Archives de Tag: Barack Obama

Second mandat: le changement, c’est maintenant?

Department of the Treasury, Washington, DC © 2012 Luc-Olivier Erard

Qu’est-ce qui attend les Américains si Barack Obama est réélu mardi? D’abord, ils seront immédiatement replongés dans la discussion budgétaire. Elle sera essentielle pour l’évolution de la situation économique des Etats-Unis. Mais d’autres questions donnent aussi à l’élection un certain enjeu, car libéré du poids de sa réélection (il ne peut pas se représenter), le président bénéficiera (peut-être) d’une plus grande marge de manoeuvre politique. Il devrait avoir l’occasion de nommer un ou deux juges à la Cour Suprême, susceptibles de changer son orientation actuellement conservatrice. Il a dit vouloir revenir à l’interdiction des armes d’assaut. Les changements dans la politique d’immigration et de la guerre contre la drogue pourraient avoir des incidences notables sur la vie des minorités.

1. Fiscal Cliff

Quelle que soit l’issue de l’élection, c’est ce qui occupera les Américains dès la mi-novembre et jusqu’au prochain Superbowl*. Si rien n’est fait par le Congrès avant le premier janvier 2013, l’arrivée à échéance d’allégements fiscaux (décidés par George Bush) et l’entrée en vigueur de coupes budgétaires automatiques résultant de freins à l’endettement décidés en 2012 se conjugueront et pourraient replonger l’Amérique dans la récession. Les plus bas niveaux de taxation sur le revenu repasseront de 10 à 15%. Pour les plus riches, ce sera un saut de 35% à 39,6%. Globalement donc, pratiquement tout le monde passe à la caisse. En 2013, ce seraient alors 347 milliards en plus dans les caisses publiques. Avec les autres taxes concernées, les Américains payeraient 600 milliards en plus, alors qu’un million d’emplois pourraient être perdus en 2013 et 2014 du fait des coupes budgétaires.

Des négociations devraient donc avoir lieu. De fait, elles se sont poursuivies toute l’année, mais aucun résultat ne pouvait être escompté étant donné le blocage de Washington avant les élections. Un blocage qui avait été évoqué lorsque les Etats-Unis ont perdu leur triple A de je ne sais plus quelle agence de notation.

Barack Obama a dit vouloir prolonger les allégements fiscaux pour les familles au revenu inférieur à 250 000 dollars par an mais s’oppose à la reconduction des allégements pour tous. Il a dit aussi vouloir limiter les conséquences de certaines de ces coupes automatiques. Mitt Romney a dit vouloir reconduire tous les allégements s’il est élu et dit aussi qu’il s’opposerait aux coupes claires. (Tout en livrant un budget équilibré). Il a donné relativement peu de précisions sur cette question. Il arriverait de toute façon à la Maison Blanche le 20 janvier, soit après l’échéance (au premier janvier 2013).

2. Guerre contre la drogue

Trois Etats voteront mardi sur la légalisation du cannabis: Washington, l’Oregon mais surtout dans le Swing State du Colorado, où cette question pourrait avoir une incidence sur l’élection comme je l’avais évoqué ici. Mais surtout, un tel changement dans l’un des Etats pourrait constituer une défiance à l’égard du Département de la Justice qui ne manquerait pas de provoquer un débat national. De fait, la politique extrêmement répressive de lutte contre la drogue, la « War on drugs », programme fédéral à 44 milliards de dollars l’an, comme l’explique cet article du Guardian. Le programme est très critiqué, notamment par la Global Commission on Drugs Policy (oui, si vous aviez suivi ce lien, vous auriez bien reconnu Ruth Dreifuss, l’ancienne présidente Suisse). Cette organisation considère notamment que la guerre contre la drogue (politique définie par Nixon en 1971) est un échec et, en criminalisant l’usage de drogues, alimente la pandémie de Sida.

Barack Obama lui-même, s’il s’oppose à la légalisation du cannabis, veut en finir ou en tout cas faire évoluer la guerre contre la drogue. Il a promis des changements qui pour l’instant semblent un peu ressortir de la rhétorique, à en croire cette analyse du Huffington Post, mais l’administration a promis de s’exprimer publiquement sur la question en cas de second mandat. D’après ce dossier de GQ, les changements s’annoncent plus importants.

