L’attentat de Benghazi hante la campagne


Mitt Romney avait failli se griller définitivement en réagissant hâtivement aux événements du 11 septembre dernier à Benghazi. L’assaut du consulat américain par un groupe armé avait coûté la vie à quatre Américains, dont l’ambassadeur Chris Stevens. Mais désormais c’est la Maison Blanche qui est embarrassée par les révélations sur sa gestion de l’affaire. Les républicains espèrent en faire « un thème de campagne majeur ». Le 11 octobre, lors du débat entre « running mates« , la première question de Martha Raddatz, et les propos de Paul Ryan, ont mis Joe Biden sur la défensive.

Dès le lendemain du drame, des informations contradictoires sont publiées au sujet des circonstances de l’attaque. Le 16 septembre, l’ambassadrice à l’ONU Susan Rice évoque un événement lié aux débordements suivant la diffusion de la vidéo « l’innocence des Musulmans ». Mais elle est contredite le jour même. Il apparaît rapidement que l’attaque était complexe et organisée. Fin septembre, la Maison Blanche évoque un attentat en lien avec Al Qaida. Désormais, c’est la sécurité du consulat qui fait l’objet d’investigations, notamment par le Congrès. Des cadres du département d’Etat ont témoigné devant une commission avoir demandé le renforcement de la sécurité de la mission diplomatique, sans succès.

Durant le débat, Paul Ryan a accusé la présidence de n’avoir pas pris les menaces au sérieux. Ce à quoi Joe Biden  a répondu que les demandes concernées n’étaient pas parvenues à la Maison Blanche, mais au Département d’Etat. Il a aussi rappelé que le Congressman Ryan avait soutenu une loi qui implique des coupes budgétaires dans la sécurité des ambassades.

Un article du New York Times donne les derniers développements de l’affaire, et s’étonne de l’ouverture de ce nouveau front dans une campagne dans laquelle « des questions comme la guerre en Afghanistan et la confrontation grandissante avec l’Iran sont restées en second plan ».

Le Washington Post revient sur le débat d’hier: Paul Ryan a laissé entendre que la version initiale de la Maison Blanche, celle d’une manifestation qui a dégénéré plutôt qu’un attentat terroriste, visait à préserver un des points forts du bilan de Barack Obama, celui d’avoir infliger une sévère défaite à Al Qaida en tuant Ossama Bin Laden. Une version plus diplomatique de cette affaire est donnée par Foreign Policy qui remet dans leur contexte les différentes phases du message de la Maison Blanche.

The Atlantic: Joe Biden a-t-il lâché Hillary Clinton pour mettre fin au débat? En déclarant n’avoir pas été averti de la nécessité de renforcer la sécurité de l’embassade de Benghazi, le Vice-Président a livré le Département d’Etat aux critiques. Pour épargner la Maison Blanche?

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