Happy Birthday, Mr President!


Dow Jones1er au 7 août 2011 – L’accord sur la dette une fois conclu, le défaut de paiement de l’Etat américain supposé se produire dès mardi a été évité. Seule une agence, la FAA, fut contrainte à une fermeture partielle concernant 4000 employés, expliquée par le LATimes, qui ne reviendront au travail que lundi 8 août. Mais le soulagement fut de courte durée: d’abord parce que les conditions de l’accord ont fait apparaitre clairement que Barack Obama, et même les ténors du parti républicain, s’étaient fait débordés par la droite conservatrice qui cherche à tout prix à éviter le rétablissement des taxes supprimées sous l’ère Bush 2.

Pour Bob Bixby, directeur de la Concord Coalition, un groupe « non-partisan » visant la réduction des déficit et le maintien de la politique sociale, « personne ne peut prétendre avoir résolu quoi que ce soit d’autre qu’une crise politique artificielle » (sur CNNMoney). Pour Paul Krugman, économiste et éditorialiste du NYT, l’opération « d’extorsion » organisée par les ultra-conservateurs « mettra l’Amérique sur la voie d’une république bannanière ». Il estime que le Président a capitulé devant les Républicains.

Quant aux candidats Républicains pour 2012, plutôt discrets pendant le psychodrame, ils se sont, selon le NYT, tous déclarés en défaveur de l’accord, sauf Mitt Romney. Ils ont bien fait de rester discrets. Il est tout sauf évident de déterminer qui sortira vainqueur politiquement de cet épisode peu glorieux (le Los Angeles Times compte les blessés; Time fait une première évaluation des coupes que l’accord pourrait engendrer).

Beaucoup de commentateurs voyaient les chances de réélection de Barack Obama diminuer, mais certaines enquêtes montrent que c’est surtout le Sénat qui voit sa cote chuter. Quant au Tea Party, donné victorieux (surtout sur Fox News…) il aurait perdu pas mal de plumes dans l’affaire, à en croire ce sondage décrypté par MoJo. On y apprend que seuls 22% des Américains se considèrent sympathisants du mouvement du Tea Party, contre le double en novembre dernier. Plus étonnant encore, parmi ces sympathisants, deux tiers soutenaient l’idée d’un compromis sur le plafond de la dette, et la moitié estimaient qu’il devait contenir des recettes supplémentaires aussi bien que des coupes.

Lors de l’annonce, vendredi de la dégradation de la note des USA par l’agence de notation Standard & Poor’s, le processus politique qui a mené à l’accord a été donné comme une des raisons qui justifiait le passage d’un AAA à un AA+, pour la première fois dans l’histoire (cette notation est utilisée depuis 1917). De fait, si le Président a tout de suite été donné perdant pour avoir trop facilement cédé à l’exigence des conservateurs de ne pas inclure de nouvelles taxes dans le deal, celles-ci restent possible, et c’est un comité spécial du Congrès qui doit en décider d’ici à Thanksgiving. Mais quelles que soient les mesures proposées, il n’est pas directement évident qu’elles puissent rapidement mener à une réduction durable du déficit américain.

Durant le week-end, la Maison-Blanche a relativisé la portée de la décision de S&P (deux autres agences n’ont pas encore suivi) , et alors que les commentateurs s’attendaient à la poursuite de la chute des cours boursiers dès l’ouverture des places financières lundi, des membres du Congrès s’irritaient d’une ingérence aussi flagrante des agences de notation dans le jeu politique. Sur CNN, un porte-parole de S&P a par ailleurs indiqué que la décision de dégrader la note des USA ne s’appliquait pas aux entreprises américaines, alors même que l’agence a eu pour politique jusque-là de ne pas attribuer aux entreprises des notes plus élevées que celle du pays dans lesquelles elles étaient basées.

Barack Obama autorise Shell a entreprendre des forages exploratoires dans l’Arctique. 

Depuis l’embargo qu’il avait imposé aux forages off-shore après la catastrophe dans le Golfe du Mexique, le président s’est taillé auprès des grandes compagnies une solide réputation anti-pétrole. Réputation imméritée comme le rappelle Time: le magazine relève qu’à de nombreuses reprises, Monsieur Obama a mis en évidence le besoin pour les Etats-Unis de trouver des sources d’énergie domestiques pour moins dépendre de l’étranger, et singulièrement, du Proche-Orient. Mais le journaliste relève aussi le grand danger de se livrer à l’exploitation off-shore dans l’Arctique: les conditions peu clémentes s’ajoutent à l’abscence quasi totale de possibilité d’intervention rapide en cas de fuite de pétrole. Les associations en faveur de l’environnement et les populations locales feront certainement appel aux tribunaux, et elles ont déjà connu certains succès en la matière, rappelle le magazine.

Le candidat fondamentaliste chrétien Rick Perry expérimente les cellules souches

Rick Perry, gouverneur du Texas et candidat à l’investiture du parti Républicain pour les présidentielles de 2012, a récemment subi un traitement chirurgical qui implique l’utilisation expérimentale de cellules souches (les siennes). Ce chrétien méthodiste, créationniste, opposé à l’avortement et au mariage gay est notamment très opposé à la recherche sur les cellules souches embryonnaires (entre autre). Son porte-parole a néanmoins précisé que celles-ci n’étaient pas en cause dans le traitement, et que l’opération était un succès, raconte Politico.

En Bref

  • Cette semaine, deux convention, l’une réunissant l’élite des Hackers, l’autre sur la sécurité informatique, se tiennent à Las Vegas (NV). Les médias américains s’y intéressent relativement peu, malgré que, comme le montre le LA TImes de nombreuses agences gouvernementales y ont dépêché leurs meilleurs geeks… Ce que j’ai trouvé de mieux sur ces deux événements, c’est encore le blog de l’envoyé spécial du Temps.
  • Menacée de mort, Casey Anthony, récemment acquittée du meurtre de sa fille par un jury d’Orlando, serait en danger en Floride, selon son avocat. Elle doit pourtant y rester en probation pour une autre affaire, indiquait People lundi. Vendredi, plusieurs radios la donnaient en Ohio « en pleine séance de shopping ».
  • Dans un reportage détaillé de 50 000 signes, le New Yorker revient sur l’opération d’Abottabad, au Pakistan, dans laquelle le chef d’Al-Qaida Oussama Ben Laden a été tué par les Navy Seals.
  • Alors qu’il se battait pour faire voter l’accord sur le plafond de la dette le 4 août, Barack Obama atteignait, lui, la cinquantaine. Quelle est la place des afro-américains de sa génération dans les Etats-Unis de 2011, s’interroge une professeure en journalisme du City College of New York dans The Root, à l’occasion de l’anniversaire du Président.
Photo: Dow Jones Industrial Average, 5 août, sur Yahoo.com. LOE
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