De fait, un changement politique dans la lutte contre la drogue pourrait avoir une importance significative pour les afro-américains. Un récent ouvrage que j’ai déjà évoqué, The New Jim Crow de Michelle Alexander, explique comment les pratiques de l’agence anti drogues ont permis de harceler et d’arrêter un grand nombre de personnes sans raisons pour rechercher de la drogue, et comment ce processus conduit à cibler les minorités, et notamment les Afro-Américains. Différents aspects judiciaires de la guerre contre la drogue ont aussi eu des conséquences dramatiques sur le devenir de la jeunesse Afro-Américaine (des peines plancher à la très grande sévérité dans les affaires de crack, par rapport aux affaires de cocaïne, différence qui constitue une discrimination dans la mesure où la cocaïne touche un public plutôt blanc et le crack un public plutôt afro-américain).

3. Armes à feu

Après les tueries qui ont assombri son mandat, de Tucson à Aurora, le Président a montré une timide volonté de revenir à l’interdiction des armes d’assaut. De manière générale, il plaide pour une plus grande rigueur relative aux lois qui existent déjà, plutôt que pour de nouvelles lois. Son traitement de la question lors des débats présidentiels a quelque peu déçu les espoirs des partisans du contrôle des armes. Le récent soutien qu’il a reçu du maire de New York Michael Bloomberg, un indépendant partisan du contrôle des armes, pourrait toutefois jouer un rôle. Le Maire avait récemment critiqué Barack Obama pour son manque de volontarisme en la matière.

  • Lire le débat que le New York Times a récemment consacré à la question dans sa section « Room for debate ». 

4. Cour Suprême

La Cour Suprême des Etats-Unis compte un président (le Chief Justice) et huit juges. Sa sensibilité est aujourd’hui majoritairement conservatrice: Antonin Scalia et Anthony Kennedy ont été désignés par le républicain Ronald Reagan; Clarence Thomas par George Bush père, républicain; Ruth Bader-Ginsburg et Stephen Breyer par le démocrate Clinton; John Roberts et Samuel Alito par George W. Bush, républicain. Barack Obama a désigné quant à lui Elena Kagan et Sonia Sotomayor.

Le prochain président pourrait avoir à désigner un ou deux juges, selon les démissions qui interviendraient durant son mandat. La doyenne, Ruth Bader Ginsburg, a 79 ans. Elle pourrait se retirer rapidement en cas de réélection de Barack Obama. Si un des juges conservateurs se retirait, Barack Obama aurait alors la possibilité de faire opérer un tournant à la plus haute juridiction du pays.

  • Le guide de ProPublica
  • Le ScotusBlog, la référence sur l’actualité de la Cour Suprême.
  • Un article de Slate qui explique pourquoi un juge conservateur a permis que la Cour Suprême soutienne l’Obamacare afin de préserver sa légitimité. Un rejet aurait pu influer sur la présidentielle 2012 en condamnant la réforme maîtresse de Barack Obama peu avant l’élection (et devenir un thème de campagne qu’elle n’a jamais été). Or, après Bush v Gore (2000) et Citizen United (2010), deux décisions dont il a abondamment été question sur ce blog, l’opinion des Américains à l’égard de leur plus haute juridiction était déjà passablement détériorée.

5. Mariage pour les couples de même sexe

Après avoir changé d’avis sur le mariage gay cette année, Barack Obama semble vouloir en faire une affaire d’Etats, (si j’ose). Il a récemment dit sur MTV qu’il n’essayerait pas de légiférer au niveau national sur ce point, mais a aussi réitéré son désaccord avec le DOMA (Defense of Marriage Act, qui établit le mariage comme ne pouvant se conclure qu’entre un homme et une femme). Cette question sera prochainement abordée par la Cour Suprême.

*Approximation ne tenant pas compte d’un ouragan ou d’une crise majeure. Consultez régulièrement votre fournisseur d’information.
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Le maire de New York Michael Bloomberg votera Barack Obama

Brooklin Bridge and The City

New York – © 2011 – Loé

Le climat se réchauffe entre Michael Bloomberg et Barack Obama. Le maire indépendant de la première ville des Etats-Unis, durement touchée par l’ouragan Sandy, vient d’annoncer qu’il soutenait désormais Barack Obama. Alors que le débat fait rage depuis plusieurs jours pour savoir à quel point le réchauffement climatique peut être rendu responsable de la survenue de l’ouragan historique, Michael Bloomberg plonge dans la mêlée.

