Bill Clinton: discours de Charlotte (intégral)


La Convention démocrate de Charlotte, début septembre, s’est déroulée sans aspérités notoires, conformément au script livré à l’avance. Mais le discours qu’y a donné Bill Clinton restera peut-être dans l’histoire comme un coup de pouce déterminant pour que Barack Obama obtienne sa réélection. Critiqué pour avoir taclé Obama il y a quelques mois, l’ancien président dresse cette fois un portrait de la politique américaine des quatre dernières années élogieux, pédagogique, fleurtant souvent avec le paternalisme typique de ce type d’intervention destinées à « la classe moyenne ».

Bien sûr, le regard de Bill Clinton est calibré pour coller à la campagne démocrate. Il y a travaillé des jours entiers comme il l’a dit plus tard. Mais en détaillant le bilan de Barack Obama sans fuir une certaine complexité, il livre clé en main un argumentaire solide, détaillé, qui offre un contraste saisissant avec ce qui fait l’essentiel de la campagne: les bagarres au gourdin que se livrent localement à coup de pubs bricolées les superPACS gonflés par les grosses fortunes du pays. (Politico y consacre une série d’articles: The Billion-Dollar Buy)

Enfin, la qualité du discours livré par Bill Clinton a fait penser à certains qu’il n’était peut-être pas aussi désintéressé que ça: son épouse, Hillary Clinton, serait très bien placée si elle briguait la présidence en 2016. Elle se dit fatiguée et ne veut plus de son poste de Secrétaire d’Etat. Mais questionné, Bill n’exclut rien, après un temps de repos. Et il compare même sa femme à Sisyphe, c’est dire.

Discours de l’ancien président Bill Clinton

Devant la convention démocrate de Charlotte, Caroline du Nord, le 5 septembre 2012. Version traduite à partir de la transcription du New York Times.

Monsieur le Maire, amis Démocrates,

Nous sommes ici pour désigner un candidat à la présidence. J’en ai un à l’esprit. Je veux désigner un président dont la vie a connu sa part d’incertitude et d’adversité. Je veux désigner un homme qui était candidat pour changer le cours d’une économie déjà affaiblie, et qui, six mois avant son élection, a connu la plus grave crise depuis la Grande Dépression. Un homme qui a stoppé la glissade vers la récession et nous a remis sur la voie de la croissance, en sachant qu’en dépit du nombre d’emplois qu’il pourrait sauver ou créer, des millions de personnes attendraient encore, inquiets de savoir comment nourrir leurs enfants, en s’accrochant à leurs espoirs.

Je veux désigner un président qui a l’air détendu, mais qui brûle pour l’Amérique.

Je veux quelqu’un qui n’a aucun doute sur le fait que nous pouvons reconstruire l’économie du rêve américain, sur la base de l’innovation et de la créativité, mais aussi par l’éducation et – oui – la coopération.

Et, au fait, après le discours d’hier soir, je veux un président qui a eu le bon sens d’épouser Michelle Obama !

Vous l’avez compris, je veux que Barack Obama soit le prochain président des Etats-Unis. Je le considère fièrement comme le chef de file du Parti Démocratique.

A Tampa, il y a quelques jours, on a entendu pas mal de discours – tous prétendants que les démocrates ne croient pas à la libre entreprise et à la responsabilité individuelle, encouragent la dépendance au gouvernement, et sont nuisibles à l’économie.

A propos des républicains

Cette histoire républicaine – cet univers parallèle – les décrit eux même comme des self made men. Bob Strauss, un des plus grands leaders démocrates, avait l’habitude de dire que tous les politiciens veulent faire croire aux électeurs qu’ils sont nés dans une cabane qu’ils ont construits eux-même. Mais comme Strauss l’admettait lui-même, c’est faux !

