Politique étrangère de Mitt Romney: le discours de l’école militaire de Virginie


Mitt Romney a livré lundi un discours détaillant son projet en politique étrangère, que vous pouvez lire ci-dessous traduit en intégralité. Sachez, avant de le lire que le discours a été jugé assez sévèrement par les commentateurs. On peut lire une aide à la lecture du New York Times, qui estime que « chaque paragraphe ou presque nécessite des précisions ». Les voici donc. A Slate, on considère que le discours fait partie des plus malhonêtes livrés par Mitt Romney.

Voilà. Je signale aussi que je vous ai épargné, à quelques reprises, les nombreuses reprises destinées de manière trop évidente aux durs de la feuille. Je me suis basé sur la transcription du Daily Beast. 

Discours de Mitt Romney sur la politique étrangère, à l’Institut militaire de Virginie, le 8 octobre 2012.

J’ai apprécié l’introduction de mon ami et infatigable compagnon de campagne, le Gouverneur Bob McDonnel. Il démontre ce que le leadership conservateur peut faire pour construire une économie plus forte.

Merci aussi au Député Goodlatte pour nous avoir rejoint. Et un merci tout particulier au Général Peay, j’apprécie l’invitation à vous rejoindre à l’Institut militaire de Virginie. C’est un privilège de me trouver dans cette institution qui a tant fait pour notre pays, en temps de paix comme en temps de guerre.

En 170 ans, VMI a fait bien plus qu’éduquer nos étudiants. L’institut a accompagné leur transformation en citoyens, en guerriers, en leaders. Les diplômés de VMI ont servi avec honneur la défense, et le font encore aujourd’hui en Afghanistan et ailleurs.

Depuis les attaques du 11-Septembre, beaucoup d’enfants du VMI ont défendu l’Amérique. Je me recueille aujourd’hui avec vous en mémoire des 15 braves qui y ont laissé leur vie.

Je prie aussi avec vous pour les nombreux diplômés de VMI qui servent aujourd’hui dans les situations de conflit. Que Dieu bénisse ceux qui servent et tous ceux qui ont servi. De tous les diplômés de VMI, le plus méritant est sans doute George Marshall, Secrétaire d’Etat et Ministre de la défense, qui a aidé à vaincre le fascisme, puis planifié le secours à une Europe plongée dans la misère. Son engagement pour la paix est né de sa connaissance des coûts exorbitants de la guerre.

Le General Marshall a dit : « Le seul moyen pour l’Homme de gagner la guerre, c’est de la prévenir ». C’était vrai de son temps et ça le reste. Le mois dernier, notre pays a à nouveau été attaqué. Un ambassadeur et trois autres Américains sont mort, assassinés à Benghazi, en Libye. (…)

Les attaques contre nous en Libye n’étaient pas des incidents isolés. Ils ont été accompagnés d’émeutes anti-américaines dans une vingtaine d’autres pays, pour l’essentiel au Proche-Orient, mais aussi en Afrique et en Asie. Nos ambassades ont été attaquées.

Notre drapeau a été brûlé. Beaucoup de nos concitoyens ont été menacés et ont dû quitter leur maison sous les pressions de manifestants qui crient « Mort  à l’Amérique ». Ces manifestations brandissaient la bannière noire de l’islamisme radical contre les ambassades lors de l’anniversaire du 11-Septembre. Maintenant que la poussière est retombée, les Américains se demandent comment ceci est arrivé. Pourquoi les menaces auxquelles nous faisons face se sont aggravées. Et qu’est-ce que nous devons faire. Ce sont de bonnes questions. Je suis venu aujourd’hui aborder ces tragiques événements dans une perspective plus large, et partager avec vous ma vision pour un monde plus libre, plus prospère et plus paisible.

Les attaques du mois dernier ne devraient pas être vues comme le fait du hasard. Ils sont l’expression d’un enjeu plus large au sujet du Proche-Orient – une région qui connaît sa plus forte agitation depuis plus d’un siècle. La ligne de front se dessine clairement dans les événements même de Benghazi. Ils sont le fruit de groupements affiliés à ceux qui ont attaqué notre patrie en 2001.

Ces derniers événements ne peuvent pas être mis sur le compte de cette vidéo répréhensible qui insultait l’Islam, malgré les efforts que fait l’administration pour nous en convaincre.