Dans un édito publié sur Bloomberg View et sur son propre site Internet, le fondateur de l’agence Bloomberg, qui en est à son troisième mandat de maire, demande de réélire Barack Obama, « Un président qui mènera la lutte contre le changement climatique ». Le New York Times relève qu’en 2008, Michael Bloomberg n’avait soutenu aucun candidat.  Depuis, il s’est montré très critique tant envers le Président qu’envers le candidat républicain.

Michael Bloomberg, qui a innové dans plusieurs domaines comme la réduction de l’emprunte carbonne, l’interdiction des grandes tailles de boissons sucrées, l’augmentation des quantité d’herbe donnant lieu à une arrestation, ne fait pas que soutenir Barack Obama. Ses critiques du climat politique de Washington tout comme de Mitt Romney sont sévères. Citant un partenariat avec les plus grandes villes du monde, il estime que les gouvernements locaux se sont montrés actifs là où les Etats ne le sont pas.

J’aurais pu voter pour la version 1994 ou 2003 de Mitt Romney », écrit Michael Bloomberg, parce que les résultats des quatre dernières années l’ont décu. Cependant le républicain a renoncé aux positions judicieuses qu’il a pris par le passé en matière d’avortement, d’immigration, de trafic d’armes et de santé publique. Il renie aujourd’hui même la loi sur la santé qu’il a fait passer dans le Massachusetts, regrette le Maire.

Ce revirement repris par de nombreux médias paraissait improbable il y a peu de temps encore, alors que Michael Bloomberg accordait un interview au Times pour renvoyer dos à dos les deux candidats. Il faut croire que depuis, l’eau à coulé, pas seulement sous les ponts.

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Rest of the world: le débat

Washington, DC © 2012 Loé

« Ossama Bin Laden is dead and General Motors is alive! »

En répétant son mantra de meeting en meeting puis à la Convention démocrate de Charlotte en septembre, le Vice-Président Joe Biden mettait sur un pied d’égalité les politiques économique et étrangère comme elles ne l’ont plus été depuis longtemps dans une campagne présidentielle américaine.

Entre le nucléaire iranien, l’attentat en Libye et la compétition économique avec la Chine; le devenir du Proche-Orient, en particulier d’Israël, de la Palestine et de l’Egypte; la guerre en Afghanistan, les relations avec l’Europe et la Russie, le menu du dernier débat présidentiel de lundi, consacré à la politique extérieure, sera copieux. Pas sûr qu’il laisse beaucoup de place à l’une des réussites marquantes du Président: avoir débarrassé les Américains de leur pire cauchemar.

Il ne faut cependant pas en attendre grand chose, avertit Foreign Policy: « Ces dernières semaines, écrit la revue, le débat sur la politique étrangère s’est progressivement focalisé sur des banalités ». Cet état de fait en dit long sur les deux candidats: « Barack Obama estime qu’il y a peu de points de son bilan international sur lesquels il peut s’aventurer sans risque, tandis que Mitt Romney a si peu de convictions et recherche si désespérément l’approbation du public qu’il est prêt à se positionner n’importe comment pourvu qu’il embarrasse son rival. Lire la suite

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L’attentat de Benghazi hante la campagne

Mitt Romney avait failli se griller définitivement en réagissant hâtivement aux événements du 11 septembre dernier à Benghazi. L’assaut du consulat américain par un groupe armé avait coûté la vie à quatre Américains, dont l’ambassadeur Chris Stevens. Mais désormais c’est la Maison Blanche qui est embarrassée par les révélations sur sa gestion de l’affaire. Les républicains espèrent en faire « un thème de campagne majeur ». Le 11 octobre, lors du débat entre « running mates« , la première question de Martha Raddatz, et les propos de Paul Ryan, ont mis Joe Biden sur la défensive. Lire la suite

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Le chômage baisse (chez les adultes blancs)

Employé du secteur de la construction - fontaine.Les républicains auraient voulu que ça n’arrive pas, et ils ont bien du mal à le cacher. Ce matin, le Bureau of Labor Statistics a annoncé une baisse du chômage qui, bien que modeste, devrait réjouir tout le monde. Le nombre de personnes en recherche d’emploi représente 7,8% de la population active, repassant une barre devenue symbolique de 8%. C’est le taux le plus bas de l’ère Obama. L’économie américaine compte un solde de 140 000 emplois en plus, essentiellement dans les secteurs de la santé, des transports et de la logistique. Ce sont les adultes blancs (7%) qui profitent le plus de cette baisse, alors que le taux de chômage des noirs (13.4%), des hispaniques (9,9%) et des jeunes (23,7%) reste pratiquement inchangé, annonce le Bureau.