Nous les démocrates, nous croyons que le pays fonctionne mieux avec une classe moyenne forte, avec des possibilités pour les plus pauvres d’y accéder, avec l’attention portée sur le futur et sur une collaboration entre le gouvernement et le secteur privé pour promouvoir la croissance et le partage de la prospérité. Vous voyez, nous pensons que « Nous sommes tous sur le même bateau », c’est une meilleure philosophie que « débrouillez-vous ».

Alors, qui a raison ? Eh bien, depuis 1961, c’est à dire depuis 52 ans, les républicains ont tenu la Maison Blanche 28 ans, les démocrates 24. Durant cette période, notre économie a créé 66 millions d’emplois dans le secteur privé. Regardons les scores : Républicains, 24 millions ; démocrates, 42 millions. Il y a une raison à cela : il se trouve que promouvoir l’égalité des chances est tout à la fois moralement juste et économiquement bénéfique. Pourquoi ? Parce que la pauvreté, les discriminations et l’ignorance freinent la croissance. En limitant le potentiel des gens, en n’investissant pas dans de nouvelles idées, ça n’affecte pas juste les personnes concernées, mais nous tous. Nous savons bien que les investissements dans l’éducation, les infrastructures et la recherche stimulent la croissance. Ils augmentent  le nombre d’emplois et créent de la richesse pour tous.

J’ai remarqué quelque chose dernièrement. Vous aussi, probablement. J’ai grandi à une autre époque, mais malgré que j’aie souvent eu des désaccords avec les républicains, je n’ai jamais appris à les haïr de la manière dont l’extrême droite qui contrôle désormais le parti hais le président et beaucoup d’autres démocrates.

Ça aurait été de toute façon impossible pour moi, car c’est le Président Eisenhower (1953-1961, républicain) qui a envoyé l’armée dans mon Etat (l’Arkansas) pour protéger l’intégration des afro-américains à l’école de Little Rock (en 1957 http://www.nps.gov/chsc/historyculture/index.htm). Eisenhower a aussi initié le réseau d’autoroutes inter Etats. Quand j’étais gouverneur, j’ai travaillé avec le Président Reagan et son administration pour la première vague de réforme de la sécurité sociale, et avec le Président George H.W. Bush dans le domaine de l’éducation. Je suis très reconnaissant, et vous devriez l’être aussi, du soutien de George W. Bush pour PEPFAR (President’s Emergency Found for Aids Relief). Ça a sauvé des millions de vies dans les pays pauvres. Et j’ai été honoré de travailler avec le Président Bush dans le domaine des catastrophes naturelles, après le Tsunami, après Kathrina, et après le tremblement de terre en Haïti. A travers ma fondation, je travaille partout dans le monde avec des démocrates, des républicains et des indépendants. Des fois je ne pourrais pas vous dire avec qui je travaille parce qu’on est concentré sur le fait de résoudre des problèmes et de saisir des opportunités, et pas de se battre tout le temps.

Les blocages de Washington

Donc voilà ce que j’ai à vous dire, et voilà à quoi j’aimerais que les gens, chez eux, réfléchissent. Quand les temps sont durs et que les gens sont frustrés, fâchés et désécurisés, la querelle politique a peut-être du bon. Mais ce qui est bon en politique ne réussit pas toujours dans la réalité. Ce qui marche, en réalité, c’est la coopération, entre le privé et le public, entre les fondations et les universités.

Demandez aux maires qui sont ici. Los Angeles tourne au vert, et Chicago voit des infrastructures s’implanter parce que républicains et démocrates ont travaillé ensemble pour réussir. Ils n’ont pas fait d’examen de conscience avant de collaborer. Ils n’ont pas cessé d’avoir des opinions divergentes. Mais ils avaient pour but que les choses se fassent.

Pourquoi la coopération fonctionne-t-elle mieux que le conflit ?

Parce que personne n’a raison tout le temps. Mais même une montre cassée est juste deux fois par jour. Chacun d’entre nous passons notre vie entre ces deux extrêmes, sachant que nous n’allons pas toujours avoir raison, tout en espérant avoir raison plus de deux fois par jour.

