Ils n’aiment pas Mitt Romney


Times Square, New York

6 au 12 février 2012 – Pendant que Mitt Romney s’enlise dans les primaires républicaines, Barack Obama adoube un superPAC en se pinçant le nez, et conclut un accord sur les saisies immobilières. 

Rick Santorum est parvenu à ralentir la marche toujours pas assurée de Mitt Romney vers la candidature républicaine à la présidence, remportant le plus de voix dans trois Etats mardi. Au Colorado, où les sondages le donnaient largement gagnant, Mitt Romney n’obtient que 34% des voix et 9 délégués, derrière Rick Santorum (40,3%, 18 délégués). Il avait obtenu 60% des voix il y a quatre ans. Au Minnesota, il arrive troisième, devancé par Santorum et Ron Paul. Au Missouri, il est battu par Santorum également; les délégués y seront attribués par une Convention d’Etat en mars.

Cette moisson de voix dans trois Etats propulse Rick Santorum dans la stature du « plan B », remplaçant à cette place de choix le toujours vindicatif Newt Gingrich. Par ailleurs, de nombreux commentateurs continuent à s’interroger sur le désamour dont souffre Mitt Romney. Voici ce qu’écrivait Frank Bruni dans une opinion du New York Times:« Pendant la présidentielle de 2000, quand vous parliez de Georges Bush aux républicains, leurs yeux brillaient. Leur voix tremblait. Il est difficile de s’en rappeler avec le chantier qu’il a laissé, mais les Républicains le voyaient alors comme un don de Dieu. Son pédigrée séduisait l’establishment, mais son coté Folk et son élocution pastorale rassurait les socio-conservateurs. Il parlait un peu l’espagnol et son discours sur l’immigration ou l’éducation pouvait réjouir les indépendants (…) Ce qui plombe la cotte de Romney, c’est le manque d’excitation qu’il sucite. L’absence d’excitation, même. Vous ne trouverez pas un républicain pour en parler avec passion. Ils le disent efficace, pas inspiré. Ils louent ses compétences, pas son charisme. »

Alors qu’un sondage national fait passer Santorum devant Romney, certains membres du parti questionnent la stratégie du frontrunner. Dimanche, il a remporté les caucus du Maine. Il aurait réorienté ses objectifs avant le supertuesday début mars. Les prochaines primaires auront lieu le 28 février au Michigan et en Arizona. Les principaux sondages suivis par le New York Times le donnent gagnant au Michigan, mais ils sont contradictoires en ce qui concerne l’Arizona, qui pourrait revenir à Newt Gingrich (c’est John McCain qui l’avait emporté sur Romney en 2008).

La transformation politique de Barack Obama

Chez les démocrates, c’est le « revirement » de Barack Obama sur les superPACs qui a occupé les esprits. Critique déclaré de la décision Citizen United, le Président a donné sa bénédiction (forcée…) au SuperPAC qui veut engranger des fonds pour sa réélection, racontait Politico lundi. Une décision qui arrange tout le monde: les médias vont s’en mettre plein les poches, les démocrates vont faire campagne à jeu égal, et les républicains pourront à l’envi se servir de ce revirement, analyse Jim VandeHei « Les Super PACS sont le moyen le plus novateur qu’ont les riches pour influencer les élections. Obama y était opposé avec véhémence, les appelant même « menace contre notre démocratie ». Cette véhémence était concrête et sincère. Jusqu’à lundi soir ».

Le SuperPAC qui oeuvre à la réélection du président n’a pour l’instant récolté qu’une fraction des fonds qu’ont réussi à ammasser les candidats républicains. Mais du coté des campagnes elles-mêmes, c’est le camp Obama qui écrase la concurrence avec 140 millions de dollars levés, contre 57 pour Mitt Romney. Tous les détails sur le financement des campagnes ici.

Accord sur les saisies immobilières

Déjà quatre millions de ménages ont perdu leur maison, 3,3 millions sont proches de la saisie. L’accord entre les banques et l’Etat, annoncé cette semaine, porte sur 26 milliards de dollars qui doivent permettre de soulager les propriétaires et ceux qui ne le sont déjà plus. Ce « pas dans la bonne direction » que Barack Obama se devait de faire avant les élections, peut-on lire dans l’édito du New York Times, ne représente qu’une petite tape sur les doigts pour les banques, comparé aux dommages causés ».

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