Cette nouvelle a évacué le flots de commentaires sur le débat de mercredi, qui semblait ne jamais devoir s’arrêter. Et elle a tout de suite donné lieu à des interprétations diverses. L’ancien CEO de General Electric Jack Welsh met en cause la véracité de ces chiffres. Il a accusé « Chicago » (la campagne de Barack Obama) de les avoir fabriqués. Une possibilité exclue par des anciens de l’administration Bush cités par Politico. Jack Welsh a, dans la journée, admis qu’il n’avait pas la preuve d’une quelconque corruption.

Photo: Employé du secteur de la construction. Portsmouth, New Hampshire © 2012 – loé

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Débat de Denver: Plus de 70 millions d’Américains devant leurs écrans

Le débat de mercredi soir a draîné plus de 70 millions de spectateurs, selon les calculs du New York Times: Brian Stetler, du Media Decoder, estime en effet que plusieurs millions de personnes doivent être ajoutés à l’audience des télévisions, établie par Nielsen à 67,2 millions de personnes.

L’étude ne compte pas les personnes qui ont regardé le débat hors de chez eux, au bureau, dans les bars ou les aéroports. Et ne prend pas non plus en compte les connexions par téléphone, tablettes et ordinateurs. Youtube revendique plusieurs millions de connexions, et CNN 1,2 millions de supports branchés sur le streaming. Des audiences qui ne constituent pas un record absolu, établi lors du match Carter/Reagan en 1980: 80,6 millions. En 2008, le premier débat entre Barack Obama et John Mc Cain n’avait rassemblé que 52 millions de spectateurs. Mais il s’était tenu un vendredi.

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Retour au vestiaire

Donc, le superbowl de la politique, c’était hier. Mitt Romney l’a emporté sur Barack Obama. A mesure que la nuit s’éloigne à Denver, les analyses d’après-match se font un peu moins embuées. Je vous propose d’en parcourir quelques-unes.

Les occasions manquées: le New Yorker a produit quelques « brefs » coups de plumes, dont ce passage en revue des tirs de Romney qu’Obama aurait pu arrêter: Mitt a promis de couper les subsides de PBS, la chaîne publique. Sa deuxième proposition d’économie après l’Obamacare qui vaut cette référence désormais célèbre: « I like big bird, and actually I like you too (Jim) ». Big Bird? Dans la famille Sesame Street, demandez le truc en plumes jaunes. Jim, c’est le modérateur, vétéran de la chaîne et de sa News Hour dont la première version date de 1975. Barack Obama aurait pu mentionner, comme ça a vite été fait sur Twitter, que PBS avait une incidence budgétaire « modeste », de 0,012%. Le Magazine cite aussi l’absence, pendant le débat, de problématiques qui ont embarrassé Mitt Romney durant l’année qu’a déjà duré la campagne: la secrétaire de Warren Buffet, la vidéo des 47%, etc… Enfin, Barack Obama a étrangement suggéré que sur la sécurité sociale, Mitt Romney et lui avaient la même position. Plutôt curieux, stratégiquement parlant, étant donné que sur ce point, Mitt Romney a déjà fait des faux pas qui auraient pu servir.

