Rest of the world: le débat


Washington, DC © 2012 Loé

« Ossama Bin Laden is dead and General Motors is alive! »

En répétant son mantra de meeting en meeting puis à la Convention démocrate de Charlotte en septembre, le Vice-Président Joe Biden mettait sur un pied d’égalité les politiques économique et étrangère comme elles ne l’ont plus été depuis longtemps dans une campagne présidentielle américaine.

Entre le nucléaire iranien, l’attentat en Libye et la compétition économique avec la Chine; le devenir du Proche-Orient, en particulier d’Israël, de la Palestine et de l’Egypte; la guerre en Afghanistan, les relations avec l’Europe et la Russie, le menu du dernier débat présidentiel de lundi, consacré à la politique extérieure, sera copieux. Pas sûr qu’il laisse beaucoup de place à l’une des réussites marquantes du Président: avoir débarrassé les Américains de leur pire cauchemar.

Il ne faut cependant pas en attendre grand chose, avertit Foreign Policy: « Ces dernières semaines, écrit la revue, le débat sur la politique étrangère s’est progressivement focalisé sur des banalités ». Cet état de fait en dit long sur les deux candidats: « Barack Obama estime qu’il y a peu de points de son bilan international sur lesquels il peut s’aventurer sans risque, tandis que Mitt Romney a si peu de convictions et recherche si désespérément l’approbation du public qu’il est prêt à se positionner n’importe comment pourvu qu’il embarrasse son rival.

C’est pourquoi il y a peu de chances, selon la revue, que les « bonnes » questions soit posées. Il y en a, pourtant, comme celles que Foreign Policy a récolté auprès de politiciens et d’experts de tous bords:

Souhaitez-vous toujours fermer la prison de Guantanamo? Que ferez-vous si Israël attaque l’Iran? Le bien-être des Américains profite-t-il de la pratique du Soft Power vis-à-vis de l’étranger? Qu’allez-vous faire pour aider les Européens à résoudre la crise de la zone euro? Quelle est l’importance de la question des droits humains dans la relation entre la Chine et les Etats-Unis? Etc.

Ce débat peut-il être déterminant? Après le creux connu par Barack Obama dans les sondages qui ont suivi sa piètre performance lors du premier débat, et son rebond après le deuxième, on pourrait le croire. Les audiences de ces événements sont énormes, et leur impact sur le paysage politique des jours qui suivent est considérable.

Mais le prof de math de la campagne 2012, Nate Silver, explique dans un article récent du blog fivethirtyeight comment les débats, en faisant varier la mobilisation des électeurs et leur propension à répondre aux sondages pourraient entraîner ceux-ci à exagérer les variations observées dans l’opinion.

Quelques lectures récentes sur les sujets qui seront (peut-être) soulevés dans le débat de lundi:

Iran: les demandes d’inspections et pressions diplomatiques faites sur l’Iran ressemblent furieusement aux politiques menées contre l’Irak pour « construire un casus belli« . « Don’t go Bagdhdad on Tehran », demande Foreign Affairs.

Afghanistan: Le coin le plus effrayant du monde. Le reportage du New York Times Magazine à la frontière avec l’Iran et le Pakistan.

Proche-Orient: Les groupes conservateurs pro-iraéliens ont dépensé des millions de dollars pour attaquer le Président. S’il gagne sa réélection, leur influence pourrait ne plus jamais être la même, estime Politico. Dans « cinq promesses que le Président n’a pas tenu », Politico rappelle que le processus de paix Israélo-palestinien était une priorité de Barack Obama.

Libye: les succès de l’après-Khadafi, dans Foreign Affairs

Europe: Pourquoi l’euro va survivre à la crise, dans Foreign Affairs

Et aussi…

… Le projet de Mitt Romney en politique internationale, sur mittromney.com

… La politique de Barack Obama présentée par Barack Obama

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