Malheureusement, ceux qui dominent le parti républicain ne pensent pas comme ça. Ils pensent que le gouvernement est un ennemi, qu’ils ont toujours raison et que le compromis s’apparente à la lâcheté. Lors des dernières élections, ils ont renvoyés deux méritants sénateurs républicains, parce qu’ils ont collaborés avec les démocrates sur une question aussi fondamentale pour l’avenir du pays que la Sécurité nationale. Ils ont renvoyé un républicain 100% conservateur juste parce qu’il a dit qu’il n’avait pas besoin de haïr le président pour être en désaccord avec lui.

Une des raisons essentielles pour lesquelles nous devons réélire le Président Obama, c’est qu’il est toujours aquis à la constitution d’un compromis. Regardez ce qu’il a fait. Il a engagé des républicains à la défense, à l’armée et aux transports. Il a pris comme vice-président quelqu’un qui a concouru contre lui en 2008. Et il a fait suffisamment confiance à ce vice-président pour lui confier la fin de la guerre en Irak et la mise en œuvre du Recovry Act. Joe Biden a fait un bon travail dans les deux dossiers. Le Président Obama a confié plusieurs portefeuils à des gens qui avaient pourtant soutenu Hillary Clinton pendant les primaires.

Sur la sécurité nationale

Je suis très fier d’elle. Je suis très fier du travail qu’elle et l’équipe de la sécurité ont fait pour l’Amérique. Je leur suis reconnaissant d’avoir travaillé à nous rendre plus fort, plus en sécurité, et pour faire en sorte que nous ayons dans le monde plus de partenaires et moins d’ennemis. Je suis reconnaissant de la relations de respect et de partenariat qu’elle et le Président on pu construire, et du message qu’ils ont envoyé au monde : la démocratie n’est pas un sport sanglant, c’est une noble entreprise qui favorise l’intérêt public.

Au delà de l’équipe de la sécurité nationale, je suis très reconnaissant aux hommes et aux femmes qui servent leur pays en uniformes par ces temps difficiles. Et je suis spécialement reconnaissant envers Michelle Obama et Gill Biden pour le soutien aux familles des soldats déployés outre-mer. Et aussi pour soutenir les vétérans quand ils reviennent à la maison, en ayant besoin de soins, d’instruction ou de logements.

Le bilan de Barack Obama en termes de sécurité est une démonstration de sa fermeté, de son jugement et de sa préférence pour la négociation et le partenariat entre les partis. C’est ce dont nous avons le plus besoin à Washington.

Maintenant, on sait bien qu’il a aussi essayé de travaillé avec les républicains du Congrès sur la santé, la réduction de la dette et les emplois. Ça n’a pas bien marché. Mais ça aurait pu, car comme l’a dit le leader républicain du Congrès dans un remarquable instant de candeur, leur priorité numéro un n’était pas de remettre l’Amérique au travail, mais de mettre le Président au chômage.

Sur la campagne républicaine

Sénateur, je vous le dis, on va laisser le président Obama faire le boulot. Etes-vous prêts pour ça ?

A Tampa – Vous avez tous regardé leur convention ? Moi oui. A Tampa, l’argument des républicains contre la réélection du président était plutôt simple : « On a laissé un sacré bordel. Il n’a pas nettoyé assez vite. Virez-le et remettez-nous à sa place».

Ils ont bien fait ça : les discours étaient solides, ça passait bien, ils m’ont convaincu qu’ils aimaient leur famille, leurs enfants, qu’ils étaient reconnaissants d’être nés en Amérique et tout ça. C’est important : ils m’ont convaincu qu’ils étaient des gens honorables qui croient à ce qu’ils disent et qui veulent tenir les promesses qu’ils font. Mais je veux juste être sûr que les Américains sachent ce que sont vraiment ces promesses. Parce que pour qu’ils puissent passer pour une alternative crédible, raisonnable et modérée au Président Obama, ils n’ont pas dit grand chose des idées qu’ils ont défendu au cours des deux dernières années.