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Mitt Romney repasse à l’attaque


« Barack l’a essoré! Il est à bout! » Mitt Romney n’a pas impressionné Anthony Spinelli. Volontaire dans l’équipe de campagne d’Obama à New Haven, ce quinquagénaire a organisé l’une des 4000 « Debate Watching Party » dans un bar latino de la périphérie de New Haven. Son enthousiasme n’est pas entamé. Pourtant, parmi les cinquante personnes présentes, les applaudissements ont été peu nombreux. Quelques grimaces s’échangent lorsqu’un Mitt Romney combattif accuse Barack Obama d’avoir passé deux ans à défendre l’Obamacare et coûté des emplois à l’économie américaine. A peine le débat terminé, les commentateurs déclarent la victoire de Mitt Romney. Il va sans doute reprendre quelques points à son adversaire dans les intentions de vote. Lire la suite

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Toujours plus O

Les sondages sont un peu les stéroïdes des analystes politiques: on s’en méfie, on sait qu’une campagne serait plus intéressante si on s’en passait, mais tout le monde les utilise. Cette semaine, ces sondages montrent un Mitt Romney distancé, mais pas suffisamment largué pour exclure un final au sprint.

Dans la caravane 2012, celui qui distribue la meilleure came, c’est Nate Silver, sur le blog FiveThirtyEight, du New York Times, que vous connaissez déjà si vous traînez par ici. Et son mélange maison estimait, le 28 septembre, l’issue du vote populaire à 319 grands électeurs pour Barack Obama contre 219 pour Mitt Romney (il en faut 270 pour être élu). Les chances de gagner s’établissent, pour notre dealer d’arithmétique, à 84% pour le Président. Pour ceux qui, comme moi, se sont demandé si les sondages réalisés 40 à 50 jours avant l’élection sont prédictifs, Nate Silver a vérifié: depuis 1936, dans 18 cas sur 19, les candidats qui menaient les principaux sondages dans cette période ont remporté l’élection (et, non, l’exception n’est pas Bush ’43).

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Bill Clinton: discours de Charlotte (intégral)

La Convention démocrate de Charlotte, début septembre, s’est déroulée sans aspérités notoires, conformément au script livré à l’avance. Mais le discours qu’y a donné Bill Clinton restera peut-être dans l’histoire comme un coup de pouce déterminant pour que Barack Obama obtienne sa réélection. Critiqué pour avoir taclé Obama il y a quelques mois, l’ancien président dresse cette fois un portrait de la politique américaine des quatre dernières années élogieux, pédagogique, fleurtant souvent avec le paternalisme typique de ce type d’intervention destinées à « la classe moyenne ».

Bien sûr, le regard de Bill Clinton est calibré pour coller à la campagne démocrate. Il y a travaillé des jours entiers comme il l’a dit plus tard. Mais en détaillant le bilan de Barack Obama sans fuir une certaine complexité, il livre clé en main un argumentaire solide, détaillé, qui offre un contraste saisissant avec ce qui fait l’essentiel de la campagne: les bagarres au gourdin que se livrent localement à coup de pubs bricolées les superPACS gonflés par les grosses fortunes du pays. (Politico y consacre une série d’articles: The Billion-Dollar Buy)

Enfin, la qualité du discours livré par Bill Clinton a fait penser à certains qu’il n’était peut-être pas aussi désintéressé que ça: son épouse, Hillary Clinton, serait très bien placée si elle briguait la présidence en 2016. Elle se dit fatiguée et ne veut plus de son poste de Secrétaire d’Etat. Mais questionné, Bill n’exclut rien, après un temps de repos. Et il compare même sa femme à Sisyphe, c’est dire. Lire la suite

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Au diable les conventions

Rétrospectivement, la décision de délocaliser le QG de la Semaine Américaine en Géorgie était peut-être mal avisée. A part un comparatif raisonné des recettes traditionnelles de peach cobbler entre Savannah et Charleston et un résumé de la carrière de Newt Gingrich en brèves de comptoir, cette translation momentanée n’a pas eu d’effet bénéfique sur le contenu de la Semaine. Donc, retour à New Haven et pour commencer, petit rappel. Lire la suite

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La Cour Suprême sauve la réforme de Barack Obama sur le système de santé

La Cour Suprême offre à Barack Obama une victoire surprise à quatre mois des élections. La réforme de l’assurance maladie est largement confirmée par les juges, en majorité considérés comme conservateurs. L’un des points essentiels est l’obligation pour tous les Américains de se couvrir en assurance maladie. Véritable clé de voute du nouveau système de financement de la santé, il permettra à des millions d’Américains de voir leurs soins assurés, à partir de 2014, et concerne notamment les personnes en début de retraite, les personnes sans emploi, les jeunes de moins de 26 ans. Il règle en outre la question des problèmes de santé préexistants (preexisting conditions), qui empêchent les Américains déjà atteints dans leur santé de conclure une assurance.