L’administration a fini par reconnaître que ces attaques étaient le fruit d’actions délibérées de la part de terroristes qui utilisent la violence pour imposer leur funeste idéologie, notamment auprès des femmes et des filles, et qui contrôlent aujourd’hui une large partie du Proche-Orient ; ils cherchent perpétuellement la bataille avec l’Occident. C’est ça qu’on a vu à Benghazi le mois dernier. Mais on y a aussi vu quelque chose d’autre. Quelque chose qui permet d’espérer. Après les attaques contre le Consulat, des dizaines de milliers de Libyens pour la plupart jeunes, ont tenu une manifestation de grande ampleur contre les extrémistes. Ils y ont brandi des pancartes « L’Ambassadeur était un ami de la Libye » et « La Libye est désolée ». Ils ont marché jusqu’au repère des terroristes en criant « Non aux milices », et en suite, il y ont mis le feu. Comme le disait une femme libyenne : « Nous n’allons pas passer des ténèbres aux ténèbres. C’est ça, l’enjeu qui secoue tout le Proche-Orient.

Cette lutte de millions de gens, hommes, femmes, jeunes, vieux, musulmans, chrétiens, et non-croyants, de tous ceux qui en ont assez de l’obscurantisme, est une lutte pour la dignité qui vient à ceux qui vivent dans la liberté, dans un cadre légal qu’ils ont choisi. (…)

En résumé, c’est une bataille entre la liberté et la tyrannie, la justice et l’oppression, l’espoir et la détresse. On a connu cette lutte auparavant. Elle semblerait familière à George Marshall. De son temps, sous les cendres de la Deuxième Guerre Mondiale, c’est une autre partie du monde qui se trouvait en équilibre entre la démocratie et le despotisme.

Par chance, nous avions des leaders armés de courage et de vision. Des républicains et des démocrates qui savaient que l’Amérique se devait de soutenir ses amis qui partageaient ses valeurs, pour leur permettre d’éviter que les crises du moment deviennent les conflits du lendemain. Des hommes d’Etat comme Marshall ont permis à notre pays d’assumer sa responsabilité de leader du monde libre. Nous avons aidé nos amis à construire une société et un marché libres. Nous les avons défendus comme nous même contre des ennemis communs. Nous avons mené cet effort. Et malgré que le chemin fût long et incertain, la perspective d’une Europe en guerre paraît aussi éloignée aujourd’hui qu’elle semblait inévitable jadis.

C’est ça qui rend l’Amérique exceptionnelle. Ce n’est pas juste la nature du pays. C’est le bilan de ses réussites. L’Amérique a démontré au regard de l’Histoire sa force, sa confiance, sa capacité à exercer un leadership global. Une histoire écrite par des patriotes des deux partis.

C’est ce que l’Amérique a à offrir de meilleur. Et c’est le standard selon lequel nous jugeons chaque président. Malheureusement, la politique du Président Obama ne tient pas la comparaison avec nos meilleurs exemples. Et ce n’est nulle part plus évident qu’au Proche-Orient.

Soyons clairs. Ceux qui sont à blâmer dans le meurtre de nos concitoyens en Libye et dans les attaques de nos ambassades sont ceux qui les ont perpétrés. Mais c’est la responsabilité de notre Président que d’user de toute la force de l’Amérique pour façonner l’histoire, et non de rester derrière pour mettre notre destin à la merci des circonstances.

Malheureusement c’est bien la situation dans laquelle nous nous sommes trouvés au Proche-Orient sous le Président Obama. La relation entre le Président des Etats-Unis et le Premier Ministre d’Israël, notre allié le plus fidèle dans la région, a été entachée : le but explicite du Président était de dissocier notre politique de celle d’Israël. Et il a réussi. Cette situation est dangereuse car elle a éloigné l’espoir d’un accord de paix, et regonflé nos adversaires, en particulier l’Iran. L’Iran qui n’a jamais été aussi près de posséder l’arme atomique.

Il n’y a jamais eu de plus grand danger pour nos amis, nos alliés, et pour nous. Ça n’a jamais été aussi clair que quand les agenst iraniens ont tenté d’assassiner l’ambassadeur saoudien dans notre capitale. Et quand des millions d’Iraniens sont descendus dans la rue pour se libérer d’un régime cruel qui menace le monde, en criant « Etes-vous avec nous ou avec eux ? », le Président est resté silencieux. Quand la joie qui s’est emparée du Proche-Orient à la chute des dictateurs s’est effacée devant l’ampleur de la tâche pour construire et développer des institutions démocratiques et des économies durables, le Président n’a pas offert le soutien qu’on attendait de nous.

En Irak, les progrès, chers payés par nos troupes, ont été effacés par un accroissement de la violence, la résurgence d’Al Qaeda, l’affaiblissement de la démocratie à Baghdad, et l’influence de l’Iran. Mais la capacité américaine d’influencer les événements en Irak a été compromise par le retrait de nos troupes. Le Président a tenté – et échoué – à initier un retrait graduel qui aurait préservé nos acquis.

