Retour au vestiaire


Donc, le superbowl de la politique, c’était hier. Mitt Romney l’a emporté sur Barack Obama. A mesure que la nuit s’éloigne à Denver, les analyses d’après-match se font un peu moins embuées. Je vous propose d’en parcourir quelques-unes.

Les occasions manquées: le New Yorker a produit quelques « brefs » coups de plumes, dont ce passage en revue des tirs de Romney qu’Obama aurait pu arrêter: Mitt a promis de couper les subsides de PBS, la chaîne publique. Sa deuxième proposition d’économie après l’Obamacare qui vaut cette référence désormais célèbre: « I like big bird, and actually I like you too (Jim) ». Big Bird? Dans la famille Sesame Street, demandez le truc en plumes jaunes. Jim, c’est le modérateur, vétéran de la chaîne et de sa News Hour dont la première version date de 1975. Barack Obama aurait pu mentionner, comme ça a vite été fait sur Twitter, que PBS avait une incidence budgétaire « modeste », de 0,012%. Le Magazine cite aussi l’absence, pendant le débat, de problématiques qui ont embarrassé Mitt Romney durant l’année qu’a déjà duré la campagne: la secrétaire de Warren Buffet, la vidéo des 47%, etc… Enfin, Barack Obama a étrangement suggéré que sur la sécurité sociale, Mitt Romney et lui avaient la même position. Plutôt curieux, stratégiquement parlant, étant donné que sur ce point, Mitt Romney a déjà fait des faux pas qui auraient pu servir.

Le retournement: Obama était vraiment mauvais, pour ce commentateur du DailyBeast, mais ce qui le surprend le plus (comme beaucoup de monde), c’est le mordant de Mitt Romney, qu’il a réussi à garder pendant une heure et demi sans s’abandonner comme parfois à la condescendance et à la froideur. Comment est-il redevenu aussi efficace? Pour l’éditorialiste, c’est simple: il a simplement démenti tout ce qu’il a dit pendant la campagne, ou presque. Apparemment, Barack Obama ne l’a pas vu venir. Mitt Romney s’est soudain re-transformé en Gouverneur modéré du Massachusetts.

Mitt le magnifique: Mitt Romney était tellement bon que les plus surpris sont encore les républicains eux-même: « Obama et Romney sont en campagne depuis 2006. Je pense que c’était le meilleur débat de Romney et le pire d’Obama », explique le commentateur de la National Review (vous ai-je dit que la National Review avait été lancée à New York en 1955 par l’auteur de « God and Man at Yale », fondement intellectuel du mouvement conservateur de la fin du XXè Siècle?). Bref, ils sont contents: « le Président s’est comporté comme s’il briguait un siège ouvert, se plaignant de la souffrance des gens comme si ce n’était pas lui qui était en charge ».

Pour les boulimiques, la production du jour, au Daily Beast.

Photo: Pendant le débat. Barrio Latino, West Haven, Connecticut. © 2012 – loé

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