Barack Obama libère 800 000 illégaux de la menace d’un renvoi


Las Vegas, Nevada, avril 2012 © loé

Environ huit cent mille jeunes illégaux venus enfants aux USA recevront des permis de travail, et verront ainsi s’éloigner la menace d’une déportation vers leur pays d’origine. Une décision reprenant l’esprit du DREAM Act, un projet de loi qui vise à permettre aux immigrants arrivés aux Etats-Unis alors qu’ils étaient mineurs d’obtenir un statut légal. Devant l’impossibilité de voir le DREAM Act  adopté par le Congrès, Barack Obama a annoncé le 15 juin un « Executive Order », soit un décret présidentiel consistant dans des mesures semblables. Le discours qui s’est tenu dans le Rose Garden de la Maison Blanche a immédiatement sucité une avalanche de réactions.

Cette décision éloigne la perspective d’un renvoi pour les personnes qui sont arrivées aux Etats-Unis avant leur 16 ans mais qui sont âgés de moins de 30 ans. Il faut en outre qu’ils aient séjourné au moins cinq ans aux USA, aient accompli un service dans l’armée, ou aient terminé la High School. Et bien sûr, ils ne doivent pas avoir de casier judiciaire.

Barack Obama a indiqué dans son discours favoriser ainsi une politique migratoire « plus équitable, plus efficace et plus juste ». Il a aussi indiqué souhaiter que le DREAM Act soit adopté, sans trop y croire semble-t-il…

Saluée par de nombreux groupes en faveur d’un assouplissement de la politique à l’égard des migrants, cette annonce intervient alors que des sondages montraient une désaffection croissante des latinos pour Barack Obama, un électorat crucial pour l’élection de novembre qui s’annonce serrée. L’essentiel des talk shows du reste de la journée ont été consacrés à cette nouvelle. De fait, cette nouvelle politique ouvre des portes pour des centaines de milliers de jeunes: privés des aides qui pouvaient leur permettre d’entrer dans les universités, ils devaient aussi faire face à l’impossibilité d’accéder à certains emplois. « La compétition pour les emplois et les entrées à l’Université va s’intensifier » estime le Washington Post.

Le DREAM Act, symbole de l’immobilité du Congrès?

Le DREAM Act (pour Development, Relief, and Education for Alien Minors), présenté au Sénat pour la première fois en 2001, a échoué pour la dernière fois en 2010. Voté par la majorité des sénateurs, il a été victime de la flibuste, une technique législative qui consiste à garder la parole indéfiniment devant le Congrès pour empêcher la tenue d’un vote. Pour être neutralisée, la flibuste requiert une majorité de 60 voix au Sénat. Elle est considérée par ses détracteurs comme une des raisons du blocage du processus législatif.  Un groupe de citoyen et d’immigrants a récemment déposé une requête devant un tribunal de Washington pour la faire abolir, au motif qu’elle permet de contourner la volonté de la majorité et permet à une minorité de bloquer toute évolution. Mais certains experts estiment peu probable que ce processus aboutisse à ce que la Cour suprême se prononce sur l’organisation interne du Congrès.

Photo: Soeur cadette de Lady Liberty regardant fixement le Tropicana, une torche allumée dans la main droite, et un roman de Hunter Thompson dans la main gauche. Las Vegas, Nevada, Loé, 2012
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