Le Président a échoué aussi en Syrie, où plus de 30 000 hommes, femmes et enfants ont été massacrés par le régime d’Assad dans les 20 derniers mois. Des extrémistes violents se lancent dans cette bataille. Notre allié turc a été attaqué. Le conflit menace la stabilité de la région. L’Amérique peut être fière du coup porté à Al-Qaeda au Pakistan et an Afghanistan, y compris de la mort d’Osama Bin Laden.

Le coût de ces réussites est élevé. Al Qaeda reste une force importante au Yemen et en Somalie, en Libye et dans d’autres régions d’Afrique du Nord, en Irak, et désormais en Syrie. D’autres extrémistes ont gagné du terrain dans la région. Les drones et les moyens de combat modernes sont d’importants outils dans notre combat, mais ils ne se substituent pas à une politique nationale de sécurité au Proche-Orient. Le Président adore dire que le gros de la période de guerre est derrière nous. J’aimerais le croire autant que n’importe qui. Mais quand on voit où en est le Proche-Orient, (…) il est clair que le risque de conflit dans la région est plus haut que lorsque le Président est arrivé à la Maison Blanche.

Je sais que le Président espère un Proche-Orient plus sur et plus libre, allié des Etats-Unis. Je partage cet espoir. Mais l’espoir n’est pas une stratégie. On ne peut pas soutenir nos amis et défaire nos ennemis si nos mots ne sont pas étayés par des faits, quand notre budget militaire subit des coupe énormes et arbitraires, quand on n’a pas d’agenda et que notre stratégie ressemble plus à la passivité qu’à la coopération.

Le plus tragique, dans tout ça, c’est que nous manquons une opportunité historique de gagner de nouveaux amis qui partagent nos valeurs au Proche-Orient. Des amis qui se battent pour leur propre futur contre les mêmes extrémistes qui nous ont malmenés.

Malheureusement, beaucoup de ces gens qui pourraient devenir nos amis sentent que le Président est indifférent à leur quête pour la liberté et la dignité. Comme l’a dit une femme Syrienne, « On n’oubliera pas que vous nous avez oublié ». Il est temps de changer le cours des choses au Moyen-Orient.

Ce changement devrait être organisé autour de ces principes fondateurs : L’Amérique doit avoir confiance dans sa propre cause, des buts clairs, et un esprit résolu. Aucun ami de l’Amérique ne doutera de notre détermination à les soutenir. Aucun ennemi ne doit douter de notre résolution à les défaire. Et, ami ou ennemi, personne ne doit douter, à nule part dans le monde, que l’Amérique a le pouvoir de tenir ses promesses.

J’avertirai le leader iranien que l’Amérique préviendra toute tentative d’acquérir l’arme nucléaire. Je n’hésiterai pas à renforcer les sanctions que nous appliquons déjà. Je rétablirai la présence permanente de porte-avions dans la Méditerranée et dans le Golfe, et travaillerai à renforcer la coopération et l’assistance à Israël.

Pour le devenir de la paix, nous devons clarifier notre opposition à l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran au moyen d’actions et non seulement des mots. Je réaffirmerai nos liens historiques avec Israël de manière à ce que personne ne puisse discerner la moindre mésentante entre nos deux nations. Je reviendrai sur les coupes arbitraires au budget de la défense de Barack Obama et ferai les investissements critiques pour que nous restions en sécurité.

Les décisions que nous prenons aujourd’hui déterminent notre capacité à protéger l’Amérique de demain. Le premier but d’une force militaire est d’éviter la guerre. La taille de la Navy est revenue au niveau de 1916. Je restaurerai la Navy à la taille nécessaire en construisant 15 navires par an, dont trois sous-marins. Je métrai sur pied une défense anti-missile qui nous protégera contre les menaces. Là dessus, il n’y aura pas de flexibilité avec Monsieur Poutine. Et j’appellerai nos alliés de l’OTAN à maintenir la plus grande alliance militaire de l’histoire en honorant leurs engagements de consacrer 2% de leur produit intérieur brut aux dépenses de sécurité. Aujourd’hui, seulement trois atteignent ce but.

Je réformerai les règles de l’aide internationale pour créer des incitations à une bonne gouvernance, à la libre entreprise, et à une intensification du commerce, au Proche-Orient et au-delà. J’organiserai tous les efforts d’aide au sein d’une seule agence avec comme responsabilité de hiérarchiser les efforts afin de produire des résultats.

