Une guerre en moins


12 au 18 décembre 2011 – Neuf ans après l’opération Iraqi Freedom, l’armée des Etats-Unis a mis fin à la guerre en Irak. Envisagé pendant la campagne électorale de 2008 « dans un délai de 16 mois après l’élection », le départ des troupes aura pris un peu plus de temps que prévu dans les promesses de Barack Obama. Mais le 15 décembre, Léon Panetta a mis une fin officielle au conflit lors d’un discours tenu dans une cour fortifiée, protégé par un ballet d’hélicoptères. Ce qui « en dit long sur les défis qui attendent encore le pays », peut-on lire dans un reportage du New York Times. Le dimanche 18 décembre, les derniers soldats ont passé la frontière koweïtienne.

L’heure est donc au bilan. En près de 9 ans, un million d’hommes on servi en Irak. Le conflit aura fait, du côté américain, près de 4500 morts et 32 000 blessés graves. C’est David Hickman, un soldat de 23 ans, qui fut, le 14 novembre, le 4474ème et dernier Américain tué en Irak. Mais les conséquences de la guerre, notamment en terme de handicap et de santé mentale, se feront sentir pendant encore très longtemps. Du côté irakien, les pertes civiles s’établiraient à 100 000 morts. Cet article du Detroit Free Press fait quelques comptes d’une guerre « brutale et longue au bilan effroyable pour les deux camps ».

La fin de la guerre en Irak n’est pas pour autant le signe d’une redéfinition des priorités du pays, qui vient de prévoir 665 milliards de dollars dans son prochain budget militaire. Pour autant, certains se trouvent pris d’optimisme et estiment que cette confrontation entre deux armées d’Etat que fut l’invasion de l’Irak en 2003 serait peut-être la dernière. « La guerre n’est vraiment plus à la mode » estiment deux auteurs du New York Times.

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Une nouvelle menace sur les droits civiques

Le département de la Justice va surveiller les lois électorales pour qu’elles ne servent pas à limiter l’accès au vote des jeunes et des minorités. Une étude parue en octobre avait montré que cinq millions d’Américains risquaient de ne pas pouvoir voter (essentiellement dans les Etats à majorité républicaine) en raison de restrictions comme la possession d’une carte d’identité ou la limitation du vote anticipé. Or, ce type de limitations a un effet plus important au sein de groupes de population comme les jeunes, ou les minorités. Certains de ces groupes votent majoritairement démocrate, et s’étaient rendus massivement dans les bureaux de vote en 2008. Cette mobilisation avait été une des clés de l’élection de Barack Obama en 2008.

La fin du Sherif de Maricopa?

Le célèbre Joe Arpaio, « shérif le plus impitoyable d’Amérique » est visé par la section des droits civiques du Département de Justice. Connu dans tout le pays pour la dureté de ses prisons, le shérif Arpaio a pour principal fait d’armes d’avoir installé ses prisonniers sous tente par 50 degrés à côté d’une décharge, en sous-vêtements roses, ou encore de les faire travailler en ville, chaînes aux pieds. Mais c’est pour ses pratiques en matière de lutte contre l’immigration clandestine qu’il est visé: sa police est accusée depuis des années de profilage racial dans ses activités quotidiennes, déguisant en maintien de l’ordre ce qui ressort en fait essentiellement d’une chasse aux immigrés sans-papiers. Elu en 1992 et réélu cinq fois depuis, le Shérif Arpaio s’est taillé une renommée internationale, mais depuis 2007, de couteux procès intentés par des prisonniers ou leurs familles, qui ont couté des millions à ses administrés, ont quelque peu terni son image . Rejetant en bloc ces récentes accusations comme une opération politique, il a néanmoins annoncé qu’il collaborerait à l’enquête dirigée contre lui. Il a jusqu’à janvier prochain pour éviter des sanctions du département qui pourraient valoir à son comté des millions de dollars en suppression de subventions fédérales.

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Photo: le Capitole – Loé 2o11
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