Campagne sur le Net – I. des réseaux sociaux à sens unique?


Pratiquement inusités il y a quatre ans, les médias sociaux sont désormais massivement investis par les républicains et les démocrates en campagne pour la Maison Blanche. Mais les partis les utilisent surtout pour délivrer leur message, et peu pour interagir avec le public. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par le Pew Research Center’s Project for Excellence in Journalism.

Après sa campagne novatrice de 2008 qui faisait d’Internet un outil majeur pour financer et mobiliser le mouvement qui l’a porté à la Maison Blanche, Barack Obama a conservé en 2012 son avantage numérique. L’étude montre qu’il publie quatre fois plus que son rival, et que ses « posts » (Sites web, Twitter, Facebook, YouTube…) donnent lieu à des réactions (vues, commentaires et partage) deux fois plus nombreuses. Obama et sa campagne ont twitté 29 fois par jour durant la période concernée, alors que Mitt Romney n’a publié qu’un tweet en moyenne.

En théorie, leur maîtrise des médias sociaux devrait permettre aux deux camps de s’engager dans des discussions substantielles. Pourtant, « les candidats font très peu usage de l’aspect social des médias sociaux », constatent les chercheurs.

Il y a pratiquement absence de contenu généré par les citoyens sur les plateformes utilisées par Mitt Romney. En ce qui concerne Barack Obama on en trouve uniquement sur le blog de son site Internet dont le contenu, par conséquent, peu être totalement contrôlé. Par ailleurs, les vidéos ont récemment été directement intégrées dans le site plutôt que de renvoyer vers YouTube, apparemment pour en améliorer la maîtrise.

Les interactions des candidats avec leurs commentateurs, suiveurs et autres fans sont assez rares: seuls 3% des tweets d’Obama étaient des retweets d’autres utilisateurs. Quant à Mitt Romney, il n’a eu qu’un RT à son actif: un message de l’un de ses fils.

Pour les auteurs de l’étude, l’utilisation croissante des réseaux sociaux manifeste donc le fait que les campagnes confient au public le rôle de relayer leur message, diminuant ainsi l’importance des entreprises médiatiques pour contrôler, critiquer et valider ces informations.

Participation politique renouvelée?

L’électeur-relai n’est pourtant pas voué à rester passif: le web social peut offrir de nouvelles formes de participation politique. Le site consacré à la plateforme républicaine est un exemple: Gopplatform2012 permet à tout un chacun de proposer des idées selon la structure du programme républicain. Au lieu d’un long document illisible accessible qu’aux accros de la politique, les sections du site permettent de s’orienter très facilement, de présenter une idée en rapport avec un sujet bien classé, et à voter pour les idées déjà présentées. Un site clair, simple, d’une grande souplesse, où il est tout aussi facile de faire une nouvelle proposition que de commenter.

Bien sûr, l’importance d’un site dépend entièrement de l’attention que le parti veut bien lui porter. Le programe du parti diffusé mardi n’en fait aucunement mention. Il sera facile d’objecter que les intervenants ne sont que quelques milliers, et qu’on ne vérifie pas leur appartenance républicaine. Quoi qu’il en soit, en pleine convention, l’idée qui reçoit le plus de « second » (un vote, dans le langage du site), se trouve dans la section « Sanctity of life » du sujet « Foi et valeurs familiales ». C’est celle de retirer du programme les propositions pour interdire l’avortement. Qui l’eût cru.

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