Je réunirai nos alliés pour faire coïncider notre générosité avec la leur. Il sera ainsi clair qu’en échange de notre aide, ceux qui la reçoivent devront assumer les responsabilités qu’a tout gouvernement moderne – respecter les droits de tous les citoyens, y compris les femmes et les minorités… assurer la participation de la société civile, de médias libres, de partis politiques et d’un système judiciaire indépendant… et tenir leur promesse en matière de protection de notre corps diplomatique et de nos propriétés.

Je soutiendrai le marché libre et restaurerai les éléments critiques de notre stratégie, au Proche-Orient et partout dans le monde.

Le Président n’a pas signé un seul nouvel accord de libre-échange en quatre ans. Je renverserai la situation. Je travaillerai avec tous ceux, à travers le monde, qui sont acquis aux principes de la libre entreprise, en étendant les relations existantes et en en établissant de nouvelles. Je soutiendrai nos amis au Proche Orient qui y sont acquis mais qui ont besoin d’aide pour défendre leur souveraineté contre des ennemis communs.

En Libye, je soutiendrai l’effort des libyens pour construire un gouvernement qui les représente tous, et poursuivrai vigoureusement les terroristes qui ont attaqué notre consulat à Benghazi. En Egypte, j’userai de notre influence (y compris en conditionnant notre aide), pour que le gouvernement construise des institutions durables pour représenter tous les égyptiens et maintenir la paix avec Israël.

Nous devons persuader nos alliés de conditionner leur aide de la même manière. En Syrie, je vais travailler avec nos partenaires pour organiser les membres de l’opposition qui partagent nos valeurs et assurer qu’ils obtiennent les armes dont ils ont besoin pour défaire les tanks d’Assad, ses hélicoptère et ses avions de combat. L’Iran envoie des armes à Assad sachant bien que sa chute serait pour elle une défaite stratégique.

Nous devrons travailler tout aussi dur à convaincre nos partenaires de soutenir les Syriens qui veulent infliger cette défaite à l’Iran. Il est essentiel que nous développions notre influence au sein des forces qui dirigerons ce pays au cœur du Proche-Orient.

En Afghanistan, je poursuivrai avec succès le transfert de la souveraineté aux forces de sécurité afghanes à fin 2014. Le Président voudrait que vous croyiez que ceux qui désapprouvent sa position veulent une guerre sans fin. Mais la retraite, c’est le chemin vers une guerre plus longue et vers l’abandon des Afghan à ceux qui ont mis à sac leur pays et s’en sont servis pour lancer les attaques du 11-Septembre. J’évaluerai les conditions sur le terrain avec les conseils des meilleurs spécialistes de nos forces armées. Mon devoir est d’assurer la sécurité du pays, et non de poursuivre mon dessein politique. Enfin, je remettrai la politique américaine sur la voie d’une solution durable pour une Palestine prospère vivant en paix avec l’Etat d’Iraël.

De ce point de vue, la politique du Président est un échec qui a dégénéré en une série de disputes aux Nations Unies. Dans ce vieux conflit, chaque nouveau président donne une chance nouvelle de s’orienter vers des solutions novatrices.

Il y a une attente pour un leadership américain au Proche Orient, et ce n’est pas propre à cette seule région. C’est ressenti largement au sein des alliés de l’Amérique dans d’autres coins du globe. En Europe, où la Russie de Poutine étend son ombre sur de jeunes démocraties, en Asie et dans le Paciifque, où la Chine donne des frissons, et dans notre propre hémisphère, chez nos voisins d’Amérique Latine qui veulent résister à l’idéologie de Chavez et des frères Castro.

Dans tous ces endroits, on se demande : « Où est l’Amérique ? ». Les Américains se posent d’autres questions : « Pourquoi nous ? ». J’en connais qui se demandent, après onze ans de guerre et une dette massive, si l’Amérique est encore capable de diriger le monde. Je pense que si l’Amérique ne le fait pas, d’autres vont prendre sa place, et le monde sera plus sombre pour nos amis comme pour nous.

La cause de l’Amérique et de la liberté ne peuvent se permettre quatre ans de plus dans la veine des précédents. Je veux devenir président parce que je crois que les leaders du monde libre ont un devoir : utiliser sagement, mais activement et fermement, l’influence de l’Amérique pour que les événements tournent dans notre intérêt, approfondissent nos valeurs et préviennent le conflit, pour rendre le monde non pas parfait, mais meilleur.

(…)

Le XXIe Siècle peut et doit être américain. Il a commencé avec la terreur et la calamité économique. C’est à nous de le remettre sur la voie de la paix, de la prospérité et de la liberté.

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