange Commission (le gendarme des marchés financiers) se demande si les actionnaires auraient du être avertis plus tôt du risque d’une baisse du cours de l’action News Corp.

En bref…

  • « Hello? Housekeeping ». Newsweek consacre sa une à l’affaire DSK: la femme de chambre a raconté en détail et en exclusivité ce qui se serait passé dans la suite du chef du FMI le 14 mai dernier aux reporters du magazine.
  • Le secrétaire d’Etat à la défense Leon Panetta a confirmé vendredi que les homosexuels pourront être incorporés ouvertement dans l’armée. (Mother Jones suit la fin du Don’t Ask, Don’t Tell.)
(photo : LOE)
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