Ils ne peuvent pas, parce que ce qu’ils veulent, c’est la même politique qui nous a mis dans cette situation. Ils veulent diminuer les impôts pour les Américains à haut revenus, encore plus que le Président Bush ne l’a fait. Ils veulent se débarrasser de la régulation financière sensée prévenir un autre crash et interdire de futurs sauvetages. Ils veulent augmenter les budgets de la défense de la prochaine décennie de deux billions en plus de ce qu’a réclamé le Pentagone, sans dire comment ils allaient les dépenser. Et ils veulent faire d’énormes coupes dans le reste du budget, spécialement dans les programmes qui aident la classe moyenne et les enfants pauvres.

Are you better off today ?

J’aime beaucoup plus l’argument du présidentpour sa réélection. Le voici : il a hérité d’une économie durement touchée ; il a stoppé le crash, il a commencé la longue route vers la reprise, et construit les fondations pour une économie moderne et efficace qui produit des millions d’emplois, de nouvelles entreprises et qui créera beaucoup d’innovations.

Est-ce que nous en sommes là ou nous voulons être aujourd’hui ? Non. La présidence est-elle satisfaite ? Evidemment non. Mais est-ce qu’on s’en sort mieux ? Quand Barack Obama a pris ses fonctions, l’économie était en chute libre. Le produit intérieur brut avait perdu 10 % et on perdait 750 000 emplois par mois.

Alors, est-ce qu’on s’en sort mieux aujourd’hui? La réponse est oui.

Voilà le défi qu’il doit relever, et le défi que doivent relever tous ceux qui le soutiennent : je le sais, j’ai été à cette place. Beaucoup d’Américains sont fâchés et frustrés à cause de l’économie. Mais si vous regardez les chiffres, vous savez que l’emploi est en croissance, que les banques recommencent à prêter. Et dans beaucoup d’endroits, même les prix de l’immobilier recommencent à monter.

Mais trop de gens ne le sentent pas. J’avais le même problème en 94 et 95 : on voyait que les politiques que nous menions commençaient à marcher, que l’économie était en croissance. Mais la plupart des gens ne le sentaient pas encore. Heureusement, courant 96, les gens ont commencé à le sentir, et nous étions à la moitié de la plus longue période de croissance en temps de paix que les Etats-Unis avaient connu. La différence aujourd’hui est purement circonstancielle : Le Président Obama a commencé avec une économie bien plus faible que moi. Ecoutez-moi : aucun président, ni moi, ni aucun de mes prédécesseurs, personne n’aurait pu réparer le dommage en quatre ans.

Mais il a posé les fondations d’une économie moderne et d’une prospérité partagée. Et si vous prolongez le contrat du président, vous allez le sentir.

Le sort de l’élection dépendra du fait que les gens y croient. Moi j’y crois, de tout mon cœur. Pourquoi ?

J’y crois parce que l’approche du Président incarne les valeurs, les idées et la direction que l’Amérique  doit prendre pour construire une version du XXIè Siècle du Rêve américain. Un pays dans lequel les chances, les responsabilités et la prospérité sont partagées.

Création d’emplois

En 2010, quand le programme de relance démarrait, la perte d’emplois a stoppé et la tendance a commencé à s’inverser. Le programme de relance a sauvé ou créé des milliers d’emplois et diminué les impôts – laissez moi le redire, diminué les impôts pour 95% des Américains. Lors des 29 derniers mois, notre économie a produit 4 millions et demi de nouveaux emplois dans le secteur privé. On aurait pu faire mieux, mais la dernière année, les Républicains ont bloqué le programme pour l’emploi, ce qui a couté à l’économie plus d’un million de nouveaux emplois. Donc voilà un autre score : Président Obama, plus 4 millions et demi. Républicains du Congrès : zéro.

