Interrompre le président est-il raciste?


« Pourquoi favoriser les étrangers par rapport aux travailleurs américains? » Cette question a fait de celui qui l’a posée une célebrité. Neil Munro, reporter du blog conservateur Daily Caller a interrompu Barack Obama lors de son discours dans le Rose Garden, annonçant de nouvelles mesures en faveur des immigrés sans statut légal. Le Président l’a sèchement rembarré puis a terminé son discours. Il a ensuite déclaré vouloir répondre, non sans rappeler qu’il apprécierait que le reporter attende la fin de sa déclaration la prochaine fois. Le reporter s’est par la suite vaguement défendu par communiqué en indiquant qu’il pensait que Barack Obama, à ce moment là, avait fini de parler.

De fait, le Président a la sale habitude de terminer ses discours en se retournant très vite pour quitter les lieux, la plupart du temps sans répondre aux questions criées par les reporters. Le patron du Daily Caller a donc vigoureusement défendu son journaliste en rappelant que poser des questions, c’était son travail. Seulement… C’est le Président. Et interrompre un Président de la sorte ne s’est jamais vu. Sur Twitter, beaucoup d’autres reporters ont rappelé leur collègue à l’odre.

Du coup, de nombreux commentateurs, dans les médias relativement libéraux comme MSNBC, n’ont pas hésité à se demander (même avec des gants) si un Président blanc aurait été traité de la sorte. L’incident du 15 juin a été comparé à un autre: le discours de septembre 2009 sur la réforme de l’assurance maladie, pendant lequel le républicain de Caroline du Sud Joe Wilson avait crié « Vous mentez! » à l’adresse du Président, soulevant une vague d’indignation (ça non plus, ça ne s’était jamais vu).

Dans Lean Forward, sur MSNBC, le présentateur a demandé à un expert de Politico, Joe Williams, si l’incident avait quelque chose à voir avec le fait que Barack Obama est le premier président noir. Voici ce qu’il a répondu: « C’est très difficile de mettre la question raciale hors de cause. Essentiellement parce que beacoup de ces impolitesses sont sans précédent (…) Beaucoup de gens suggèrent que c’est parce que les républicains ont tellement glissé à droite qu’ils se mettent à faire des choses jusque-là impensables. De mon point de vue, c’est difficile de séparer ça du fait que le président n’est pas comme les autres. Il y a à mon avis plus de ces incidents irrespectueux, et celui d’aujourd’hui en a agacé plus d’un ».

De fait, certains reporters ont demandé à ce que leur collègue soit « viré » des salles de presse de la Maison Blanche. S’il est peu probable qu’une sanction soit annoncée, les fans de the West Wing savent que les moyens de chicaner un reporter attaché à la Maison Blanche ne manquent pas…

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