Go West!


Las Vegas - Roulette30 janvier au 5 février – La campagne des primaires républicaines vire vers l’ouest. Direction: Nevada. Les caucus s’y dérouleront samedi. 28 délégués sont en jeu. Mitt Romney, qui devance Newt Gingrich dans les derniers sondages à 2 contre 1, avait déjà remporté les primaires de 2008 par 51%. Après sa victoire de Floride, il devrait poursuivre sa marche vers la nomination, cependant Newt Gingrich a promis de rester en orbite: lors de son discours de défaite de mardi, ses militants brandissaient des pancartes indiquant qu’il restait 46 primaires, promesse de ténacité jugée peu réaliste par Bloomberg (dans le San Francisco Chronicle).

Le Nevada, qui tire ses ressources de l’industrie minière et du tourisme, compte 2,7 millions d’habitants, dont un quart d’hispaniques. Le chômage (13%) y est plus élevé que la moyenne nationale (voir ci-dessous). Le vote est traditionnellement républicain, mais avec une marge assez faible. Le gouverneur est républicain (Brian Sandoval), la délégation au Congrès est mixte. Barack Obama, et avant lui Bill Clinton (2x), ont néanmoins réussi à y remporter une victoire d’étape. C’est ce statut de swing State qui fait que le score des candidats et la mobilisation de l’électorat républicain seront très observés ce week-end. Le dernier sondage du Las Vegas Review – Journal / UNLV, cité par le Times, indique qu’Obama remporterait l’Etat à 45% contre 39% pour Romney.

Ce week-end, le Maine vote également, mais en deux temps. Une convention d’Etat s’y tiendra en mai.

Barack Obama et l’emploi

Mais ce n’est pas une très bonne semaine pour Mitt Romney. Une nouvelle petite phrase a fait du bruit. Elle consistait à dire qu’il n’était pas inquiet pour les riches (qui vont bien, merci) ni pour les très pauvres, parce qu’ils bénéficiaient d’un « filet de sécurité ». Bien sûr, on la rapproche de son désormais célèbre « I love firing people », et de son pari à 10’000 dollars que Rick Perry avait sagement refusé. Barack Obama y a-t-il vu une occasion de montrer que Mitt était out of touch? En tout cas, il en a profité, le lendemain, pour appuyer le devoir des nantis envers les plus démunis.

L’emploi est constamment mis en évidence comme étant la première préoccupation des américains, le chômage ayant tourné autour des 10% une bonne partie des 2 dernières années. La création d’emploi est donc le sujet principal des discours de Mitt Romney qui, d’une part plaide pour que l’Etat fédéral ne se mêle pas d’économie (en dérégulant, en diminuant la taille de l’administration et en laissant une plus grande marge de manoeuvre aux Etats), et d’autre part en assignant une seule tâche à Barack Obama: créer des emplois. Laissons à plus tard le fait que ça peut apparaître comme une contradiction aux yeux de certains. Pour l’instant, la stratégie des candidats apparaît très ancrée sur cette simple idée. Or, vendredi, les chiffres du chômages sont tombés pour janvier: un solde net de 243 000 emplois créés fait descendre le taux de chômage officiel à 8,3%, le taux le plus bas en trois ans. Rien n’est joué toutefois, explique Reuters.

Politique fiction: les présidentiables pour 2016: La Gray Lady s’est livrée a un petit exercice d’anticipation: qu’Obama passe en 2012, et il faudra préparer très rapidement le difficile maintien de la Maison Blanche en mains démocrates. Qu’il échoue, et ça sera une reconquête qu’il faudra organiser. Sans exclure l’émergence d’un candidat encore peu connu, le NYT évalue les chances des démocrates les plus en vue. Il y a deux femmes parmi eux: Hillary Clinton (qui pense plutôt à la retraite, mais sans qu’on connaisse le sérieux de ses pensées à ce sujet) et Elizabeth Warren, populaire professeure de la Harvard Law School qui a supervisé le TARP, programme lancé sous Georges Bush en réponse à la crise financière de 2008, puis conseillé Barack Obama. Elle se présente au Sénat dans le Massachusetts en 2012.

Photo: Nguyen-Anh Le
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