Collège Electoral: le scénario de l’élection « minoritaire »


En 2000, un vote populaire extrêmement serré en Floride donnait à la Cour Suprême le rôle de trancher entre George Bush et Al Gore. Elle donna les votes à George Bush qui remporta l’élection. On s’en souvient surtout pour les dramatiques recomptages de voix, aujourd’hui toujours sujets à caution, dans cet Etat du sud traditionnellement républicain, mais dont la démographie changeante, déjà, faisait pencher en direction du camp démocrate (c’est Barack Obama qui l’a emporté en 2008). Les résultats avaient aussi été historiquement serrés au Missouri. Mais cette élection avait une autre particularité. Pour la première fois depuis le XIXe siècle, aucun des candidats n’atteignait la majorité absolue du vote populaire et surtout, c’est le candidat ayant obtenu le moins de voix qui remportait l’élection. Le vote de Floride s’était décidé sur 537 voix. Récemment, une publicité pro-Obama a mis en évidence ce chiffre pour encourager les électeurs à aller voter.

C’est en effet crucial pour les deux candidats, car on sait depuis des mois que cette élection pourrait être serrée. Et il y a des chances (certes relativement minces) que le scénario d’une élection par vote populaire minoritaire se reproduise, mais cette fois en faveur du président démocrate, plutôt que du candidat républicain. Voici pourquoi:

En effet, les derniers chiffres disponibles sur FiveThirtyEight de même que ceux de Votamatic assurent à Barack Obama d’obtenir 270 grands électeurs. Drew Linzer (Votamatic) indique qu’à ce stade, les combinaisons de sondages de 2000, 2004 et 2008 se sont avérées fiables. Nate Silver (FiveThirtyEight) note lui aussi qu’on peut raisonnablement parier sur Obama, notamment parce qu’il conserve une petite avance en Ohio.

Mais obtiendra-t-il la majorité des suffrages exprimés? Pas nécessairement. En effet, les marges de Mitt Romney se renforcent dans les Etats fortement républicains comme le Tennessee ou le Texas. En obtenant de bonnes marges dans les Etats « rouges » et en s’approchant des 50% dans les swing states, si de son côté Barack Obama obtient des résultats moins écrasants cette fois, Mitt Romney pourrait remporter le vote populaire. Ce qui, en pratique, ne change rien. En 2001, après l’élection controversée, la légitimité de George Bush, avait été notoirement consolidée grâce au passage, avec l’aide de certains députés démocrates, de lois très attendues comme « No Child Left Behind » (avant que les attentats du 11 septembre ne mettent le pays en ordre de bataille derrière son président). Dans l’ambiance actuelle qui règne au Sénat entre les deux partis, une élection de ce type ne manquerait pas de pourrir un peu plus le climat politique.

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