Une taxe carbone fait son chemin dans l’ombre


Une coalition réunissant des acteurs de tous bords politiques en faveur d’une taxe carbone a tenu en secret le 11 juillet sa cinquième réunion depuis 2011. Et pas n’importe où: à Washington, dans les bureaux du think-tank conservateur AEI. C’est le blog climato-sceptique Globalwarming.org qui l’a annoncé hier et qui en fulmine encore aujourd’hui. Le blog de The Hill consacré à l’énergie reprend cette information et indique que les réunions font suite à l’échec, en 2010, de la loi sur le commerce des émissions de gaz à effets de serre.

Des scientifiques et politiciens progressistes et conservateurs ont pris part à la réunion. Un document a circulé faisant état explicitement d’une « lame duck initiative » qui vise à établir un agenda législatif et une stratégie de communication en faveur de l’adoption d’une taxe carbone lors du prochain mandat présidentiel. L’expression Lame Duck fait référence à la fin d’un mandat politique qui suit les élections pour le mandat suivant: ce temps pendant lequel le sortant, ayant déjà un successeur élu, peut plus librement prendre des initiatives risquées ou inattendues. En l’occurence, il s’agit là d’agir à long terme pendant l’éventuel second mandat de Barack Obama qui, n’ayant plus à préparer une réelection, pourrait plus facilement agir. Mais les promoteurs de la taxe semblent considérer que si le candidat républicain l’emportait, il serait lui aussi forcé d’agir sur le plan fiscal durant son mandat.

L’idée qu’une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre fasse partie d’une réforme de la fiscalité est donc peut-être entrain de faire son chemin. Un ex-représentant de Caroline du Sud, Bob Inglis, qui a perdu son siège après avoir été battu aux primaires républicaines de 2010 par un candidat du Tea Party, vient de lancer une réflexion pour concevoir des solutions conservatrices aux problèmes posés par le changement climatique. Et il est en faveur d’une telle taxe.

S’il ralliait une frange républicaine même modeste, ce travail « bi-partisan » pourrait s’avérer intéressant sur le plan international avant même d’avoir des effets concrets: même si les Etat-Unis ont fait preuve récemment d’initiative sur le plan du climat, l’opposition avec l’Europe reste forte en la matière. Les Américains ont par exemple accueilli plutôt fraichement la taxe carbone européenne sur le trafic aérien, comme l’expliquait récemment Le Temps. Pourtant, estime ce chercheur de Harvard, il y aurait de bonnes raisons pour les Etats-Unis de ne pas s’y opposer.

Les Etats-Unis viennent de connaître les six mois les plus chauds depuis que les températures sont relevées en 1895. Et un rapport de l’administration vient de lier l’importance des événements climatiques extrêmes de 2011 au changement climatique. Ce climat sera-t-il favorable à un changement politique?

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