Le texte étend en outre l’accès à Medicaid, une aide aux plus démunis, financée conjointement par Washington et par les Etats. Sur ce point, l’administration a été désavouée partiellement. Le texte original stipulait que si les Etats n’étendaient pas l’accès à Medicaid, ils perdraient les fonds fédéraux concernés. La Cour a décidé qu’ils ne pourraient pas les perdre en entier, mais qu’il auraient le choix de ne pas étendre l’accès à Medicaid sans perdre l’entier des fonds de ce programme.

Le texte était la cible préférée des conservateurs et du Tea Party. De nouveaux votes pourraient avoir lieu au Congrès, les Républicains (majoritaire à la Chambre des représentants mais pas au Sénat) ayant averti qu’ils tenteront à nouveau d’invalider la loi, dès début juillet.

Cette victoire aura sans doute un impact sur les élections à venir, mais il sera difficile de l’évaluer dans l’imédiat. Le « Repeal » (l’abrogation) de l’Obamacare est une revendication extrêmement importante du Tea Party et des Républicains en général. Si le mouvement ultra conservateur né en 2009 a quelque peu faibli, la détestation de l’Affordable Care Act semble demeurer selon les derniers sondages. La décision des juges pourrait donc alimenter le discours des conservateurs qui veulent démettre Barack Obama en promettant de déchirer la réforme.

Le candidat Mitt Romney a fait sienne cette proposition, avant d’adopter un slogan un peu moins clair: « Repeal and replace Obamacare« . Il sera peut-être difficile pour Mitt Romney d’expliquer par quoi remplacer l’Obamacare, sachant qu’il en a été un précurseur, comme Gouverneur du Massachusetts dont la loi est considérée comme ayant servi de modèle à la réforme Obama.

A lire également (Actualité)

Quelques résumés publiés avant la décision du 28 juin

  • Historique de la réforme des soins, par The New Republic
  • Un résumé des enjeux de la décision du jour, par le Scotusblog
  • Comment le brocoli est devenu un élément central du débat législatif sur la santé, dans The New York Times

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Barack Obama libère 800 000 illégaux de la menace d’un renvoi

Las Vegas, Nevada, avril 2012 © loé

Environ huit cent mille jeunes illégaux venus enfants aux USA recevront des permis de travail, et verront ainsi s’éloigner la menace d’une déportation vers leur pays d’origine. Une décision reprenant l’esprit du DREAM Act, un projet de loi qui vise à permettre aux immigrants arrivés aux Etats-Unis alors qu’ils étaient mineurs d’obtenir un statut légal. Devant l’impossibilité de voir le DREAM Act  adopté par le Congrès, Barack Obama a annoncé le 15 juin un « Executive Order », soit un décret présidentiel consistant dans des mesures semblables. Le discours qui s’est tenu dans le Rose Garden de la Maison Blanche a immédiatement sucité une avalanche de réactions. Lire la suite

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Barack Obama sur le grill de Youtube

Cette conversation est considérée comme la première « interview virtuelle », tenue grâce à Youtube et Google +. On y voit Barack Obama répondre à des questions posées par des internautes, en direct, pendant une heure. Le président reconnait notamment pour la première fois, et justifie sommairement, des raids menés par des drones américains au Pakistan. Il propose aussi d’examiner sérieusement la situation personnelle d’un ingénieur dont la femme explique qu’il est sans travail depuis trois ans…

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Une guerre en moins

12 au 18 décembre 2011 – Neuf ans après l’opération Iraqi Freedom, l’armée des Etats-Unis a mis fin à la guerre en Irak. Envisagé pendant la campagne électorale de 2008 « dans un délai de 16 mois après l’élection », le départ des troupes aura pris un peu plus de temps que prévu dans les promesses de Barack Obama. Mais le 15 décembre, Léon Panetta a mis une fin officielle au conflit lors d’un discours tenu dans une cour fortifiée, protégé par un ballet d’hélicoptères. Ce qui « en dit long sur les défis qui attendent encore le pays », peut-on lire dans un reportage du New York Times. Le dimanche 18 décembre, les derniers soldats ont passé la frontière koweïtienne. Lire la suite

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