La clé de l’élection, c’est l’emploi. Ou autre chose.


L’explication la mieux ancrée dans les médias américains, ou dit autrement, le cliché le plus tenace, c’est que l’état de l’économie est le paramètre dominant du destin de la présidence. C’est peut-être vrai. La sécurité économique de la classe moyenne aux Etats-Unis a dégringolé après la crise des subprimes: jusqu’à 12% de chômage, de nouveaux emplois moins bien payés que ceux qui ont disparu, des quartiers entiers vidés de leurs habitants, et des millions de propriétaires qui vivent dans un bien qui ne vaut plus rien.

Mais estimer l’impact de cette économie souffrante dans l’élection semble difficile. Certes, quantité de sondages sur les préoccupations des Américains mettent l’économie en tête des paramètres qui vont les décider pour un camp ou un autre. Cependant, la campagne Romney semble avoir des difficultés à lier l’administration Obama à la stagnation économique, malgré un déluge continu de publicités consacrées à cette question dans les dix Etats qui compteront en novembre. Globalement, Obama reste en tête des sondages (la plupart du temps avec une avance inférieure à la marge d’erreur), et jouis d’un niveau de popularité supérieur au taux d’approbation de sa politique.

La stratégie de Barack Obama est, elle, tiraillée entre la nécessité de démontrer que tout ne va pas mal, et la possibilité d’imputer à un Congrès oppositionnel le « retard » dans les réformes qui auraient permis d’espérer une croissance soutenue (infrastructures, fiscalité, éducation).

Dès lors, les chiffres mensuels du chômage global, utilisés comme baromètre des chances de Barack Obama d’obtenir un nouveau mandat, paraissent un indicateur un peu décalé. La carte du chômage par Etat en juillet montre à quel point la situation des Etats-Unis n’est pas homogène. Le taux de chômage varie du simple au quadruple: il est de 3% dans le Dakota du Nord, qui connaît un boom pétrolier, et de 12% au Nevada. Certains des Etats les plus atteints sont gouvernés par les démocrates (Californie, New York), mais ce n’est pas le cas dans le sud est, également fortement touché. La situation est d’ailleurs si complexe qu’au sein du parti républicain, certains cercles se sont inquiétés du fait d’imputer trop de responsabilités (ou de mérites) à Barack Obama dans une économie qui va, par certains aspects et dans certains coins du pays, mieux qu’il y a quatre ans.

Chômage dans quelques Swing States: du pic de la crise à aujourd’hui

  • Ohio – janvier 2010: 10.6% – juillet 2012: 7.2%
  • Floride – février 2010: 11.4% – juillet 2012: 8.8%
  • Pennsylvanie – avril 2010: 8.6% – juillet 2012: 7.9%
  • Colorado – mars 2010: 9% – juillet 2012: 8.3%
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