Les sondages ne prédisent rien. Et alors?


Chaque jour de campagne amène son lot de sondages. Ils peuvent porter sur les sujets qui préoccupent les répondants, l’avis sur un sujet d’actualité ou un aspect particulier de la campagne. Cependant, les journaux publient essentiellement les réponses à la question « Si l’élection avait lieu aujourd’hui, pour qui voteriez-vous? »

La réponse varie de jour en jour et de sondage en sondage. La radio NPR a récemment demandé à un expert si les enquêtes de mai pouvaient permettre de déterminer le vainqueur de novembre. Surprise! La réponse est non. Pas plus que la victoire à l’Alpe d’Huez ne permet de donner le vainqueur du Tour de France. Pas plus que le score de Roger Federer après le premier set ne permet d’augurer du résultat d’un match. Et pourtant, le commentaire sportif existe toujours. La différence, c’est qu’on a encore jamais vu un commentaire influencer un match.

Sur Real Clear Politics, on trouve la représentation graphique du tête à tête des dernières campagnes présidentielles (Obama v. McCain, Kerry v. Bush…). Une moyenne de sondage montre quel candidat menait dans les sondages durant l’année précédant l’élection. Et à regarder ces courbes, on constate qu’il est vain d’établir des pronostics sur la base des sondages avant les quelques semaines qui précèdent l’élection:

  • En 2008, à fin mai (Alors que les primaires démocrates n’ont pas encore départagé Barack Obama et Hillary Clinton) Barack Obama devance largement le candidat républicain. Mais juste avant que Hillary Clinton ne reconnaisse sa défaite début juin, il accuse une petite baisse qui le met presque à égalité avec McCain. Il fera ensuite la course en tête jusqu’à la mi-septembre, avant de plonger pour la cinquième fois de l’année derrière son adversaire. John Mc Cain devancera Barack Obama dans les sondages pendant 10 jours, à moins de deux mois du vote. A la mi-septembre, la courbe d’Obama, montante, croise à nouveau celle de McCain, descendante.
  • En 2004, aucune direction claire ne s’est dessinée avant début septembre. John Kerry et George W. Bush ont échangé leur place en tête des sondages six fois entre avril et septembre.
  • Cette année, sur la base d’un agrégat de sondages similaire, Barack Obama a constamment fait la course en tête vis-à-vis de Mitt Romney. Les dernières moyennes de sondages qui le montrent distancé remontent à novembre 2011. Les courbes se situent aujourd’hui aux alentours des 45% pour Barack Obama, et 43% pour Mitt Romney.

Les sondages font donc une bonne partie des titres pendant cette campagne. Mais en quoi permettent-ils au public de se forger une opinion politique en vue de faire un choix judicieux? Vous avez une idée?

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