La houle électorale


5 au 11 décembre 2011 – La course à la candidature du Grand Old Party, c’est une série de vagues de grand large qui ondulent, s’aplatissent et dansent en direction du rivage. Difficile de dire encore laquelle de ces crêtes se trouvera rouler la première au fond de la baie de Tampa, Floride, où se tiendra la convention républicaine en août prochain. Avant la plage, il faudra surfer entre les écueils des cinquante primaires et caucus prévus dès début janvier.

Dans le rôle de l’écume, Michèle Bachmann. La représentante du Minesota, submergée par le tsunami Herman Cain, avait disparu des écrans. Après que le vague Cain se soit auto dissout dans ses déboires conjugaux et ses approximations fiscales (il a quitté la course en novembre), elle avait retrouvé un peu de force. Le gros du banc Tea Party lâché par Cain est cependant allé surnager chez Newt Gingrich. En visant l’ancien Speaker du Congrès, la représentante du Minesota s’est faite à nouveau remarqué, quelques jours, le temps pour elle de montrer sa détermination à fermer l’ambassade de Téhéran (il n’y a plus de relations diplomatiques directes entre les Etats-Unis et l’Iran depuis 1980).

La lame de fond du mois, c’est donc lui: Newt Gingrich. Auto proclamé boîte à idée du parti républicain, historien et auteur de nombreux ouvrages, celui qui a fait basculer le Congrès du coté républicain en 1994 est un homme de controverses. Il est allé lécher la coque de Freddie Mac, un des navires poubelles qui convoyaient les crédits immobiliers pourris dans la tempêtes des subprimes. Il a aussi deux divorces houleux à son actif: en plein MonicaGate, il trompait sa seconde femme avec sa troisième, employée du Congrès, alors qu’il instruisait l’empeachment de Bill Clinton. Enfin, on le tenait pour définitivement noyé il y a quelques mois parce qu’une partie de son staff l’avait lâché, et qu’on lui avait trouvé une ligne de crédit d’un demi million de dollars chez Tiffany’s. Ça ne l’a pas empêché de revenir en avant de la course, tutoyant Mitt Romney et réduisant Rick Perry à la condition d’insignifiant clapot. Actuellement, Newt Gingrich est en tête des sondages devant Mitt Romney, mais sans certitude d’y rester.  Beaucoup de commentateurs estiment que son lourd passé finira par le terrasser avant la Convention.

Il en a été ainsi durant les derniers mois: Mitt Romney, favori, est moqué pour le désamour qu’il semble inspirer à la plupart des Américains. Du coup, périodiquement, au gré des débats télévisés, un candidat ou l’autre émerge. Ce fut Rick Perry cet été, puis Michele Bachman, puis Herman Cain, puis donc Newt Gingrich. Ainsi, CNN remarquant que Rick Santorum prévoyait une campagne intensive en Iowa, se demandait à la mi décembre si l’ancien sénateur de Pennsylvanie (qui barbotte autour des 5% d’intentions de vote) n’y connaitrait pas lui aussi son momentum. S’il gagnait dans le premier Etat à choisir son candidat, il se ferait en effet une notoriété qui pour l’instant lui fait défaut.

Les stratèges de la Maison Blanche semblent toutefois n’avoir pas changé d’avis quant au fait que c’est bien Mitt Romney qui se mesurera à Barack Obama. La campagne pour les primaires a ceci de cruel que les candidats républicains s’entredéchirent copieusement. Bien que faire de Barack Obama un « one-term president » soit leur but commun, ils croisent le fer entre eux assez férocement, mettant à jour leurs pires défauts. Le candidat désigné devra donc vivre avec. Pendant ce temps, le président en exercice a droit à beaucoup de critiques de son bilan, mais qui sont souvent des généralités (le rêve américain est brisé, le pays va dans la mauvaise direction, le président est responsable du chômage…).

Ce très long processus des primaires semble donc pouvoir profiter à l’équipe en place, qui se remet en campagne. Pour l’instant, Barack Obama semble pouvoir être battu dans les swing States, que ce soit par Mitt Romney ou par Newt Gingrich. Mais la course ne fait que commencer. Le Guardian, ce matin, donne 5 raisons pour lesquelles l’équipe démocrate retrouve l’optimisme.

Photo: Long Island Sound – Loé 2011
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