Gone with the wind – Sandy a-t-elle sifflé la fin de campagne?


En proposant de supprimer la FEMA (Federal Emergency Management Agency), lors des primaires républicaines, Mitt Romney prenait un risque mesuré. A l’époque, il luttait dans un concours de détestation pour Washington qui pouvait bien revenir à celui qui se montrerait le plus volontaire pour diminuer la présence de l’Etat fédéral dans la vie des Américains. Une tornade venait de faire une centaine de morts à Joplin, dans le Missouri. Interrogé sur l’action de la FEMA, Mitt Romney avait souhaité confier la gestion des catastrophes aux Etats et au secteur privé.Les chances que le « disaster relief » revienne au premier plan de la campagne étaient maigres mais… Sandy est arrivée. Les déclarations anti-FEMA ont refait surface. Et alors que le président a multiplié les interventions pour informer les Américains, déclaré l’Etat d’urgence, visiter la Croix-Rouge, Mitt Romney, était contraint à jouer un second rôle plutôt compliqué: continuer à faire campagne sans en avoir trop l’air, et ne pas se laisser voler la vedette par le Consolateur-en-chef.

En portant des bouteilles pour les sinistrés, il a du faire face à des questions concernant ses déclarations antérieures sur la FEMA. Il a refusé d’y répondre. Son équipe a ensuite indiqué que la FEMA « faisait partie de ses plans » pour la gestion de catastrophes. Mais la National Review continue, elle, a plaider pour la suppression de l’agence: « Même les programmes essentiels ont leurs limites« .

Et ce n’est pas son seul problème de la journée. L’Etat le plus touché, avec New York, c’est le New Jersey, un Etat majoritairement démocrate. Son gouverneur républicain, Chris Christie, avait déjà fait forte impression lors de précédentes catastrophes, notamment Irene, l’an dernier. Sa réputation et sa popularité l’ont un temps mis dans la situation de « sauver » le parti répbulicain en posant sa candidature pour 2012. Il ne l’a pas fait, et est fortement soupçonné de penser à 2016. Il soutien Mitt Romney, mais a souligné aujourd’hui lors d’une de ses nombreuses interventions publiques, tempête oblige: « L’élection, je m’en fiche complétement, ce qui m’inquiète, ce sont les gens ». Peu après, à la fin d’une journée où il a sillonné les côtes dévastées du New Jersey, il a rendu un hommage soutenu à Barack Obama pour sa gestion de la crise. Un coup de pouce qui, dans son Etat qui va de toute façon voter majoritairement Obama, n’a pas grande conséquence, mais qui, étant donné sa (relative) notoriété, et l’ampleur de l’événement en question, pourrait avoir son effet dans les Swing States de la région. Pour l’éditorialiste du New York Times Maureen Dowd, la journée de désastre a constitué une aide certaine pour le président.

 

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