Durant cette période, plus de 500 000 emplois ont été créé dans des usines. C’est la première fois que ce type d’emplois augmente depuis les années 90. Et la restructuration de l’industrie automobile a marché. Ça a sauvé plus d’un million d’emplois, et pas juste pour General Motors, Chrysler et leurs vendeurs, mais aussi à toute l’industrie des pièces détachées dans le pays.  C’est pour cette raison que même les marques automobiles qui n’étaient pas dans le deal l’ont soutenu. Ils avaient besoin de ces sous-traitants. C’est ce que je disais, nous sommes tous dans le même bateau.

Bien. Maintenant nous savons tous que le Gouverneur Romney s’est opposé au plan pour sauver General Motors et Chrysler. Voilà donc un autre score : vous m’écoutez, au Michigan, en Ohio et ailleurs ? Obama : 250 000, Romney : zéro.

Maintenant, l’accord que l’administration a conclu avec les fabricants, les syndicats et les groupes environnementaux de diminuer de moitié la consommation d’essence, c’est un bon accord aussi : il diminuera de moitié votre facture d’essence, et ça va nous rendre moins dépendants de l’énergie étrangère, et diminuer les émissions de gaz à effet de serre. En vingt ans, selon certaines analyses, ça pourrait rapporter 500 000 nouveaux emplois à l’économie américaine.

La politique énergétique du Président est aussi bénéfique. Le boom dans la production de pétrole et de gas combinée avec une plus grande efficience, conduit aux plus basses importations de pétrole sur 20 ans, et à la plus grosse production de gaz naturel. Par ailleurs, la production d’énergie renouvelable a doublé.

L’éducation

Bien sûr, on a besoin de plus de nouveaux emplois. Mais il y a déjà plus de trois millions de postes inoccupés, essentiellement parce que les gens qui les convoitent n’ont pas les compétences requises. Ainsi, alors que nous créons plus d’emplois, nous devons aussi former plus d’Américains aux métiers concernés. La vieille économie ne va pas revenir. Nous devons en construire une nouvelle, et former les Américains à ces nouveaux emplois.

Le Président, – le Président et son secrétaire à l’éducation ont soutenu l’effort commun des employeurs et des écoles pour former les gens aux postes à disposition dans leur milieu. C’est plus important encore après une décennie pendant laquelle l’explosion du coût des universités à entrainé un taux d’abandon tel que nous sommes tombés aux seizième rang mondial par le nombre de nos jeunes bénéficiant d’un diplôme universitaire. Les mesures du président pour les bourses d’études sont donc plus importantes que jamais. Voilà ce qu’elles entrainent. Et vous devez en parler partout autour de vous. Elles baissent le coût des prêts fédéraux. Et elles donnent le droit aux étudiants de les rembourser sur vingt ans à un taux bas et fixe. Pensez à ce que ça signifie : ça signifie que personne ne devrait avoir à quitter l’université par peur de ne pas pouvoir honorer ses dettes. Ça veut dire que si quelqu’un veut prendre un emploi avec un bas salaire, comme enseignant, policier, médecin dans une petite communauté rurale, il n’aura pas à les refuser par crainte qu’il soit insuffisant pour rembourser. Leurs obligations seront déterminées par leur salaire. Ça change le futur de la jeunesse américaine. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je sais qu’on s’en sort mieux parce que Barack Obama a pris les bonnes décisions.

La santé

Tout ça m’amène à la santé et à, comme les républicains l’appelle, l’Obamacare. Ils disent que c’est une mainmise du gouvernement, un désastre, et que dès qu’ils seront élus, ils nous en débarrasseront. Ont-ils raison ? Non. Voyons ce qui s’est passé jusque-là.

