Mitt Romney achève sa tournée internationale


Mitt Romney devait revenir en homme d’Etat, mais son voyage a provoqué une certaine perplexité. Sur le plan domestique, pourtant, il n’est pas certain qu’il en souffre beaucoup. Car il revient avec de l’argent et une théorie économique qui va plaire à beaucoup de conservateurs. 

 A peine arrivé à Londres, après avoir promis qu’il ne ferait pas l’impolitesse de critiquer Barack Obama depuis l’étranger, il a frisé la grossièreté en mettant en cause la préparation des Jeux Olympiques par ses hôtes. Le maire de Londres, Boris Johnson, l’a publiquement moqué, déclenchant quelques piques dans la presse britannique. Le même jour, il a refusé de préciser sa politique en matières d’affaires étrangères. Puis il a tenté de montrer son désintérêt pour les sports de nantis en déclarant qu’il ne « savait même pas quel jour » les chevaux de sa femme allaient concourir dans les épreuves olympiques, au risque de passer pour un goujat.

L’arrêt de Londres lui a tout de même rapporté deux millions de dollars, récoltés lors d’un événement avec des donateurs.

Il s’est ensuite rendu en Israel, où il était attendu par Sheldon Adelson, le magnat des casinos, troisième fortune d’Amérique, et un des plus gros donateurs connus de cette campagne, qui a déjà promis 10 millions de dollars (il avait soutenu Newt Gingrich lors des primaires). Le candidat républicain a fâché les Palestiniens en évoquant Jérusalem comme capitale d’Israel, mais surtout en déclarant que la culture n’était pas pour rien dans le contraste qui existe entre l’économie israélienne et celle des territoires occupés. Un proche du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a qualifié la remarque de « raciste ».

Dans la mesure où son hypothèse « culturelle » du développement économique s’applique aussi aux Etats-Unis et au Mexique, comme il l’a précisé, on devine que la déclaration n’était pas destinée au seul marché d’exportation. Si l’objectif du voyage dans l’Etat hébreu était de reprendre des voix à Barack Obama auprès de l’électorat juif américain, le dernier sondage Gallup sur la question ne laisse que peu d’espoir au républicain. Les votants juifs soutiennent Barack Obama contre Mitt Romney à 68% contre 25%. Et même si un très fort soutien à Israel est observable ici bien au-delà de la seule communauté juive, les responsables israeliens, eux, (le président Shimon Perez et le ministre de la défense Ehud Barak) ont récemment déclaré leur préférence pour Barack Obama.

Pour la troisième étape de son voyage, Mitt Romney a fait route vers Gdansk, en Pologne, où il a rencontré le symbole de la lutte contre le communisme, Lech Walesa, un soutien utile pour convaincre les catholiques américains. Mais dans un nouveau revers, Solidarnosc, la célèbre formation de Lech Walesa , a communiqué que ce soutien ne la concernait en rien (la formation ayant rompu avec son ancien leader).

Mardi, toujours en Pologne, c’est son équipe de communication qui a embarrassé Mitt Romney lors de l’hommage au soldat inconnu, à Varsovie. Alors que des reporters (qui n’ont pu poser que trois questions au candidat depuis le début du voyage) ont crié une question à Mitt Romney qui les a ignoré, un officier de presse a insulté la journaliste avant de lui demander « un peu de respect ». Il s’est par la suite excusé.

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