Vrai ou faux? Une campagne dominée par les gaffes et les anecdotes


Inside the Capitol

Capitole, Washington DC © Loé 2012

J’entame ici une série de billets consacrée aux idées reçues sur la campagne présidentielle américaine. N’hésitez pas à donner votre avis et suggérer des interventions!

Première idée reçue: l’élection présidentielle américaine est un « concours de beauté » qui accorde une importance démesurée à l’accessoire.

La course à la présidence, une suite de gaffes? Des « 47% » de Mitt Romney au « You didn’t build that » de Barack Obama, en passant par les multiples écarts de langage de Joe « La Gaffe » Biden, la campagne 2012 a connu son compte de petites phrases. La première est « historique »: représentative de son époque et du candidat. Mitt Romney, en se faisant pincer vilipendant les bénéficiaires de prestations sociales, a donné un os à ronger à ceux qui veulent démontrer qu’il peine à se rapprocher de l’électorat populaire. Les images de cet épisode, filmées en douce et « fuitées » dans la presse, n’ont rien d’un travail d’orfèvre, puisque n’importe qui peut poser son téléphone sur un buffet. Mais la carafe de vin rouge qui ponctue les bonnes scènes en revenant sur le garde-manger dans la main du petit personnel donne toute sa force narrative à cette incursion chez les fundraisers.

La seconde est une pure manipulation: Barack Obama dit « You didn’t buid that » (Ce n’est pas vous qui avez construit ça) en parlant des infrastructures financées par le contribuable et qui bénéficient à l’économie, comme les routes, les écoles, etc. Prononcée imprudemment, elle est habilement coupée, et récupérée par les conservateurs qui peuvent démontrer le dédain de l’intello Obama pour l’entrepreneur laborieux.

Ces deux événements resteront dans les mémoires, et symboliseront peut-être la campagne. Mais les sondages, qui évoluent rapidement montrent que les électeurs ont passé à autre chose: le débat présidentiel, les chiffres du chômage, des facteurs démographiques, et beaucoup de thématiques locales aussi diverses que la libéralisation du Canabis, l’embargo sur Cuba ou la transmission de la maladie de Lyme par les tiques.

Bien que la pénétration des journaux soit moins forte qu’en Suisse et la télévision très peu friande d’information politique, les questions de fond, du financement de la santé à l’énergie, en passant par l’éducation et la retraite, ne manquent pas de place dans une presse extrêmement riche, diversifiée, aux moyens considérables bien que déclinants. Les chiffres par tête de pipe qui servent aux comparaisons internationales (taux de pénétration, taux de lecture, etc) rendent peu justice au fait que si vous êtes un political junkie, la richesse et la qualité de l’information à disposition est gigantesque et n’a son équivalent probablement nulle part dans le monde.

Si la campagne électorale peut parfois sembler se désintéresser du fond, des choix politiques, ce n’est peut-être pas tant du fait de l’omniprésence de l’anecdote et plus du fait de celle… des sondages (et de toute l’arithmétique électorale).

Verdict pour notre idée reçue no1: FAUX

Il n’en demeure pas moins que quelques fois, parce que l’électorat est presque également partagé, une gaffe peut avoir une importance considérable. De la chute de Gérald Ford au cri de Howard Dean, passez en revue les plus mémorables d’entre elles sur Slate.com (mais n’oubliez pas de revenir, après).

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