Premièrement, les contribuables et les entreprises ont déjà récupéré plus d’un milliard de dollars, parce que la loi prévoit que 80 à 85% de votre cotisation aille aux soins, et non au profit ou à la publicité. Et les gains sont même plus grands parce que des compagnies ont baissé leurs prix pour s’aligner sur cette décision. Deuxièmemement, plus de trois millions de jeunes gens entre 19 et 25 ans sont assurés pour la première fois puisqu’ils peuvent être pris en charge par l’assurance de leurs parents. Troisièmemement, des millions de seniors reçoivent des soins préventifs, du screaning du cancer du sein au tests pour détecter des problèmes cardiaques, entre autres. Quatrièmement, les compagnies auront bientôt des millions de nouveaux clients, pour beaucoup des gens de la classe moyenne avec des problèmes médicaux, qui n’auraient jamais pu se permettre une assurance jusqu’ici.

Pour finir, écoutez ça : après avoir augmenté trois fois plus vite que l’inflation pendant 10 ans, les coûts de la santé ont augmenté de moins de 4% ces deux dernières années pour la première fois en 50 ans.

Alors pensez-vous qu’on s’en sort mieux grâce au combat du Président Obama pour l’accès au soins ? Bien sûr.

Réponse à deux attaques républicaines

Maintenant, il y a eu deux autres attaques contre le président à Tampa qui, je pense, méritent une réponse :

Premièrement, autant le Gouverneur Romney que le Député Ryan ont accusé le président de dérober 716 milliards du programme Medicare (les soins pour les seniors). C’est la même attaque que celle qu’ils ont faite au Congrès en 2010 et qui a obtenu beaucoup de voix. Mais elle est fausse.

Voyez ce qui arrive vraiment et vous en serez juge : il n’y a aucune suppression de ces aventages : Ce que le Président a fait, c’était économiser de l’argent en suivant les recommandations d’une commission de professionnels : couper des subsides non garantis et qui n’étaient pas nécessaires aux compagnies et aux fournisseurs de soins. Ça permet de prolonger la durée de solvabilité du fond Meidcare de 8 ans, jusqu’en 2024. Donc le Président et les démocrates n’ont pas affaibli Medicare, ils l’ont renforcé.

Quand le Député Ryan a regardé droit dans la caméra pour accuser le Président de dépouiller cyniquement Medicare de 716 milliards de dollars, je ne savais pas s’il fallait rire ou pleurer car 716 milliards, c’est au dollars près la même somme qu’il veut faire économiser à Medicare dans son propre budget. Il faut y aller pour attaquer quelqu’un pour faire ce que vous préconisez. Bon, vous rigolez bien mais maintenant redevenons sérieux.  C’est important parce que beaucoup de gens croient ces trucs.

Au moins sur une question, Mitt Romney s’est montré constant : lui aussi attaque le Président Obama, mais il veut vraiment annuler ces économies et redonner l’argent aux compagnies d’assurance. Il veut revenir à l’ancien système dans lequel les seniors payaient trop et il veut raccourcir de huit ans la viabilité du programme. S’il est élu et fait ce qu’il a promis, Medicare ne sera plus solvable en 2016. Ça veut dire qu’on aura pas à attendre le fameux plans de bons qu’ils veulent introduire en 2023. On y sera avant. Mais il y a pire : ils veulent limiter Medicaid (l’accès aux soins pour les plus pauvres) et le couper d’un tiers dans les 10 ans.

Bien sûr, ça va toucher beaucoup d’enfants pauvres. Mais ce n’est pas tout. Beaucoup de gens ne le savent pas, mais presque deux tiers de Medicaid sont dépensés dans les établissements médico sociaux. Ça va mettre fin au Medicare que nous connaissons. Or beaucoup de cet argent est dépensé pour les familles de la classe moyenne qui ont des enfants autistes ou avec le syndrome de Down, et si ça arrive, je ne sais pas comment vont faire ces familles.

Moi, je sais ce que je vais faire. Je vais tout faire pour que ça n’arrive pas. On ne peut pas laisser faire ça.

Maintenant voyons l’autre grande attaque qu’ont porté les républicains. Ils disent, et ils l’ont fait dans des pubs, que le Président Obama veut diminuer les exigences de travail dans la réforme de la sécurité sociale que j’ai signé et qui a remis des millions d’Américains au travail. Personne n’a jamais vraiment dit ce qui s’était passé. Voilà ce qui s’est vraiment passé.

Quand des gouverneurs républicains ont demandé des dérogations pour essayer de nouvelles manières de remettre les gens au travail, l’administration a écouté parce qu’elle sait que ces temps, il est difficile de remettre les gens au travail, même ceux qui ont un bon CV. L’administration était prête à accorder des dérogations si on lui présentait un plan crédible pour faire sortir plus de gens du chômage. Les gouverneurs pouvaient garder ces dérogations seulement s’ils parvenaient à remettre plus de gens au travail. Ais-je été clair ? Ces dérogations étaient pour plus de travail, pas moins.

Pour moi, c’est personnel. On a sorti des millions de gens de l’assistance. C’est une des  raisons pour lesquelles, pendant mes huit ans de présidence, nous avons sorti plus de gens de la pauvreté que pendant les 12 ans précédents. Ce n’est pas rien ! Mais je le répète, l’assertion qui veut que le Président Obama a affaibli la réforme est fausse.

Pourtant ils continuent de diffuser ces pubs, Vous voulez savoir pourquoi, ? Leur sondeurs disent : « On ne va pas se laisser dicter notre campagne par des facts-checker ». C’est malheureusement vrai. Je n’aurais pas pu le dire mieux moi-même.

J’espère que chaque Américain qui m’entend s’en rappellent à chaque fois qu’ils voient ces pubs, et que ça devienne un argument pour réélire Barack Obama. Et que nous gardions à l’esprit ce principe fondamental d’aider toutes les personnes qui peuvent avoir un travail à en trouver un le plus vite possible.

La dette publique

Maintenant, parlons de la dette. Aujourd’hui, les taux d’intérêts sont bas. Plus bas que l’inflation. Les gens nous payent pratiquement pour nous confier leur argent.

Mais ça deviendra un vrai problème quand l’a croissance économique et les taux d’intérêts augmenteront. Nous devons gérer ce problème de dette à long terme, ou il sera réglé malgré nous. Il va avaler un pourcentage de plus en plus grand du budget fédéral que nous devrions plutôt dépenser dans l’éducation, la santé, la science et la technologie.

Qu’a fait le président ? Il a offert un plan raisonnable de 4 billions de réduction sur une décennie, avec 2 billions et demi qui viendraient de coupes budgétaires, et 1 de revenus. C’est une forme d’approche équilibrée qui était proposée par la commission bi-partisanne Simpson-Bowles. Ce plan est bien meilleur que celui du Gouverneur Romney. Premièrement parce que le plan n’a pas passé le test de la responsabilité fiscale. Les chiffres ne jouent juste pas.

Ce que feront les républicains

Je veux dire, vous feriez quoi avec un tel problème ? Quelqu’un dit « On a un gros problème de dette, il faut la réduire ». Bon, alors pour réduire la dette, on va commencer par diminuer les taxes de 5 billions, essentiellement en faveur des plus riches. Donc on va approfondir le trou avant de commencer à en sortir. Et comment veulent-ils le combler ? En supprimant les vides juridiques dans la loi fiscale. Alors on leur demande lesquels, et combien ? Et que répondent-ils ? « On verra après les élections. » Je n’invente rien, c’est leur position : revenez après les élections.

Les gens me demandent toujours comment on a fait pour avoir un excédent budgétaire quatre ans de suite. Quelles nouvelles idées on a amené à Washington. Ma réponse tient en un mot : l’arithmétique. S’ils s’en tiennent à leur plan de 5 billions de réduction d’impôts, l’arithmétique nous apprend que l’une de ces trois choses va arriver : en admettant qu’ils fassent ce qu’ils disent, ils devront supprimer tant de déductions, comme celles sur les dons et celle sur les dettes immobilières, que la plupart des familles de la classe moyenne verront leurs impôts augmenter de 2000 dollars, tandis que tout ceux qui gagnent plus de 3 millions verront leur feuille d’impôt diminuer de 250 000 dollars. Ou alors, ils devront faire tellement de coupes que ça supprimerait le budget pour les parcs nationaux, pour la qualité de l’air et de l’eau, pour la sécurité alimentaire et la sécurité du transport aérien. Ils vont couper les bourses, les prêts étudiants, l’éducation des petits enfants, les programmes de nutrition, tous les programmes qui aident la classe moyenne et les plus pauvres à s’en sortir. Ils couperont aussi dans le budget des routes, des ponts, de la science, de la recherche médicale.

Ou, enfin, ils feront juste ce qu’ils ont fait pendant 30 ans : ils vont couper les taxes bien plus que les dépenses, spécialement en augmentant le budget de la défense, faire exploser la dette et affaiblir l’économie. Et ils vont détruire la capacité du gouvernement à vous aider, et laisser tous vos impôts être engloutis par le service de la dette.

N’oubliez pas que la politique économique républicaine a fait quadrupler la dette dans les 12 ans qui ont prédédé mon arrivée à la Maison Blanche, et l’ont doublée dans les huit ans qui ont suivi mon départ.

Durant nos débats, c’était un inconvénient pour eux, que je sois juste un jeune campagnard de l’Arkansas, et que je viennent d’un coin où les gens pensent encore que deux et deux font quatre.

Nous ne pouvons pas nous permettre de redonner les rênes du gouvernement à quelqu’un qui va nous couler. Le plan du Président Obama diminue la dette, honore nos valeurs, éclaircit le futur de nos enfants, de nos familles et de notre pays. C’est un bien meilleur plan.

Il passe le test arithmétique, et plus important, il passe le test des valeurs. Mes chers Américains, dans cette grande arène et chez vous derrière votre télévision, quand nous voterons dans cette élection, nous déciderons dans quel pays nous voulons vivre. Si vous voulez une société égoïste où les plus aisés s’en sortent au détriment des autres, vous devriez soutenir le ticket républicain. Mais si vous voulez un pays ou les chances et les responsabilités sont partagées et dans lequel le vivre-ensemble est une valeur fondamentale, vous devriez voter pour Barack Obama et Joe Biden.

Le droit de vote

Si vous voulez que chaque Américain puisse voter et que vous estimez injuste de changer les procédures de vote juste pour limiter le nombre de nouveaux votants plus jeunes, pauvres, issus des minorités ou handicapés, vous devez soutenir Barack Obama.

Si vous pensez que le Président a eu raison de redonner une chance à tous ces immigrants venus quand ils étaient petits, de servir dans l’armée et aller à l’uUniversité, vous devez voter pour Barack Obama. Si vous voulez une prospérité partagée, dans laquelle la classe moyenne croit et la pauvreté décline, où le rêve américain est vivant et qui maintient son leadership pour emmener le monde vers plus de justice et de prospérité, vous devez voter pour Barack Obama.

J’aime tellement ce pays. Je sais que nous nous remettrons. Pendant plus de 200 ans, après chaque crise, nous nous sommes remis. Les gens ont toujours prédis notre disparition depuis le temps ou George Washington était critiqué comme homme de pouvoir médiocre affublé de fausses dents en bois. Et jusqu’à maintenant, tous ceux qui ont parrié contre l’Amérique ont toujours perdu leur mise, parce que nous revenons toujours. Un peu plus forts, un peu meilleurs. Il en est toujours ainsi parce que nous décidons toujours, finalement, de soutenir la cause pour laquelle nos pères fondateurs ont consacré leurs vies, leur fortune et leur honneur, la formation d’une Union plus parfaite.

Mes chers concitoyens, si c’est ce que vous voulez, si c’est ce que vous croyez, vous devez voter et réélire Barack Obama. God Bless you and God Bless America…

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